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Contre l’oubli

13.11.2020 - Article

Pourquoi des jeunes s’engagent-ils en faveur d’une culture du souvenir en Allemagne ? Deux volontaires internationaux nous racontent.

Lukas Pils devant le Musée juif de Berlin
Lukas Pils devant le Musée juif de Berlin© privé

« Lorsque mon grand-père a été contraint de partir à la guerre comme soldat pour l’Allemagne, il avait 18 ans – un an de moins que moi aujourd’hui. Par la suite, il n’a jamais parlé de cette époque et de ce qu’il avait vécu. Son silence a été l’une des raisons de mon engagement pour que l’holocauste ne soit jamais oublié. Les jeunes ont besoin des anciens pour se souvenir. Nous serons à notre tour cette génération d’anciens dans quelques années et j’ai souvent l’impression à l’école que mes camarades de classe ne s’intéressent pas à ce Sujet.

Nous ne pouvons faire obstacle à la violence, à l’exclusion et au racisme qu’en nous penchant sur l’holocauste sous l’angle des émotions également.
Lukas Pils, volontaire au Musée juif de Berlin

Par l’intermédiaire de l’association Service autrichien à l’étranger, j’ai travaillé pendant dix mois au Musée juif de Berlin pour encourager et aider les autres à s’interroger sur le souvenir. Il est en effet dangereux de perdre notre lien à l’histoire. Nous ne pouvons faire obstacle à la violence, à l’exclusion et au racisme qu’en nous penchant sur l’holocauste sous l’angle des émotions également. »
L’Autrichien Lukas Pils, 19 ans, est bénévole de la mémoire au Musée juif de Berlin.


Yana Alimova en Allemagne
Yana Alimova en Allemagne© privé

« Je travaille depuis un an bénévolement au mémorial de Buchenwald, plus précisément aux archives du  »camp spécial n°2« . Ce camp a une histoire particulière, qui a aussi un lien avec ma propre famille. Jusqu’en 1945, Buchenwald était un camp de concentration nazi où ont péri plus de 56.000 personnes. Après 1945, l’administration militaire soviétique a utilisé ce camp spécial n° 2. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le frère de mon arrière-grand-mère y a été prisonnier comme soldat soviétique. Nous ne savons pas avec certitude ce qui lui est arrivé ensuite, mais il est probablement mort dans une annexe du camp de Buchenwald. Nous partageons cette incertitude avec bien d’autres familles.

Je trouve que mon travail fait sens, qu’il est même nécessaire.
Yana Alimova, bénévole au mémorial de Buchenwald

Ce qui m’a motivée pour le service volontaire à Buchenwald, c’est que je peux y aider des familles à trouver des informations sur le sort de leurs parents. Le mémorial est idéal pour cela. Je ne comprends pas pourquoi on me demande sans cesse si ce travail ne m’attriste pas. Certains me conseillent même de chercher un bénévolat  »plus agréable« , par exemple dans le social. Mais je ne le ressens pas comme ça. Je trouve que mon travail fait sens, qu’il est même nécessaire. Se pencher sur l’histoire est extrêmement important pour notre société. Tant de gens motivés travaillent ici, cela me montre que nous avons surmonté cette époque et que nous avons construit un monde meilleur. »
L’Ukrainienne Yana Alimova, 26 ans, travaille bénévolement au mémorial de Buchenwald par l’intermédiaire de l’association Action Sühnezeichen Friedensdienste ; elle vient de prolonger son service de six mois. Elle veut ensuite faire des études sur la paix et les conflits.

Propos recueillis par Sarah Kanning pour deutschland.de

 

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Carte des sites mémoriaux dédiés aux victimes du nazisme en Allemagne
Carte des sites mémoriaux dédiés aux victimes du nazisme en Allemagne© GoogleMyMaps

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