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L’actualité sur le front du coronavirus

Bilan de l'épidemie de COVID-19 en Allemagne

Bilan de l'épidemie de COVID-19 en Allemagne, © AL/Allemagne Diplomatie

28.05.2020 - Article

Déconfinement, soutien à l’économie, culture : quoi de neuf en Allemagne dans la crise du Covid-19 ?

L’épidémie en recul

Avec 362 nouveaux cas d’infection et 47 décès sur 24 heures au 27 mai, l’épidémie de
Covid-19 continue à refluer en Allemagne. Le pays compte 179 364 personnes contaminées dont 162 800 guéries, 8 215 actuellement malades et 8 349 décédées. Le taux de reproduction du virus est redescendu à 0,78.

Les mesures de distanciation prolongées jusqu’au 29 juin

L’État fédéral et les länder se sont accordés mardi sur la prolongation jusqu’au 29 juin des mesures d’hygiène et de protection prises pour lutter contre l’épidémie (distanciation d’au moins 1,5 m, limitation du nombre de contacts, etc.). Les länder pourront procéder à des assouplissements à partir du 6 juin, par exemple en autorisant les rassemblements jusqu’à 10 personnes et la rencontre des membres de deux foyers. Mais les recommandations restent inchangées sur le fond, y compris pour les réunions privées. Les Allemands sont priés de limiter le nombre des personnes qu’ils invitent et de veiller à une bonne aération de la pièce si la réunion a lieu à l’intérieur. L’idéal est de se rassembler à l’extérieur, précise le texte.

L’État vole au secours de Lufthansa

Le gouvernement allemand et les dirigeants de la compagnie aérienne Lufthansa se sont accordés lundi sur un plan de sauvetage de neuf milliards d’euros pour l’entreprise. Il comprend un financement de trois milliards d’euros par la Banque fédérale pour la reconstruction (KfW) incluant une participation de 600 millions d’euros des banques privées, une participation tacite à hauteur de 4,7 milliards d’euros du Fonds de stabilisation de l’économie (WSF) (créé pour amortir le choc économique de la crise du coronavirus) et une prise de participation de 20 % du WSF (montant : 300 millions d’euros) avec droits de vote restreints dans le cadre d’une augmentation de capital. La Lufthansa était une entreprise saine et profitable avant la crise du coronavirus, et elle a de bonnes perspectives d’avenir, a justifié le gouvernement allemand. Le sauvetage de la compagnie requiert toutefois le feu vert de la Commission européenne. Or, celle-ci réclame en contrepartie la cession de droits de décollage et d’atterrissage à Francfort et Munich à des compagnies concurrentes. Pour le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier, il est pourtant essentiel que la Lufthansa puisse continuer son activité en Allemagne. Il convient de se battre pour cela.

Entreprises : les aides de l’État très sollicitées

Rapidement adoptées, rapidement versées. Les aides financières promises par l’État allemand aux entreprises via la Banque fédérale pour la reconstruction (KfW) ont été sollicitées par près de 50 000 PME et indépendants et débloquées dans la foulée. Près de 46 000 dossiers de crédits sur 48 000 avaient été approuvés au 20 mai pour un montant total de 24 milliards d’euros. Seuls 26 dossiers avaient été rejetés. Outre les crédits aux PME (8,9 milliards d’euros), l’État a versé aux entreprises et aux indépendants 12,4 milliards d’euros de subventions d’urgence. Les demandes ont émané principalement de l’industrie manufacturière, du secteur de la maintenance/ réparation et de l’hôtellerie-restauration. D’un point de vue géographique, les dossiers viennent surtout du sud et de l’ouest du pays.

Réforme des conditions de travail dans la filière viande

Après la découverte de foyers d’infection au Covid-19 dans des abattoirs, le gouvernement allemand a adopté les grandes lignes d’un programme de protection des salariés. Les autorités sanitaires devront prendre des mesures d’hygiène renforcées. Mais le texte va plus loin. Il interdit les contrats de services et le détachement de personnel dans les abattoirs et dans la filière viande à partir du 1er janvier 2021. Sauf dans les entreprises artisanales, les activités d’abattage et de transformation ne pourront être réalisées que par les salariés de l’entreprise. Les amendes pour infraction à la durée du travail sont doublées et passent à 30 000 euros. Pour finir, le gouvernement examine les moyens d’obliger les entreprises à offrir des conditions d’hébergement dignes à leur personnel, souvent composé de travailleurs temporaires originaires d’Europe de l’Est.

La CDU rejette sans appel l’idée d’abaisser le salaire minimum

La présidente de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), Annegret Kramp-Karrenbauer, a balayé d’un revers de main l’idée avancée par une frange de son parti de geler ou de réduire le SMIC allemand pour aider les entreprises face à la crise. Il n’est, selon elle, pas question de chercher des remèdes à la crise sur le dos des salariés. Les entreprises ont besoin de marges de manœuvre et de liquidités pour investir, a-t-elle expliqué. Le plan de relance en préparation va y répondre. Geler le salaire minimum constituerait un coup de massue pour des millions de salariés modestes qui sont souvent en première ligne face à la crise, a ajouté le secrétaire général de la CDU, Paul Ziemiak.

Des consignes adoptées pour la réouverture des lieux de culture

Les ministres de la Culture aux niveaux régional et fédéral se sont accordés sur les grands axes des mesures à prendre pour permettre la réouverture des musées, cinémas, théâtres et autres lieux de culture en Allemagne. Vente de billets par Internet, gestion des flux de visiteurs, réservation obligatoire, mais aussi représentations en format réduit et/ou en plein air, distribution réduite sur scène, spectacles plus courts représentés plusieurs fois  : plusieurs pistes concrètes sont envisagées. Elles devront toutefois se décliner au cas par cas en fonction des caractéristiques de l’institution ou du spectacle, ainsi que de l’évolution locale de l’épidémie. Pour les cinémas, une réouverture « à des dates aussi proches que possible » les unes des autres est recommandée.

La ville de Berlin débloque 25 millions d’euros pour les élèves défavorisés

Le Sénat (assemblée parlementaire régionale) de la ville de Berlin entend débloquer 25 millions d’euros pour offrir du soutien scolaire, des cours de rattrapage pendant l’été et des ordinateurs portables aux élèves défavorisés. « La crise du coronavirus ne doit pas avoir pour conséquence de faire prendre du retard aux enfants et adolescents déjà défavorisés », a déclaré la sénatrice à l’Éducation, Sandra Scheeres. Le Sénat doit, par ailleurs, débattre ce jeudi de la situation des clubs, cinémas, salles de fitness et cafés de la ville. Ils sont actuellement toujours fermés pour cause d’épidémie.

Des mesures pour les apprentis

Génération confinée, génération sacrifiée ? Pour amortir les conséquences négatives de la crise du coronavirus sur les jeunes en apprentissage, le gouvernement allemand, l’Agence fédérale pour l’emploi et les partenaires sociaux se sont accordés lundi sur de nouvelles mesures. Ils prévoient de verser une prime temporaire aux sociétés reprenant l’apprenti d’une entreprise en faillite. Les patrons sont aussi incités à exploiter le potentiel du partage d’apprentis par plusieurs entreprises. La priorité est de permettre aux jeunes de poursuivre leur formation et de passer leurs examens. Elle est aussi de garantir un volume suffisant d’offres d’apprentissage pour la génération suivante, en 2021.

A.L.

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