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Un martyr dans les ténèbres des camps

Auschwitz, ce lundi 27 janvier 2020, 75 ans après la libération du camp d’extermination nazi par l’Armée rouge

Auschwitz, ce lundi 27 janvier 2020, 75 ans après la libération du camp d’extermination nazi par l’Armée rouge, © ANP

27.01.2020 - Article

Le film autrichien « Hoffnungsvolle Finsternis  » (2019) raconte le martyre infligé par les nazis au prêtre Otto Neururer (1882-1940) dans le camp de Buchenwald. Il a été projeté samedi à Passau (Bavière) pour la première fois en Allemagne.

C’est une façon de dire « plus jamais ça ». À l’heure où l’on commémore la libération du camp d’extermination d’Auschwitz, la ville bavaroise de Passau a accueilli ce week-end la première allemande de « Hoffnungsvolle Finsternis » (litt. : Des ténèbres pleines d’espoir). Ce film autrichien (2019) raconte le martyre d’un prêtre tyrolien dans le camp nazi de Buchenwald.

Otto Neururer (1882-1940) a été le premier prêtre autrichien envoyé dans un camp de concentration nazi. Son crime ? Il avait déconseillé à une jeune paroissienne d’épouser un militant nazi divorcé, qui avait en outre renié l’Église. La réaction fut immédiate. Le 15 décembre 1938, la Gestapo venait l’arrêter.

Otto Neururer a été envoyé au camp de concentration de Buchenwald, en Allemagne. Là-bas, il s’est mis à enseigner la foi catholique sous le manteau. Les bourreaux nazis le lui ont fait payer avec la plus atroce brutalité. Il a été pendu, nu, par les pieds, jusqu’à ce que mort s’ensuive. Son supplice a duré 36 heures. Otto Neururer a été béatifié en 1996 par le pape Jean-Paul II.

Une mise en garde pour aujourd’hui

Le film d’Hermann Weiskopf, primé l’an dernier dans plusieurs festivals (Bruxelles, Southampton, etc.), illustre jusqu’où la haine de l’autre peut conduire. Il contribue au devoir de mémoire des crimes nazis et se veut une mise en garde à une époque qui voit certains tentés par le rejet de l’autre, le racisme ou l’antisémitisme.

Le célèbre acteur allemand Ottfried Fischer, co-producteur et interprète du film malgré sa maladie de Parkinson, le souligne : la culture a pour rôle d’aider les gens à prendre conscience des choses. « Réfléchis jusqu’où cela [la haine] mène », a-t-il mis en garde à Passau sous les applaudissements.

Le film va toutefois au-delà du récit biographique. Il comprend une partie documentaire réalisée à l’aide de documents d’époque (y compris des photos du camp) qui alterne avec des scènes de la vie d’Otto Neururer rejouées 80 ans plus tard. De plus, il porte un message d’espoir qui va au-delà du devoir de mémoire. Il met en scène trois personnages contemporains qui trouvent en Otto Neururer un modèle sur leur chemin de vie et de foi.

A.L

Site web du film (en anglais et allemand)

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