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Des roses, des costumes, des messages

« Carnaval Circus » contre « Corona Virus ». Un char de carnaval à Düsseldorf (Rhénanie-du-Nord-Westphalie)

« Carnaval Circus  » contre « Corona Virus ». Un char de carnaval à Düsseldorf (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), © dpa

24.02.2020 - Article

De Cologne à Mayence, les fous déguisés de toute la Rhénanie célébraient aujourd’hui le lundi des roses. La politique n’est, toutefois, jamais très loin lors de cet apogée du carnaval. 

Cologne, Düsseldorf, Mayence : les villes de Rhénanie savent réchauffer le cœur lorsque le thermomètre chute et vous en fait voir de toutes les couleurs quand le ciel est gris ! Février est le mois du carnaval, un événement que l’on ne manquerait pour rien au monde dans cette partie de l’Allemagne. Depuis jeudi dernier, à 11h11 précises, les « fous » y ont pris le pouvoir. 

Ils sont entrés en scène grimés de bonne humeur. Ils rayonnent dans leurs costumes bariolés et leurs drôles de perruques. Les fous du carnaval allemand ne sont jamais avares d’imagination. Ils se parent. Ils se pomponnent. Au cri de « Alaaf » ou « Helau », leurs traditionnelles paroles de rassemblement, les foules se réveillent et emplissent les rues.

 Fi de la morosité ! Le lundi des roses, apogée du carnaval, rassemble des milliers de joyeux drilles. Et à deux jours du début du Carême, tout est permis ou presque ! Que serait le lundi des roses sans la dérision ? Se moquer des puissants est fortement  recommandé, et pas seulement pour la santé…

 Sans surprise, les coqueluches de la foule sont les personnages politiques en vue. Le président américain, Donald Trump, grimé cette année en « Joker », est un habitué. Les dirigeants des partis politiques allemands en prennent chaque année pour leur grade, qu’ils soient ou non ministre de la Défense. Sur un char, à Düsseldorf, par exemple, on pouvait voir cette année les candidats déclarés au poste de président de la CDU se livrer à une course de sacs de pommes de terre. Ou les nouveaux présidents du SPD « remettre de la couleur » dans leur parti en agitant des drapeaux noirs et blancs…

« Racisme » (sur le pistolet) : « Les mots deviennent des actes ». Défilé du Lundi des roses, aujourd’hui, à Düsseldorf (Rhénanie-du-Nord-Westphalie)
« Racisme » (sur le pistolet) : « Les mots deviennent des actes ». Défilé du Lundi des roses, aujourd’hui, à Düsseldorf (Rhénanie-du-Nord-Westphalie)© dpa

Mais la fête avait cette année un arrière-goût amer. Car au moment où débutait le carnaval, le 20 février dernier, on apprenait que neuf personnes avaient été tuées à Hanau. Alors, à beaucoup d’endroits, les chars se sont tus pour observer une minute de silence. Et l’on s’est dépêché de rajouter des chars et des messages. Contre l’extrémisme, tel ce pistolet sortant d’une bouche où il est écrit « Racisme : les mots deviennent des actes ». Mais aussi pour la démocratie et la tolérance, comme cette cathédrale de Cologne en pleurs, barrée de l’inscription « Notre cœur bat pour Hanau ». 

A.L.

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