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Discours du ministre fédéral des Affaires étrangères Heiko Maas lors de la conférence virtuelle « Startup Media Tel Aviv Summit »

10.09.2020 - Article
Rencontre des ministres des Affaires étrangères allemand et israelien Heiko Maas et Gabi Ashkenazi le 28 août 2020
Rencontre des ministres des Affaires étrangères allemand et israelien Heiko Maas et Gabi Ashkenazi le 28 août 2020© Reuters/POOL

J’ai vu la semaine dernière une photo qui me hante. Elle montre un homme, dans une manifestation à Berlin, qui arbore une étoile jaune. Une étoile jaune pareille à celle que les Juifs ont dû porter en Allemagne, du temps du national-socialisme. À la place du mot « Juif », il était écrit « non vacciné ». L’image m’a bouleversé. Cette appropriation cynique de la Shoah est extrêmement dangereuse. On dépasse ici largement les limites du tolérable en matière d’expression. Et on joue le jeu de ceux qui tirent profit des peurs entourant la pandémie.

Contrefaire quelque chose, ce peut aussi être le nier. Nous devons être vigilants face à ce type de phénomène, tant du point de vue réglementaire que médiatique. Car les médias ne se contentent pas de retranscrire ou de commenter la réalité : ils participent à sa construction.

C’est pourquoi il est de notre responsabilité, en tant que responsables politiques, de prendre des mesures et des initiatives appropriées pour lutter contre ces nouvelles formes de l’antisémitisme.

Au sein de l'Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), nous avons donc lancé un groupe de travail international pour lutter contre la négation et la distorsion de l’Holocauste.

Nous avons durci le droit pénal allemand pour les affaires de négation de l’Holocauste.

Cette modification permettra par exemple de poursuivre les personnes qui vivent en Allemagne et diffusent ce genre de message sur des serveurs installés à l’étranger.
En 2017, la loi d’amélioration de l’application du droit sur les réseaux est entrée en vigueur en Allemagne pour lutter contre le racisme et l’antisémitisme dans les médias en ligne. Au début, ce texte surnommé « loi Facebook » a certes suscité des débats critiques. Cependant, l’expérience montre depuis 2017 que nous avions raison, et nous renforçons de nouveau ces dispositions.

J’aimerais signaler également certaines mesures de l’Union européenne contre la xénophobie, l’antisémitisme et la haine dans les médias en ligne.

Pendant la présidence allemande du Conseil de l'UE, nous voulons œuvrer à une Europe caractérisée par la sécurité et les valeurs communes dans le monde numérique. Nous sommes fermement résolus à démocratiser le secteur numérique et à renforcer la résilience des sociétés contre la désinformation. La protection de nos droits fondamentaux européens et de nos valeurs primordiales ne s’arrête pas aux frontières du monde déconnecté.

Nous poussons à la création d’une infrastructure européenne des données qui soit fiable et résistante. Nous défendrons un cadre réglementaire européen permettant de répondre à des attentes fondamentales en termes de modération de contenus, d’accès aux données et de transparence. Le plan d’action pour la démocratie élaboré par la Commission est appelé à y jouer un grand rôle.

Durant notre présidence, nous procèderons à une évaluation des structures et des instruments de lutte contre l’antisémitisme. Nous souhaitons poser les bases d’une stratégie européenne commune.

Mesdames, Messieurs,

C’est justement en temps de crise, comme ceux que nous vivons, que la variété de notre paysage médiatique prend encore plus de valeur. Vous tendez un miroir à la société et à la politique. Et vous portez aussi la responsabilité d’appeler par leur nom les menaces auxquelles nous sommes confrontés, en particulier l’antisémitisme d’extrême-droite.

Mesdames, Messieurs,

Au-delà des mesures réglementaires et de la responsabilité des médias, nous avons aussi besoin des rencontres de la vie réelle.

C’est la raison pour laquelle mon homologue Gabriel Ashkenazi et moi-même soutenons les échanges de jeunes germano-israéliens. Jeter des ponts entre les jeunes, c’est empêcher la propagation de la haine et du racisme. C’est la base de l’entente mutuelle dans des sociétés pluralistes comme les nôtres.

Et la base d’idées communes et d’un avenir partagé. Je salue l’initiative de cette conférence organisée aujourd’hui : nous avons besoin d’une mentalité de start-up pour nos relations, et nous avons besoin d’hommes et de femmes qui créent des réseaux et coopèrent pour forger notre avenir commun !

[Discours prononcé en anglais]

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