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Covid-19 : l’Allemagne prend de nouvelles mesures contre la pandémie

Un restaurant et des tables vides à Munich. L'Allemagne renforce son dispositif de prévention face à la pandémie de coronavirus

Un restaurant et des tables vides à Munich. L'Allemagne renforce son dispositif de prévention face à la pandémie de coronavirus, © SVEN SIMON

16.10.2020 - Article

Masques, rassemblements, cafés et restaurants : face à la crainte d’une « forte deuxième vague », l’État fédéral et les 16 länder se sont accordés mercredi sur un durcissement des mesures dans les zones les plus touchées par la pandémie.

Les vacances d’automne approchent, Noël n’est plus très loin… et la pandémie de Covid-19 inquiète. En Allemagne comme en France, les chiffres suivent une courbe exponentielle.En Allemagne, 7.334 nouvelles contaminations et 24 nouveaux décès ont été enregistrés en 24 heures au 16 octobre. Faut-il reconfiner ?, se demandent déjà certains. Jeudi, avant l’ouverture du Conseil européen, la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a demandé aux États membres de l’UE de « faire le nécessaire » pour « éviter un confinement généralisé ». De même, en Allemagne, les autorités espèrent fortement éviter une nouvelle restriction des contacts sociaux. Mais Berlin craint une « forte deuxième vague ». L’heure est doncà la vigilance et à la mobilisation de tous pour prévenir la saturation des hôpitaux.

De nouvelles mesures ont ainsi été adoptées, mercredi 14 octobre. Les gouvernements de l’État fédéral et des länder ont décidé d’un commun accord de durcir les restrictions en vigueur dans les zones où le virus circule intensément.

Deux niveaux d’alerte

Les gestes barrière, plus importants que jamais à l'heure où l'on craint en Allemagne une forte deuxième vague.
Les gestes barrière, plus importants que jamais à l'heure où l'on craint en Allemagne une « forte deuxième vague ».© dpa

Deux niveaux d’alerte sont prévus. À partir de 35 nouvelles contaminations pour 100.000 habitants, le port du masque deviendra obligatoire dans l’espace public si celui-ci est densément occupé. Ce n’était jusqu’à présent le cas que dans les magasins et les transports en commun, ainsi que dans certaines rues de villes à risque. Les rassemblements seront limités à 25 personnes dans les espaces publics et à 15 personnes dans les espaces privés. Les cafés et les restaurants seront soumis à une heure de fermeture obligatoire.

Les mesures se durciront encore en cas de foyer d’infection affichant plus de 50 nouvelles contaminations pour 100.000 habitants sur une semaine. Les rassemblements seront alors strictement limités à dix participants, appartenant à deux foyers au maximum si la réunion a lieu dans l’espace privé. La jauge des manifestations publiques sera plafonnée à 100 personnes. Enfin, les cafés et les restaurants devront fermer à 23 heures et la vente d’alcool sera interdite.

Les autorités feront le bilan de l’efficacité de ces mesures le 8 novembre. Il n’est pas exclu qu’un pas supplémentaire soit alors franchi. « Il est probable que cela ne sera pas suffisant », a admis dès jeudi matin le ministre de la Chancellerie fédérale, Helge Braun.

Nouveau rendez-vous après les vacances d’automne

De fait, en cette période de vacances scolaires, un débat oppose les dirigeants des länder sur la possibilité d’interdire l’hébergement des habitants des zones à risque. Certains chefs de gouvernement régionaux ont tranché pour l’interdiction, d’autres s’y refusent catégoriquement. Jeudi, le tribunal administratif d’appel du Bade-Wurtemberg a annulé la décision du gouvernement de Stuttgart. Il a estimé qu’une telle interdiction constituait une atteinte disproportionnée à la liberté de circulation. Le tribunal administratif d’appel de la Basse-Saxe, à Lüneburg, a pris une décision similaire quant à l’interdiction imposée par le gouvernement du land, à Hanovre. Dans la foulée, le land de Saxe a annulé sa propre mesure.

Mais si Berlin et les 16 länder ont décidé de laisser passer les vacances d’automne avant d’imposer une quelconque interdiction sur tout le territoire, il n’est pas certain que l’évolution de la situation sanitaire ne les y contraindra pas dans quinze jours.

La chancelière Angela Merkel a, en tout cas, ouvertement affirmé qu’elle n’était « pas totalement satisfaite » de la décision prise.« Nous traversons une phase de la pandémie qui est sérieuse », a-t-elle souligné. Le virus se propage de manière dynamique. L’arrivée de la saison froide multiplie les réunions dans les lieux clos. Par ailleurs, avec un recours à l’endettement de plus de 250 milliards d’euros cette année, « nous n’avons pas, économiquement, les moyens d’avoir une deuxième vague avec des conséquences similaires à celle du printemps. »

Angela Merkel appelle à la mobilisation de tous

Angela Merkel appelle donc, pour l’instant, « instamment » les Allemands « à éviter les déplacements non nécessaires, surtout en provenance des zones à risque ». Et plus généralement, elle les appelle à respecter scrupuleusement les gestes barrières, préconisations et restrictions. « En cette période cruciale et critique qu’est l’automne, il est très, très important que tous restent mobilisés », a-t-elle martelé. « Cela veut dire : distanciation, port du masque, respect des règles [sanitaires], et aussi, avec l’approche de l’hiver, aération et, là où c’est possible, utilisation de l’application de traçage  »Corona-Warn-App« .

A.L.

Plus d’informations :

Évolution de la situation sanitaire en Allemagne : Institut Robert-Koch (en allemand et anglais)
Les décisions prises par l'État fédéral et les länder mercredi 14 octobre (document en allemand)
Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)

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