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L’intégration est l’affaire de tous

L'intégration est un défi de longue haleine qui doit être l'affaire de tous.

Les 25 experts et professionnels de terrains mandatés par le gouvernement pour réfléchir à l'amélioration de la capacité d'intégration de l'Allemagne sont parvenus à une conclusion : l'intégration est un défi de longue haleine qui doit être l'affaire de tous., © picture alliance / Zoonar | Robert Kneschke

26.01.2021 - Article

Après l’afflux de migrants et de réfugiés, comment améliorer la capacité d’intégration de l’Allemagne ? Il y a deux ans, le gouvernement fédéral a mandaté25 experts et acteurs de terrainpour y réfléchir.Ils viennent de remettre leur Rapport.

Première destination des migrants en Europe (et 2edestination au niveau mondial après les Etats-Unis), l’Allemagne est un pays d’immigration. Près du quart de sa population (19,3 millions de personnes, dont 11,2 millions d’étrangers stricto sensu) est originaire de l’étranger. Elle accueille aussi sur son sol 1,8 million de personnes en quête de protection, pour la plupart arrivées lors des vagues de réfugiés du milieu des années 2010. Mais comment permettre à chacun de prendre toute sa place dans la société ? C’est la réflexion que le gouvernement allemand a lancée il y a deux ans, en demandant à 25 experts et acteurs de Terrain d’élaborer des pistes pour accroître la capacité d’intégration du pays. Ils viennent de remettre leur Rapport.

Le message de ces experts est clair : l’intégration est un défi de longue haleine, et elle est l’affaire de toute la société. Ils appellent à développer une « définition ouverte du fait d’être allemand, avec des critères d’appartenance ». Un « nouveau 'nous' » qui prenne en considération la diversité de la Société.

Une vision large

Ils prônent une vision large de la notion d’intégration, dissociée de la seule migration. Ils appellent aussi chacun à apporter sa contribution. « La cohésion sociale, écrivent-ils, ne peut pas être ordonnée par l’Etat. Le respect formel des lois n’est pas suffisant. Il faut aussi un débat constructif sur les conflits qui apparaissent dans la vie commune, un échange d’arguments et la recherche de compromis. » Ils jugent d’ailleurs parfaitement « légitimes » les débats sur la politique d’immigration et d’intégration.

Exemplarité des pouvoirs publics

Ils formulent plusieurs propositions pour aller vers cette société plurielle apaisée. Ils appellent, par exemple, à « forcer l’ouverture des institutions de l’Etat » à la diversité. Car « l’action de l’Etat a valeur de signal pour l’ensemble de la société », soulignent-ils.

Il faut aussi, selon eux, « œuvrer à ce que des membres de tous les groupes qui constituent la société soient adéquatement représentés à tous les niveaux hiérarchiques en politique, dans l’administration, dans les entreprises, dans les institutions scientifiques, dans le secteur culturel, dans les médias et dans la société civile, en conformité avec leur qualifications et capacités ».

La persistance de discriminations « structurelles », même si elles ne sont « pas toujours intentionnelles », revêt un coût social, économique et même politique, rappellent-ils.

A leurs yeux, il conviendrait aussi de porter une attention renforcée au langage et à ses implicites. Ils proposent d’abandonner l’expression « personnes issues de l’immigration » pour la remplacer par « immigrés et leurs descendants ».

Intégration par la formation et par l’emploi

L'éducation, la formation et l'apprentissage de l'allemand sont des priorités pour favoriser l'intégration
L'éducation, la formation et l'apprentissage de l'allemand sont des priorités pour favoriser l'intégration© picture alliance / dpa | Marc Ollivier

De manière générale, les auteurs du rapport relèvent le rôle clé de l’éducation et de la formation professionnelle pour une intégration réussie. Ils souhaitent que l’école apporte un soutien plus ciblé aux enfants issus de milieux immigrés, afin de mettre en valeur le « potentiel individuel »et de mieux lutter contre les inégalités scolaires qui les affectent au premier Chef.

Ils soulignent également l’importance de miser encore davantage sur l’apprentissage de la langue allemande et sur la reconnaissance des qualifications et des diplômes obtenus à l’étranger. L’Allemagne a déjà beaucoup œuvré dans ces deux domaines au cours des dernières années.

Bénéfices économiques, enrichissement culturel et social : l’immigration est « un investissement pour l’avenir », concluent-ils. L’Allemagne devrait continuer à mener une politique d’immigration choisie, ne serait-ce que pour des raisons démographiques.

Le gouvernement va débattre en son sein de ces recommandations, a annoncé la chancelière Angela Merkel lors de la remise du rapport. Ce dernier sera ensuite transmis au Bundestag et au Bundesrat.

A.L.

 

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