Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Coronavirus : 349 cas confirmés en Allemagne

Le nouveau coronavirus se propage en Allemagne

Le nouveau coronavirus se propage en Allemagne, © picture alliance / Sven Simon

05.03.2020 - Article

Le nombre de personnes infectées continue d’augmenter. Les services de santé et les pouvoirs publics sont mobilisés. Plusieurs salons ont été annulés ou reportés. Le point sur la situation.

État des lieux

L’Allemagne comptait ce jeudi matin 349 cas d’infection confirmés au nouveau coronavirus, selon l’Institut Robert Koch (RKI), chargé de la veille de l’épidémie. C’est une centaine de plus qu’hier.

Le virus est présent dans tous les länder allemands à l’exception de la Saxe-Anhalt (nord-est du pays). La région la plus touchée est la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, à l’ouest du pays. On y recense ce jeudi 175 cas confirmés, pour la plupart dans la circonscription de Heinsberg, à 35 km au nord d’Aix-la-Chapelle. Le sud du pays présente également des foyers de contamination avec 65 cas recensés dans le Bade-Wurtemberg et 52 en Bavière.

Le pic de l’épidémie est à venir, a déclaré hier le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, devant le Bundestag. De son côté, le RKI s’attend à ce que le nouveau coronavirus cause aussi des décès en Allemagne. Par comparaison, le virus de la grippe saisonnière a déjà infecté près de 120.000 personnes cette année et causé la mort de 200 personnes, a toutefois rappelé son directeur, Lothar Wieler.

Le profil des victimes

Selon M. Wieler, les personnes touchées en Allemagne par le Covid-19 ont entre deux et 91 ans, pour un âge médian de 40 ans. Il y a tendanciellement plus d’hommes que de femmes

La majorité a été contaminée en Allemagne. Une minorité revient de l’étranger, principalement d’Italie ou d’Iran.

Les soignants et les autorités mobilisés

Le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, hier au Bundestag
Le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, hier au Bundestag© dpa

Le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, a fait le point sur la mobilisation hier dans une déclaration gouvernementale au Bundestag. Il a remercié les soignants et les autorités locales, pleinement engagés et soumis à une « forte pression ».

Il a également rappelé que les « règles simples de comportement » que chacun peut adopter (se laver les mains, éternuer dans son coude, ne pas se rendre aux urgences, ni chez son médecin mais appeler le 15 en cas de symptômes) « font la différence » pour endiguer la propagation du virus.

Il a appelé la population à garder la tête froide et à agir de manière sensée même si « la peur et la panique constituent une réaction profondément humaine ».

En début de semaine, il avait rappelé qu’il était inutile de se rendre dans les supermarchés pour constituer des stocks.

Hier, l’Allemagne a interdit par décret l’exportation d’équipements de protection (masques, gants, combinaisons), sauf dans le cadre de l’aide humanitaire. Ils sont d’une grande importance pour le personnel médical, a souligné M. Spahn. «  Personne d’autre n’en a besoin ».

Selon un sondage de la radio MDR, les deux tiers des Allemands sont peu inquiets du risque de contamination. Mais 71% se lavent les mains plus souvent, et 43% évitent les événements de masse.

Quelles conséquences économiques ?

« Dans tous les cas, le principe est le suivant », a déclaré M. Spahn : « la sécurité de la population est prioritaire, y compris si nécessaire par rapport aux intérêts économiques ».

L’épidémie de Covid-19 affecte d’ores et déjà la tenue de plusieurs manifestations. Événement littéraire du printemps, la Foire du livre de Leipzig, prévue du 12 au 15 mars, a été annulée. Rendez-vous mondial du secteur industriel, la Foire de Hanovre, qui devait ouvrir ses portes le 20 avril, a été reportée au 13 juillet. Le grand salon de l’éducation didacta, prévu du 24 au 28 mars, est également repoussé.

Plusieurs secteurs économiques sont également touchés. La compagnie aérienne Lufthansa a cloué au sol 150 de ses avions faute de demande, principalement des courts et moyens courriers. Le secteur de métallurgie et de l’électronique demande de nouvelles mesures facilitant le chômage partiel. De nombreux salariés pratiquent, par ailleurs, le télétravail.

Selon un sondage de la Chambre de commerce et d’industrie de Berlin, 38% des entreprises déclaraient ressentir l’impact de l’épidémie à la mi-février. « Plus la situation se prolonge, moins nous pourrons nous soustraire aux conséquences », a déclaré ce jeudi le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier. C’est le revers de la médaille de la mondialisation, a-t-il ajouté : « l’épidémie aura des conséquences sur l’économie ». Berlin envisage des mesures, par exemple, fiscales pour soutenir les entreprises.

Selon un sondage Ipsos, 19 % des Allemands craignent de subir des pertes financières à cause de l’épidémie. Un chiffre en hausse de 8 points en deux semaines, mais moins élevé qu’en Italie, aux États-Unis ou en France.

A.L.

Plus d’informations :

Ministère allemand de la Santé (en allemand)
Institut Robert Koch (RKI) (en allemand)
Office de presse et d'information du gouvernement allemand (en allemand)

Retour en haut de page