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Du charbon au Covid, qui était Robert Koch ?

Boîte de Petri, utilisée pour la culture des bactéries. A la fin du XIXe siècle, le médecin allemand Robert Koch (1843-1910)

Boîte de Petri, utilisée pour la culture des bactéries. A la fin du XIXe siècle, le médecin allemand Robert Koch (1843-1910) a bâti le succès de ses recherches sur une méthodologie rigoureuse mais aussi sur des innovations techniques dans la culture des microbes., © dpa-Bildarchiv

16.04.2020 - Article

En Allemagne, l’Institut Robert Koch, chargé de la surveillance de l’épidémie de Covid-19, est devenu l’un des visages de la crise. Le point de presse quotidien de son directeur, le professeur Wieler, rythme les jours et les semaines. Mais… qui était Robert Koch ?

La France a Louis Pasteur (1822-1895). L’Allemagne a Robert Koch (1843-1910). Le chimiste français et le médecin allemand ont été deux des principaux artisans d’une  même révolution médicale dans la deuxième moitié du XIXe siècle : la découverte des bactéries à l’origine des maladies. Ils ont, chacun de leur côté, démontré que les maladies infectieuses qui décimaient les populations européennes n’étaient pas dues à la génétique ou au mauvais sort, mais à des « agents pathogènes » observables au microscope. Pasteur et Koch sont ainsi considérés comme les cofondateurs de la microbiologie. Rivaux et de tempéraments opposés, ils n’en ont pas moins suivi des chemins assez différents.

Aux origines des maladies infectieuses

Le savant français, inventeur de la « pasteurisation », est entré dans l’histoire avec la découverte des vaccins, notamment celle du vaccin contre la rage en 1885. De son côté, Robert Koch s’est concentré toute sa vie sur l’identification des germes à l’origine des maladies.

Elève et étudiant doué, curieux et ouvert d’esprit, il avait commencé sa carrière de médecin dans une bourgade de Prusse. Constatant qu’un mal mystérieux décimait les troupeaux aux alentours, il réussit à démontrer expérimentalement que cette « maladie du charbon » était due à un bacille, une bactérie en forme de bâtonnet. Il identifia le germe, et publia sa découverte.

Repéré, il fut appelé en 1880 à rejoindre l’Office impérial de santé à Berlin. Il put y poursuivre ses travaux avec plus de moyens et rompre son isolement. Il développa des méthodes de recherche rigoureuses et novatrices pour rendre les bactéries « visibles » et reconnaissables : la microphotographie pour « photographier » les germes sous microscope, des substrats pour permettre leur culture sur support solide (avec l’invention des boîtes de Petri), des procédés de coloration. Il conserva aussi les qualités qui avaient toujours fait sa force : la précision méthodique et une approche logique visant la preuve.

Le « bacille de Koch  »

Et soudain, sa vie bascula. Le 24 mars 1882, il convoqua l’ensemble des chercheurs de son laboratoire pour faire une annonce solennelle. Beaucoup comprirent d’emblée qu’elle était historique. Robert Koch avait découvert le bacille responsable de la tuberculose. Le fameux « bacille de Koch  »…

De fait, la bactérie fut immédiatement baptisée d’après son découvreur. C’était une avancée majeure dans la compréhension d’un fléau ancien, contagieux et hautement meurtrier. Elle rendit Robert Koch mondialement célèbre du jour au lendemain. Et elle lui a valu l’obtention du Prix Nobel de médecine en 1905.

À son époque, Koch fut aussi considéré comme le découvreur de l’agent pathogène responsable du choléra. Mais, comme le souligne l’Institut Robert Koch sur son site internet, la bactérie « Vibrio cholerae » avait déjà été observée en 1854 par l’Italien Filippo Pacini.

Koch n’en mena pas moins d’importants travaux sur le choléra à la suite d’une épidémie qui  ravagea l’Inde en 1883. Il se rendit plusieurs mois sur place. Il inaugurait ainsi une série de voyages qui devait occuper une grande partie de la seconde moitié de sa vie, en quête d’une meilleure compréhension des maladies tropicales.

 

De retour à Berlin, Robert Koch fut appelé à diriger un nouvel institut de recherche de l’Université de Berlin, l’Institut pour l’hygiène. Il y enseigna et il continua à développer la nouvelle discipline scientifique de la bactériologie.  Des élèves et des chercheurs du monde entier ne tardèrent pas à affluer.

En juillet 1891, Koch fut ainsi appelé à prendre la tête d’un institut tout spécialement créé : l’Institut Royal de Prusse pour les maladies infectieuses. Il dirigea jusqu’en 1904 cet établissement qui porte aujourd’hui son nom.

 

En 1892, il contribua encore à endiguer une grave épidémie de choléra à Hambourg par des mesures d’hygiène. En revanche, sa découverte de la « tuberculine », présentée comme un traitement, voire un vaccin contre la tuberculose se révéla inopérante. Robert Koch mourut le 27 mai 1910 à Baden-Baden des suites d’un infarctus.

A.L.

Plus d’informations :

Institut Robert koch (qui comprend également un musée) (en allemand)

« Pasteur et Koch : un duel de géant dans le monde des microbes » (documentaire d’ARTE, en français)

 

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