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Les Allemands se lèvent contre le racisme

Manifestation contre le racisme à Düsseldorf le 6 mai dernier, après la mort de George Floyd à Minneapolis, aux Etats-Unis

Manifestation contre le racisme à Düsseldorf le 6 mai dernier, après la mort de George Floyd à Minneapolis, aux Etats-Unis, © dpa

12.06.2020 - Article

Des milliers de personnes ont manifesté dans les villes allemandes depuis la mort de George Floyd aux Etats-Unis pour dire « non au racisme ». Un rapport montre que l’Allemagne n’est pas épargnée par les discriminations liées à l’origine ethnique.

Le même jour, la manifestation à Berlin
Le même jour, la manifestation à Berlin© AAPimages / Lueders

L’Alexanderplatz s’est couverte de manifestants, et le métro a été rapidement fermé. 15 000 personnes se sont rassemblées le week-end dernier dans le centre de Berlin pour clamer « non au racisme ». Comme dans d’autres villes du monde, ils protestaient après la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, décédé lors d’un contrôle policier à Minneapolis (Etats-Unis) le 25 mai dernier. Des milliers d’autres personnes en ont fait autant dans toute l’Allemagne, de Munich à Cologne en passant par Düsseldorf et Francfort. L’Allemagne se lève contre le racisme. Le dernier rapport annuel de l’Office de l’Etat fédéral contre les discriminations montre qu’elle n’est pas épargnée par le phénomène.

Les plaintes en hausse

Présenté cette semaine à Berlin, il révèle que les plaintes pour discrimination ont augmenté de 3,6 % en 2019, avec 2 580 dossiers déposés. Mais les plaintes pour des motifs liés à l’origine ethnique augmentent plus vite que la moyenne. 1 176 dossiers ont été ouverts. Le chiffre est en hausse de près de 10%. Les discriminations liées à l’origine ethnique représentent désormais 33 % des plaintes, contre 25 % en 2016.  

Il ne s’agit pas de faits extrêmes ou de violences, souligne le directeur intérimaire de l’institution, Bernhard Franke. Mais du « bruit de fond de l’exclusion ». Il se nourrit du quotidien au travail et dans la vie sociale. C’est l’aide soignante licenciée parce que les patients d’un établissement pour personnes âgées ne veulent pas être soignés par une personne de couleur. C’est l’élève frappé par un camarade de classe sans susciter de réaction de l’institutrice. C’est l’ingénieure syrienne à laquelle ses collègues demandent si elle a été embauchée « pour faire le café ».

Les discriminations ont souvent lieu sur le lieu de travail ou lors d’une recherche d’emploi (36 %), constate le rapport. Ou bien lors des actes de la vie quotidienne (26 %) : recherche d’un logement, courses, contacts avec les banques ou les assurances, repas au restaurant.

Sentiment d’abandon

« L’Allemagne doit faire davantage pour combattre le racisme », en conclut Bernhard Franke. Des programmes existent. Le programme « Vivre la démocratie », par exemple, finance 200 projets et 300 partenariats qui permettent de recréer des liens. Il est doté de plus de 460 millions d’euros jusqu’en 2023, dont 115 millions d’euros cette année. Mais « dans la durée, le sentiment d’être abandonné face à une injustice flagrante met en danger la cohésion sociale », prévient M. Franke. « Les victimes ont l’impression que l’Etat ne prend pas au sérieux la lutte contre les discriminations. Et ceux qui les excluent en concluent que discriminer est un délit banal. »

Selon le rapport de l’Office de l’Etat fédéral contre les discriminations, l’origine ethnique n’est toutefois pas le seul motif d’injustice. Plus de la moitié des plaintes déposées en 2019 concernaient des discriminations liées au sexe (29 %), au handicap (26 %) ou, dans une moindre mesure, à l’âge (12 %), à la religion (7 %), à l’identité sexuelle (4 %) ou à la vision du monde (2 %).

A.L.

Plus d’informations :

Office de l’Etat fédéral contre les discriminations (en allemand)
Office de presse et d’information du gouvernement allemand (en allemand)

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