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Le numérique au service de l’intégration

L'intégration est une priorité en Allemagne, y compris en pleine pandémie de Covid-19

L'intégration est une priorité en Allemagne, y compris en pleine pandémie de Covid-19, © dpa

20.10.2020 - Article

Plus cruciaux que jamais en cette période de pandémie, les efforts pour l’intégration doivent s’appuyer de plus en plus sur les outils numériques. C’est la principale conclusion du 12e Sommet national sur l’intégration qui s’est tenu hier à Berlin.

Le sujet aurait pu disparaître des radars à l’heure où tous les efforts sont tendus vers la lutte contre la COVID-19. Il n’en est rien. L’intégration est depuis plusieurs années une priorité en Allemagne. Et la pandémie n’y a rien changé. Ou plutôt, si. Elle n’a fait que renforcer l’urgence d’y consacrer des moyens humains et techniques, y compris les plus modernes. Telle est la conclusion du 12e Sommet national sur l’intégration qui s’est tenu hier depuis Berlin par visioconférence.

Hier avait lieu à Berlin le 12e Sommet national sur l'intégration. Il s'est tenu, exceptionnellement, en format virtuel
Hier avait lieu à Berlin le 12e Sommet national sur l'intégration. Il s'est tenu, exceptionnellement, en format virtuel© Reuters-Pool

Quelque 130 responsables politiques nationaux, régionaux et municipaux, acteurs de la société civile et représentants des associations de migrants avaient été invités à échanger autour de la chancelière Angela Merkel. Ils se connaissaient, pour la plupart. Des sommets nationaux pour l’intégration sont organisés environ une fois par an en Allemagne depuis 2006.

Ces sommets ont permis, année après année, d’identifier les besoins et d’élaborer un vaste Plan d’action pour l’intégration. C’est une stratégie globale qui chapeaute plusieurs dizaines de mesures de tous ordres, des cours de langue au marché du travail et aux loisirs sportifs. Elle organise les mesures en cinq étapes : la phase préparatoire (avant l’arrivée en Allemagne), la phase initiale d’intégration, l’insertion dans la société d’accueil, le développement au sein de celle-ci et la cohésion sociale.

A l’ordre du jour du figurait la mise en œuvre de deux phases clés du Plan d’action : les phases II et III (phase initiale d’intégration et insertion). Mais la pandémie a changé la donne depuis la dernière réunion des participants, en février dernier.

Les migrants, premiers touchés par la pandémie

« La crise du coronavirus affecte durement un grand nombre de personnes issues de l’immigration », a souligné Annette Widmann-Mauz, la déléguée du gouvernement allemand à la Migration, aux Réfugiés et à l’Intégration. Les uns « ont vu disparaître les cours d’intégration, les conseils aux migrants ou les formations continues, puis ils ne les ont vu reprendre que lentement ».

D’autres, nombreux, « sont médecins, soignants ou salariés de la grande distribution » et, à ce titre, « soumis à un risque [sanitaire, ndlr] élevé. ». Nombreux sont également ceux « qui œuvrent dans des secteurs qui ne se prêtent pas au télétravail ».

Enfin, « beaucoup de personnes issues de l’immigration travaillent dans des branches durement frappées par la crise » comme l’hôtellerie-restauration et l’intérim.

Dans ce contexte, le gouvernement allemand n’entend pas baisser les bras, mais plutôt réaffirmer, au contraire, l’importance de l’intégration. « Face  la pandémie, il est important que nous misions encore plus sur l’intégration », a dit Angela Merkel.

L’intégration, plus importante que jamais

Mais comment réussir l’intégration quand les contacts sont restreints ? Les cours de langues ou les rendez-vous de conseil difficiles à organiser en présentiel ? Les participants s’accordent pour dire que la solution passe par un usage accru des outils numériques.

Il faut même y voir une opportunité, a affirmé Mme Widmann-Mauz. Avec le numérique, « nous changeons, en quelque sorte, de perspective. Nous mettons l’individu au centre et axons stratégiquement et systématiquement les mesures d’intégration sur ses besoins spécifiques. Nous personnifions l’intégration, si vous voulez », afin d’en faire un tremplin pour chacun dans la société.

Cette nouvelle perspective n’en est déjà plus au stade de la réflexion, mais donne lieu à des projets concrets. La déléguée fédérale en a cité quelques-uns. Berlin va ainsi lancer une « initiative numérique » pour l’intégration afin de pallier les restrictions liées à la crise. Elle permettra d’aider chaque migrant(e), où qu’il/ elle se trouve et quels que soient ses besoins : cours d’allemand, formation et insertion professionnelle, reconnaissance des diplômes, conseils spécifiques aux femmes, etc.

« En ce qui concerne les opportunités de formation et d’emploi, a souligné Angela Merkel, les jeunes ne doivent pas devenir les perdants de la pandémie. Or, nous savons depuis de nombreuses années que la formation en entreprise est une voie d’intégration qui fonctionne particulièrement bien. »

Un deuxième axe pour atteindre les publics issus de l’immigration consiste à les rejoindre sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Telegramm. Des conseillères à l’intégration utilisent d’ores et déjà cette stratégie, notamment pour aider les femmes migrantes à gérer le quotidien et pour les inciter à travailler. Elles s’adressent à elles dans leur langue maternelle, de manière directe et rapide. « Nous avons atteint de cette manière un demi-million de femmes en quelques semaines », se félicite Mme Widmann-Mauz. « Nous leur donnons ainsi confiance. Et surtout, nous établissons pour ellesun contact personnel dans les agences pour l’emploi ».

A.L.

Plus d’informations :

Office de presse et d'information du gouvernement allemand (en allemand)

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