Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Coronavirus : le point sur la situation en Allemagne

Où en est l’épidémie de Covid-19 en Allemagne ?

Où en est l’épidémie de Covid-19 en Allemagne ?, © Pressebildagentur ULMER

02.03.2020 - Article

Le Covid-19 continue de se propager en Allemagne. Les mesures se renforcent pour l’endiguer. Le point sur la situation.

Quelle est l’étendue de l’épidémie ?

L’Institut Robert-Koch (IRK), chargé de la veille sanitaire de l’épidémie de SARS-CoV-2, a recensé ce lundi matin 157 cas d’infection en Allemagne. C’est 28 de plus que dimanche.

Le virus est présent dans dix länder allemands sur 16. Il se propage principalement dans l’ouest, le sud et le nord du pays. La Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest) est le land le plus touché avec 90 cas, devant le Bade-Wurtemberg (sud-ouest), la Bavière (sud) et la Hesse (centre). Berlin, au nord-est du pays, a recensé hier son premier cas d’infection confirmé.

Se laver les mains au savon pendant 20 à 30 sec toutes les heures est la meilleure protection contre l’infection au nouveau coronavirus
Se laver les mains au savon pendant 20 à 30 sec toutes les heures est la meilleure protection contre l’infection au nouveau coronavirus© dpa Themendienst

Selon l’Institut Robert Koch, le niveau de dangerosité de l’épidémie est actuellement « modéré » en Allemagne. Mais il faut s’attendre à voir apparaître de nouveaux cas. « Au niveau mondial, la situation évolue de manière très dynamique et elle est à prendre très au sérieux », indique l’IRK.

Au niveau européen, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a relevé ce lundi le niveau de risque de « modéré » à « élevé ». Quelque 2.100 cas d’infection sont recensés dans 18 pays de l’UE, a fait savoir aujourd’hui la Commission européenne.

Quelles mesures les autorités ont-elles prises ?

Le gouvernement allemand a mis en place une cellule de crise pour protéger la population et tenter d’enrayer la propagation du virus.

L’information du grand public a été renforcée (conduite à tenir pour enrayer la propagation de l’épidémie, suspicion d’infection, mise en place d’un numéro vert, mise en garde aux voyageurs du ministère allemand des Affaires étrangères, etc.).

Les mesures ont été intensifiées à l’entrée sur le sol allemand dans les ports et les aéroports. Les passagers de compagnies maritimes, aériennes et ferroviaires doivent prévenir les autorités en cas de contamination. Si un passager contaminé est identifié dans un train, la police renforcera ses contrôles dans un périmètre de 30 km.

Des principes ont été adoptés pour évaluer les risques lors de l’organisation de grandes manifestations. Le ministre de la Santé, Jens Spahn, plaide toutefois pour des mesures « proportionnées » à la menace. Les annulations d’événements ou fermetures d’entreprises doivent être décidées au cas par cas.

Quelles mesures dans les entreprises ?

Le salon international du tourisme de Berlin (ITB), qui devait se tenir du 4 au 8 mars, a été annulé. À l’échelle de l’Union européenne, le secteur du tourisme enregistre un manque à gagner d’un milliard d’euros par mois depuis le début de l’épidémie, selon le commissaire européen en charge de l’Économie, Thierry Breton.

La compagnie aérienne Lufthansa a interrompu ses vols et ceux de ses filiales à destination de la Chine continentale jusqu’au 24 avril et de Téhéran (Iran) jusqu’au 30 avril. Elle réduit la fréquence de ses liaisons avec Hong-Kong et Séoul (Corée du Sud) du début du mois de mars au 24 avril. En raison de la baisse de la demande, le programme des vols vers l’Italie est réduit. Certains vols intérieurs allemands seront également annulés.

Quel impact sur l’économie ?

« C’est surtout l’incertitude qui pèse aujourd’hui sur l’économie allemande, ainsi que le flou qui règne quant à l’étendue des conséquences du virus sur la croissance de pays comme la Chine », a déclaré ce matin le ministre allemand de l’Économie et de l’Énergie, Peter Altmaier.

Le ministre juge l’économie allemande « résistante ». Par ailleurs, le gouvernement dispose « d’instruments financiers pour aider les entreprises » et éviter que « le virus n’infecte la croissance ». Mais Berlin n’envisage pas de plan de relance.

Le ministère allemand du Travail et des Affaires sociales a mis en place un droit au chômage technique pour les salariés dont l’entreprise subirait des ruptures de livraison ou serait soumise à une fermeture administrative.

Au niveau de la zone euro, le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), Luis de Guindos, a fait savoir lundi que l’institution était prête à « adapter ses instruments » de politique monétaire « si nécessaire ».

Quelle coopération internationale ?

Le gouvernement allemand appelle avec la France et l’Italie à la coopération entre pays européens. « Nous sommes au début d’une épidémie en Allemagne et en Europe. Cela demande d’agir en commun », a déclaré M. Spahn.

Ce lundi, l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne vont envoyer à l’Iran, l’un des pays les plus touchés par l’épidémie, un avion contenant des équipements permettant de réaliser des tests de dépistage, des combinaisons de protection et des gants. Les trois pays ont également promis un soutien financier.

A.L.

Retour en haut de page