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Fashion victims

La Fashion Week bat son plein depuis hier à Berlin. Photo : Pearl Fashion aperitif à l’espace berlinois THE REED

La Fashion Week bat son plein depuis hier à Berlin. Photo : Pearl Fashion aperitif à l’espace berlinois THE REED, © dpa

14.01.2020 - Article

Alors que la Fashion Week se tient à Berlin, la ministre allemande de l’Environnement, Svenja Schulze, critique les évolutions néfastes pour l’environnement dans le secteur de la mode.

Des traînées de rubans, des nuages de volants, des imprimés en arc-en-ciel et des capes géantes : la Fashion Week berlinoise a débuté lundi 13 janvier dans un festival de couleurs et d’originalité. Le grand rendez-vous de la mode a joué la carte du dépaysement en invitant quatre designers sud-africains à ouvrir le bal des défilés. Clive Rundle, Floyd Avenue, Rich Mnisi et Viviers ont présenté des collections étonnantes, exaltantes ou ébouriffantes, reflets d’un goût prononcé pour l’expérimentation. Les couturiers africains avaient à cœur de montrer sur les podiums européens la créativité de leur continent, débordant de jeunesse mais encore trop souvent mis à l’écart. À côté de cette face lumineuse, cependant, la Fashion Week berlinoise a aussi été l’occasion de rappeler au monde de la mode l’urgence des enjeux écologiques.

C’est la ministre allemande de l’Environnement, Svenja Schulze, qui est montée au créneau. « Il est temps de mettre la puissance créatrice de la mode davantage au service de la protection de notre planète », a-t-elle déclaré à la veille de l’ouverture des défilés.

Pour une mode durable

Un(e) Allemand(e) achète en moyenne une soixantaine de vêtements par an dont 40% seront peu ou pas portés
hemden an kleiderstange | Verwendung weltweit© chromorange

C’est un fait : les mentalités évoluent. Le secteur de l’habillement, qui est l’un des plus polluants, commence à faire son aggiornamento. Mais ce n’est pas le cas partout, observe la ministre. Svenja Schulze critique des évolutions allant dans le sens opposé : « toujours plus, toujours moins cher, toujours plus vite ».

Ainsi, observe-t-elle, certaines chaînes de magasins produisent jusqu’à vingt collections par an en copiant rapidement à bas prix les dernières tendances. Et les consommateurs suivent : un(e) Allemand(e) achète en moyenne une soixantaine de vêtements par an dont 40% seront peu ou pas portés.

Or, malheureusement, rappelle Mme Schulze, leur coût pour l’environnement et en termes de ressources « ne figure pas sur l’étiquette ». La ministre veut donc agir. D’une part, elle veut aider les professionnels de la mode et les commerçants à prendre conscience des enjeux environnementaux et à changer leurs pratiques via des incitations. Ou pire, par la loi « si nécessaire ». De l’autre, elle entend sensibiliser les consommateurs. Il est possible d’acheter moins. Et surtout de miser les achats responsables en choisissant des vêtements de qualité et durables.

A.L.

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