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Juguler l’infodémie

Les fausses informations sur la pandémie du coronavirus se répandent rapidement

Les fausses informations sur la pandémie du coronavirus se répandent rapidement, © picture alliance / SvenSimon

30.07.2020 - Article

Quel rôle jouent les rumeurs, légendes urbaines et fausses informations dans la crise sanitaire et comment peut-on les reconnaître ?

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) met en garde contre les effets d’une « infodémie ». L’OMS fait ici référence aux fausses informations sur la pandémie de Covid-19 qui se répandent aussi vite que le virus. Pour y voir plus clair, des experts répondent à cinq questions sur le sujet.

Quelle est la gravité de ces fausses informations ?

« Nous constatons une augmentation des formes les plus diverses de désinformation, de légendes urbaines ou tout simplement d’absurdités », explique Lutz Güllner, responsable de la communication stratégique auprès du Service européen pour l’action extérieure, dans un podcast du gouvernement fédéral. Les fausses informations se répandent jusqu’à six fois plus vite que les faits. « Plus l’information est dramatique et plus elle est présentée de manière aguichante, plus elle est devient intéressante ».  

Y a-t-il un modèle ?

Selon Lutz Güllner, « il est en général question de l’incapacité des démocraties à maîtriser la crise ». C’est aussi la conclusion d’une étude de l’Institut Reuters de l’université d’Oxford à laquelle a participé Felix Simon, spécialiste allemand des médias. « Les allégations ambiguës ou fausses sur les actions des organismes publics, des gouvernements et des organisations internationales représentent, avec  39 % des contributions de notre échantillonnage, la catégorie la plus importante. »

D’où proviennent les « fake news » ?

Elles peuvent émaner de déclarations de théoriciens du complot individuels à de la désinformation dirigée par un État. L’effet produit est décisif : c’est ainsi, par exemple, que seulement 20 % des contributions analysées par l’Institut Reuters provenaient de politiciens ou d’autres personnes connues. Mais ces contributions étaient particulièrement partagées. 

Comment reconnaît-on une fausse information ?

Lutz Güllner cite trois critères. Premièrement, la source. Les utilisateurs devraient contrôler d’où vient exactement l’information. Deuxièmement, le contenu. Les fausses informations sont souvent présentées comme des vérités absolues, sans aucun avis contraire. Troisièmement, il faut se demander « suis-je ciblé spécifiquement parce que je suis actif dans certains groupes ? Y a-t-il un lien entre une information et mes intérêts personnels ? Il faut alors être particulièrement  vigilant. »

Que peut-on faire contre l’« infodémie » ?

Les rédactions de la presse écrite, radio et télévisée ainsi que les réseaux de recherche avec leurs vérifications de faits réalisent un travail important pour lutter contre ce phénomène. En Allemagne, il existe d’ailleurs de nombreux sites spécialisés dans le « fact checking  », par exemple celui de Correctiv.

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