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Les Allemands et l’ONU

Les Allemands adhèrent très largement au multilatéralisme, montre une étude

Les Allemands adhèrent très largement au multilatéralisme, montre une étude, © picture alliance

22.09.2020 - Article

Fondée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Organisation des Nations unies (ONU) a célébré hier ses 75 ans. Qu’en pensent les Allemands ? A quoi y travaillent les diplomates allemands ?

Plus de coopération multilatérale, moins d’égoïsmes nationaux, plus de justice sociale : voilà ce qu’appelle de ses vœux une majorité d’Allemands en cette période de pandémie. A l’heure où l’ONU célèbre ses 75 ans, huit Allemands sur dix souhaitent l’intensification de la coopération internationale face aux problèmes mondiaux, révèle un sondage YouGov pour la Fondation Bertelsmann.

65 % sont même prêts à accepter que cette coopération entraîne brièvement des inconvénients pour leur pays. « La coopération internationale a du sens aux yeux des sondés lorsqu’elle permet d’améliorer les conditions de vie dans le monde (48 %) et de promouvoir des relations pacifiques (37 %) », relate Christina Tillmann de la Fondation Bertelsmann. « Que l’Allemagne en tire profit n’est, pour la majorité, pas un critère pertinent. »

Multilatéralistes

Sans surprise, les Allemands ont donc une image positive ou très positive (67 %) de l’institution qui incarne ce multilatéralisme : l’ONU. 91 % des sondés voudraient que les Etats soient moins mus par des intérêts égoïstes et plus disposés à coopérer en son sein. Neuf sur dix souhaitent plus d’égalité entre les Etats membres. 81 % sont opposés au droit de veto au sein du Conseil de sécurité.

Au-delà de cette adhésion massive, l’enquête est parvenue à discerner quatre « profils de multilatéralistes ». Les trois quarts des Allemands correspondent à deux d’entre eux : les « gardiens de la justice internationale » dont le slogan pourrait être « justice for all » (43 % des sondés) et les cosmopolites favorables à un monde de diversité basé sur des valeurs communes (31 % des sondés). 16 % des Allemands pourraient, cependant, se définir comme des défenseurs des intérêts individuels et 10 % comme des défenseurs des intérêts nationaux.

L’Allemagne, membre non permanent du Conseil de sécurité

En tant qu’Etat, l’Allemagne est très active au sein de l’ONU. En 2019 et 2020, elle siège comme membre non permanent au Conseil de sécurité. Elle en a pris par deux fois la présidence mensuelle.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, au Conseil de sécurité des Nations unies, dont l‘Allemagne est actuellement membre non permanent
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, au Conseil de sécurité des Nations unies, dont l‘Allemagne est actuellement membre non permanent© dpa

Dans un rapport publié cette semaine, le gouvernement allemand fait le bilan de cet engagement. Les diplomates allemands œuvrent à la gestion et à la prévention des crises (Syrie, Libye), écrit-il. Ils le font en veillant à axer le travail de l’ONU sur la prévention des conflits et à développer un travail de prospective sur les thèmes potentiellement générateurs de conflits comme l’environnement et le climat.

Ils participent aussi activement au travail de l’ONU et de ses agences avec l’ambition de renforcer la coopération multilatérale. Cette dernière est l’un des piliers de la politique étrangère allemande.

Ils contribuent, par ailleurs, aux efforts fournis pour que l’Europe parle d’une seule voix. Cela a contribué à la prolongation du mandat de la mission de paix au Soudan et à l’envoi d’une aide humanitaire transfrontalière en Syrie. Un nouvel instrument – les conférences de presse communes – a été mis en place.

Enfin, l’Allemagne promeut avec d’autres grands pays (Inde, Brésil, Japon) une réforme de l’ONU. Il s’agit de permettre à ses institutions de fonctionner efficacement dans un monde marqué par la compétition entre les grandes puissances.

75 ans

A l’heure de la pandémie, la nécessité d’une coopération internationale efficace reçoit d’ailleurs une large adhésion des peuples. C’est ce que montre un sondage réalisé pour l’ONU auprès de plus d’un million de personnes à travers le monde.

« Nous avons trop de problèmes multilatéraux et pas assez de solutions multilatérales », a résumé le secrétaire général des Nations unies, Antonio Gutterres, à l’occasion du 75e anniversaire de l’institution, lundi, à New York.

Les 193 Etats membres ont adopté par consensus une déclaration historique. Elle prône un multilatéralisme revitalisé, dont la pandémie souligne encore l’urgence. « La pandémie de Covid-19 est venue nous rappeler violemment que nous sommes comme les maillons d’une chaîne : du maillon le plus faible dépend la force du tout », souligne le texte. « Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons gagner en résilience face à de nouvelles pandémies et à d’autres défis mondiaux. Le multilatéralisme n’est pas une option : c’est une nécessité. »

A.L.

Plus d’informations :

Fondation Bertelsmann (en allemand/ anglais)
Office de presse et d’information du gouvernement allemand (en allemand)
Organisation des Nations unies (en français)
 

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