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Économie : quelles perspectives pour 2023 ?

Quelles perspectives économiques pour 2023 ?

Quelles perspectives économiques pour 2023 ?, © picture alliance / empics | Joe Giddens

06.01.2023 - Article

Crise énergétique, inflation, contexte d’incertitude : de nombreux experts prévoient pour cette année une récession en Allemagne. Selon les dernières estimations, elle pourrait toutefois rester de faible ampleur.

L’Allemagne va-t-elle finalement échapper à la récession en 2023 ? C’est la question que posait fin décembre un article de l’édition en ligne du magazine économique « Wirtschaftswoche ». Dans un contexte très incertain, marqué par la guerre en Ukraine, la crise énergétique et la forte inflation, les économistes s’attendent, en effet, à ce que le pays traverse une récession cet hiver. Mais les dernières analyses, de même que les chiffres publiés en ce début d’année dessinent des perspectives plutôt rassurantes.

Vers une récession plutôt limitée

Après avoir enregistré au troisième trimestre 2022 une croissance inattendue de 0,4 %, l’économie allemande pourrait finalement ne traverser qu’une faible récession : tel est l’avis d’un nombre croissant d’économistes.

Malgré l’ampleur des difficultés, « j’ai bon espoir que nous puissions éviter en Allemagne une forte récession, et que nous nous en sortions avec un ralentissement modéré », confie le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, au magazine « Zeitschrift für das gesamte Kreditwesen ». La banque centrale allemande table sur une récession suivie d’une reprise progressive dans la seconde moitié de l’année. Sur l’ensemble de 2023, le produit intérieur brut (PIB) allemand ne reculerait que de 0,5 %, selon son estimation.

Ce relatif optimisme est partagé par Ulrike Malmendier, membre du Conseil pour l’appréciation de l'évolution économique générale (« Conseil des Sages »). L’économiste s’attend à deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. « Mais je suis aujourd’hui suffisamment optimiste pour dire : nous n’allons pas assister à une énorme récession, et encore moins à une désindustrialisation », affirme-t-elle dans une interview au quotidien « Handelsblatt ».

À Kiel, l’Institut d’économie mondiale (IfW) s’attend même désormais à une faible croissance (+ 0,3 %) en 2023. À l’automne, il prévoyait une récession de 0,7 %.

L’une des raisons de ce regain d’optimisme vient des dernières mesures gouvernementales. L’État fédéral a mis en place des mesures d’aide et des freins à la hausse des tarifs de l’électricité et du gaz. Ces dispositifs devraient limiter l’érosion du pouvoir d’achat des ménages et les effets de la forte inflation sur les entreprises.

Inflation durable

Car la hausse des prix ne devrait pas s’essouffler tout de suite. Elle s’est infléchie en fin d’année. Selon les chiffres de l’Office fédéral des statistiques (destatis), elle est repassée sous la barre des 10 %. Elle s’élevait au mois de décembre à 8,6 % sur un an. Calculée sur l’ensemble de l’année 2022, elle a atteint en moyenne 7,9 % par rapport à 2021.

Les prix de l’énergie et des denrées alimentaires sont ceux qui grimpent le plus rapidement. Au mois de décembre, ils étaient respectivement en hausse de 24,4 % et de 20,7 % sur un an, selon destatis. À titre de comparaison, le prix des services n’avait augmenté « que » de 3,9 % et les loyers de 1,9 %.

Selon la Bundesbank, la courbe de l’inflation devrait continuer à s’infléchir. Le taux d’inflation pourrait se tasser à 7,2 % cette année. Mais il faudra attendre pour le voir refluer plus nettement, à 4,1 % en 2024 et à 2,8 % en 2025.

Un marché de l’emploi dynamique

Le marché du travail toujours en forme, malgré un contexte incertain
Le marché du travail toujours en forme, malgré un contexte incertain© picture alliance / imageBROKER | Martin Moxter

Malgré les difficultés économiques, l’emploi reste dynamique. L’Allemagne a enregistré une baisse du chômage de 195 000 personnes en 2022. Elle comptait l’an dernier 2,418 millions de demandeurs d’emploi, selon l’Agence fédérale pour l’emploi (BA). Le taux de chômage (5,3 %) est en baisse de 0,4 point par rapport à 2021.  

Le sous-emploi est également en baisse (- 181 000 personnes par rapport à 2021). Il concernait 3,186 millions de personnes en 2022. Quant à l’activité partielle, elle est en net reflux : 430 000 personnes en ont bénéficié l’année dernière, contre 1,85 million en 2021.

À l’inverse, le nombre de personnes exerçant une activité rémunérée a atteint l’an passé un nouveau record (45,6 millions). Le chiffre est en hausse de 589 000 personnes (+ 1,3 %) par rapport à 2021. Il dépasse de 292 000 personnes le précédent record datant de 2019.

« Les conséquences de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine (hausse des prix, incertitudes mais aussi afflux de réfugiés) ont bel et bien laissé des traces sur le marché du travail allemand l’année dernière », constate ainsi la directrice de la BA, Andrea Nahles. « Mais elles restent modérées étant donné l’ampleur de la contrainte ».

Les chiffres du mois de décembre confirment la tendance. Le nombre de chômeurs a accusé une baisse mensuelle de 13 000 en données corrigées des variations saisonnières. Il s’établit à 2,454 millions (5,4 % des actifs). Le chiffre est en hausse de 124 000 par rapport à décembre 2021, et la demande de main-d’œuvre s’est nettement infléchie, fait habituel en cette saison. Mais cette demande reste à un niveau élevé, ajoute la BA. Au mois de décembre, l’institution recensait 781 000 emplois vacants.
A.L.

En savoir plus :

Bundesbank (en allemand/ anglais)

IfW Kiel (en allemand/ anglais)

Inflation : Office fédéral des statistiques (destatis) (en allemand/ anglais)

Marché de l'emploi : Agence fédéral pour l'emploi (BA) (en allemand/ anglais)

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