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75 ans après, les survivants commémorent la libération du camp d’Auschwitz

200 survivants entourés des représentants d’une cinquantaine de pays ont commémoré aujourd’hui à Oświęcim, dans l’actuelle Pologne, le 75e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz

200 survivants entourés des représentants d’une cinquantaine de pays ont commémoré aujourd’hui à Oświęcim, dans l’actuelle Pologne, le 75e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz. 1,1 million de détenus, principalement des juifs, y ont été assassinés par les nazis entre 1940 et 1945, © ANP

27.01.2020 - Article

Plus de 200 survivants et des représentants d’une cinquantaine de pays ont commémoré aujourd’hui à Oświęcim, dans l’actuelle Pologne, le 75e anniversaire de la libération du camp d’extermination nazi. Des cérémonies ont également eu lieu à Berlin.

Ils n’étaient pas préparés à ce qu’ils allaient voir. Le 27 janvier 1945, les soldats de l’Armée rouge étaient les premiers à entrer dans le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz. Devant leurs yeux, une vision de l’enfer : 7.000 détenus affamés et transis de froid, le regard figé, le corps décharné. Mais vivants. 1,1 million de victimes, principalement juives, ont été assassinées entre ces barbelés entre 1940 et 1945, sur six millions de juifs exterminés par les nazis. Des milliers d’autres ont été emmenées en janvier 1945 dans des « marches de la mort » vers l’ouest, traînées par les bourreaux dans leur fuite. Et même parmi les survivants, combien allaient mourir des suites immédiates de leur détention ? C’était il y a 75 ans. Ce lundi, sur le site de l’ancien camp nazi, en Pologne, et à Berlin, le monde s’est souvenu.

Passer le flambeau de la mémoire

À Oświęcim (Pologne), au mémorial du camp d’Auschwitz, une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement étaient présents aux côtés du président polonais, Andrej Duda, et du président du Congrès juif mondial, Ronald S. Lauder.

Mais bien sûr, c’est surtout aux survivants que la parole a été donnée. De moins en moins nombreux, ils sont la mémoire du camp, de ses atrocités. Plus de 200 d’entre eux avaient fait le déplacement des quatre coins du monde pour rendre hommage aux morts et transmettre le flambeau de la mémoire.

Comme une victoire sur les assassins : 75 ans après, les survivants et leur descendance ont passé le portail du camp de concentration d’Auschwitz où figure l’inscription cynique « Arbeit macht frei » (Le travail rend libre)
Comme une victoire sur les assassins : 75 ans après, les survivants et leur descendance ont passé le portail du camp de concentration d’Auschwitz où figure l’inscription cynique « Arbeit macht frei » (Le travail rend libre)© Sputnik

Beaucoup étaient venus avec leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. Tous ensemble, ils ont passé symboliquement le portail d’entrée surmonté de la cynique inscription « Arbeit macht frei  » (« Le travail rend libre »). Comme une revanche, 75 ans après. Mais surtout comme un rappel à l’heure où resurgit l’antisémitisme : il faut transmettre la mémoire de génération en génération pour que cette barbarie ne renaisse pas. Ils ont ensuite déposé une gerbe devant le « mur de la mort » où des milliers de détenus du camp ont été abattus.

« Plus jamais ça ». C’est aussi le message des autorités allemandes. « Ce lieu nous oblige à garder la mémoire vivante », a déclaré la chancelière Angela Merkel, au mois décembre, lorsqu’elle a visité pour la première fois l’ancien camp d’Auschwitz. « Nous devons nous souvenir des crimes qui ont été commis ici, et les nommer clairement ».

« Je veux vous assurer que nous connaissons notre responsabilité », a déclaré de son côté le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, au mémorial de Yad Vashem la semaine dernière. « C’est une responsabilité sur laquelle on ne peut tirer de trait final ».

Un monde qui voit renaître l’antisémitisme et la haine

Le président allemand assistait ce lundi aux commémorations au mémorial d’Auschwitz. « Auschwitz est un lieu qui nous fait ressentir, à nous Allemands, le poids de l’histoire », a-t-il dit.

Comme à Jérusalem, il s’était entretenu dans la matinée avec des rescapés du camp. Il a une nouvelle fois exhorté à s’opposer fermement aux formes contemporaines de l’antisémitisme. « C’est une autre époque, ce sont d’autres mots, ce sont d’autres actes. Mais l’on a parfois l’impression, quand on observe cette époque, que le mal est encore là », a-t-il souligné.

M. Steinmeier participera mercredi prochain à l’hommage que le Bundestag rendra aux victimes de l’Holocauste. Il y prononcera un discours, tout comme le président israélien, Reuven Rivlin.

En attendant, plusieurs cérémonies de commémoration et plusieurs concerts se sont tenus depuis hier à Berlin. 75 bougies rouges ont été allumées Mémorial de l’Holocauste, au centre de la ville.

A.L.

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