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Données numériques : l’Allemagne se dote d’une stratégie

Les 240 mesures de la stratégie allemande pour les données, présentées cette semaine à Berlin, visent à faire de l'Allemagne un pays pionnier pour l'utilisation et le partage des données en Europe.

Les 240 mesures de la stratégie allemande pour les données, présentées cette semaine à Berlin, visent à faire de l'Allemagne un pays pionnier pour l'utilisation et le partage des données en Europe., © (c) picture alliance / Klaus Ohlenschläger | Klaus Ohlenschläger

28.01.2021 - Article

Elles sont l’« or noir du XXIe siècle ». Comment tirer pleinement parti des données numériques pour faire émerger des innovations utiles à la société ? C’est l’enjeu de la Stratégie pour les données présentée cette semaine à Berlin.

Le gouvernement allemand a adopté une Stratégie pour les données numériques. Elle se compose de 240 mesures qui vont du développement des infrastructures à celui des compétences de tout un chacun. Elle vise à une meilleure exploitation dugisement d’innovations que les données numériques recèlent pour la science, l’économie et la société. Le gouvernement veut faire de l’Allemagne un pays pionnier en matière d’« exploitation innovante » et de partage des données.

Un potentiel trop peu exploité

De fait, les milliards de données collectées chaque jour par les appareils numériques pourraient être mieux mises au service de la vie de la société, explique Viktor Mayer-Schönberger. « Le problème que nous avons en Europe, et en Allemagne en particulier », souligne cet expert, membre du Conseil numérique qui assiste le gouvernement allemand depuis 2018, « est que 85% des données collectées ne sont pas utilisées une seule fois, si l’on en croit les études. C’est inefficace, c’est du gaspillage et ce n’est pas durable. Nous collectons quelque chose et nous n’en faisons rien, nous n’en tirons aucun enseignement et nous ne nous en servons pas pour prendre de meilleures décisions. »

Les données visées sont loin de se limiter aux données personnelles, dont la protection a été au centre de l’attention des autorités européennes et nationales ces dernières années. « Il s’agit aussi de données factuelles », poursuit l’expert. Par exemple, un seul moteur d’Airbus A380 génère à lui seul trois milliards de données par vol. Si on les analysait, explique M. Mayer-Schönberger, on pourrait connaître avec précision l’état d’usure de l’appareil et « prévoir sa détérioration avant qu’elle ne se produise ».

 

Le raisonnement est applicable à de nombreux domaines. Les données des GPS embarqués à bord des véhicules pourraient permettre aux communes de revoir leur plan de circulation pour améliorer sa fluidité et réduire la pollution. Le partage des données pourrait, par ailleurs, accélérer des avancées scientifiques. L’entreprise allemande BioNtech, qui a mis au point le premier vaccin contre le SARS-Cov2, s’est d’ailleurs appuyée sur des échanges de données et sur leur exploitation innovante pour comprendre le virus. Quant à l’industrie, elle peut adapter sa production à la situation sanitaire, et mieux protéger ses salariés.

 

4 grands axes

Les données font désormais partie du quotidien dans bien des domaines. Elles participent aussi à la lutte contre la pandémie et à une meilleure compréhension du virus.
 Les données font désormais partie du quotidien dans bien des domaines. Elles participent aussi à la lutte contre la pandémie et à une meilleure compréhension du Virus.© (c) picture alliance / SvenSimon | FrankHoermann/SVEN SIMON

« Nous avons l’espoir d’élargir le potentiel de création de valeur », souligne Helge Braun, ministre de la chancellerie, « mais aussi d’améliorer la vie de l’ensemble de la société ».

La stratégie gouvernementale se déploiera selon quatre axes. Elle visera à développer des infrastructures performantes et durables (ordinateurs quantiques et à hautes performances, projet de cloud européen GAIA-X, création d’espaces de données sécurisés permettant la collaboration entre les scientifiques et les entreprises, création d’un registre national du cancer). Elle mettra en place un cadre innovant et sécurisé pour l’exploitation et le partage des données, cadre qui permette aussi de mieux combattre les fraudes. Elle promouvra plus largement l’acquisition des compétences et d’une culture numériques par le grand public, et ce dès cette année. Enfin, elle accélérera la transformation de la fonction publique pour en faire une pionnière de l’innovation.

Au service de la société

Restent le problème délicat de la protection et de la sécurité des données, ainsi que la question sensible de la protection de la vie privée.L’Europe tente de se frayer une voie propre entre la Chine, qui utilise la reconnaissance faciale pour renforcer la surveillance des citoyens, et les Etats-Unis, où les géants du numérique exploitent les données à des fins principalement publicitaires et commerciales. Une voie originale qui corresponde à ses valeurs. C’est dans ce cadre que s’inscrit la stratégie allemande. A travers elle, explique la déléguée du gouvernement au numérique, Dorothea Bär, « le gouvernement fédéral entend faire respecter [nos] conceptions communes en matière de protection des données et de souveraineté numérique à l’ère de la circulation des données et de l’interconnexion globale, et en faire un modèle à l’échelle du monde. »

A.L.

 

Plus d’informations :

Office de presse et d'information du gouvernement allemand (en allemand)

« Le potentiel des données numériques est immense » - Podcast avec deux membres du Conseil numérique (en allemand)

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