Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Coronavirus : comment l’Allemagne se protège-t-elle ?

Recherche d’un vaccin contre le nouveau coronavirus à l’Institut de virologie de l’Hôpital de la Charité à Berlin

Recherche d’un vaccin contre le nouveau coronavirus à l’Institut de virologie de l’Hôpital de la Charité à Berlin, © dpa

26.02.2020 - Article

La propagation du nouveau coronavirus dans plusieurs pays européens fait craindre l’apparition de nouveaux cas en Allemagne. Les autorités s’y préparent en tentant d’allier efficacité et mesure.

Jusqu’à présent peu touchée par le COVID-19, l’Allemagne a recensé trois nouveaux cas en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest du pays) et dans le Bade-Wurtemberg (sud-ouest) au cours des dernières 24 heures. Cela porte à dix-neuf le nombre de personnes infectées (dont la plupart sont déjà guéries) dans le pays. L’Institut Robert Koch, qui surveille en permanence l’évolution de la situation, juge le danger sanitaire « faible à moyen ». Mais il s’attend à de nouvelles contaminations après que le virus s’est propagé dans le nord de l’Italie et qu’il vient d’être diagnostiqué dans plusieurs nouveaux pays européens.

À Berlin, le gouvernement partage aussi cette crainte. C’est une « situation nouvelle », a déclaré aujourd’hui le porte-parole du gouvernement fédéral, Steffen Seibert. « Le virus s’est nettement rapproché ». Un groupe d’experts composé de plusieurs ministres devait à nouveau se réunir aujourd’hui à la chancellerie, notamment pour examiner les mesures à prendre avec les autorités locales pour endiguer la propagation du virus.

Coordination européenne

L’inquiétude n’est pas propre à l’Allemagne. À Bruxelles, la commissaire européenne en charge de la Santé, Stella Kyriakides, a demandé aux États membres de réviser leurs plans d’urgence et d’informer la Commission européenne des mesures prises.

Ni à Bruxelles, ni à Berlin, toutefois, il n’est question de rétablir des contrôles aux frontières à l’intérieur de l’Espace Schengen. Hier, lors d’une réunion à Rome, les ministres de la Santé de plusieurs pays européens ont, au contraire, décidé de miser sur des échanges d’informations et sur une coopération renforcée face à l’épidémie. Ils ont aussi décidé d’évaluer au cas par cas la possibilité d’annuler certains grands événements.

Le ministère allemand des Affaires étrangères n’a pas non plus publié de mise en garde aux voyageurs qui désirent se rendre en Italie. « Le gouvernement italien a réagi vite et avec détermination pour protéger sa population et celle de l’Europe. Je lui en suis très, très reconnaissant », a souligné le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn.

Une réponse proportionnée

De fait, l’objectif des autorités allemandes est d’apporter une réponse « adaptée et proportionnée » à l’épidémie. La législation allemande offre un éventail de possibilités progressif, de la fermeture des crèches et des écoles au confinement des ville (une hypothèse exclue à l’heure actuelle).

L’Allemagne est bien préparée, assure M. Spahn. Jusqu’à présent, les patients infectés (principalement des employés d’une entreprise bavaroise et des Allemands revenant de Wuhan, le foyer de l’épidémie en Chine) ont pu être systématiquement mis à l’isolement et guéris. L’Allemagne dispose pour cela d’un réseau efficace de centres de compétences et de cliniques spécialisées performants.

Elle possède également un système d’alerte efficace. Depuis l’apparition du virus, l’Institut Robert Koch a installé une cellule de suivi de l’épidémie. Il travaille en coopération avec les autorités allemandes et étrangères. De leur côté, les aéroports sont préparés. Les personnes arrivant des régions touchées par le virus sont systématiquement placées en quarantaine.

« Gagner du temps »

« Cette stratégie a pour objectif de gagner du temps », explique l’Institut Robert Koch dans son bulletin journalier. En effet, c’est d’abord du temps qu’il faut pour « caractériser le virus, identifier les groupes à risque, prendre des mesures adaptées, accroître les capacités dans les centres de traitement, développer des médicaments antiviraux et des vaccins ». Du temps aussi pour éviter la concomitance du nouveau coronavirus avec l’épidémie de grippe saisonnière.

Toutefois, ajoute l’Institut, « si de nouveaux cas apparaissent […] et que la propagation du virus ne peut être évitée sur la durée, la stratégie sera adaptée par étapes. Elle se concentrera davantage sur la protection des personnes et des groupes à risque ».

A.L.

Plus d’informations :

Ministère allemand de la Santé (en allemand)
Ministère allemand des Affaires étrangères : mises en garde aux voyageurs à destination de la Chine (en allemand)
Office de presse et d'information du gouvernement allemand (en allemand)
Institut Robert Koch : la situation en Allemagne au 26 février 2020 (en allemand)

Centre fédéral pour l'information sanitaire (BZgA) : réponses aux questions les plus fréquentes (en allemand)
Institut fédéral pour l'évaluation des risques : informations détaillées sur les modes de transmission du virus (en allemand)
Organisation mondiale de la Santé (OMS) (en français)

Retour en haut de page