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(Dé)confinement : quelles perspectives ?

Confinement : y a-t-il une perspective de voir les restrictions s’assouplir dans les prochaines semaines ? La question est sur toutes les lèvres.

Confinement : y a-t-il une perspective de voir les restrictions s’assouplir dans les prochaines semaines ? La question est sur toutes les lèvres., © (c) picture alliance/dpa/dpa-Zentralbild | Kira Hofmann

05.02.2021 - Article

Quelles perspectives pour les écoles, les commerces non-essentiels, les lieux de culture au-delà du 15 février en Allemagne ? Y aura-t-il des droits différents pour les personnes vaccinées ? Etat des lieux à l’heure où l’épidémie commence à ralentir.

Faire du sport en salle, aller boire une bière avec des amis, aller au théâtre, aller chez le coiffeur… La « vie normale » semble bien loin pour les Allemands. Strictement confinés depuis la mi-décembre, ils doivent attendre le 15 février pour espérer voir un début d’assouplissement des mesures sanitaires. Chez certains, la lassitude guette. Beaucoup de parents peinent à concilier école à distance et télétravail. Les professionnels contraints à la fermeture espèrent un redémarrage. Mais alors que le lancement de la campagne de vaccination faisait renaître l’espoir, les retards de livraison et l’apparition de nouveaux variants relancent les inquiétudes. Y a-t-il une perspective de voir les restrictions s’assouplir dans les prochaines semaines ? La question est sur toutes les lèvres.

L’épidémie ralentit

De fait, après des semaines d’incendie, la situation sanitaire semble enfin s’assagir. Des signes encourageants apparaissent. Le taux de nouvelles contaminations sur 7 jours pour 100.000 habitants a chuté à 80,7 (au 4 février) après avoir frôlé les 200 fin décembre. L’Allemagne a enregistré 14.211 nouveaux cas ces dernières 24 heures, contre plus de 20.000 au 21 janvier. Le nombre de décès (59.742) a augmenté de 786 en 24 heures, tandis que la barre des 3 millions de personnes vaccinées était en passe d’être franchie.

Le ministre de la Santé, Jens Spahn, plaide ainsi pour un assouplissement. « Nous ne pouvons pas rester tout l’hiver sous ce régime de confinement strict. En tant que société, nous aurions du mal à la supporter », dit-il. Selon lui, les crèches et les écoles doivent être les premières à rouvrir. « C’est important pour les enfants, les adolescents et pour les parents ». D’autres secteurs pourraient suivre dans un second temps.

La ministre déléguée à la Culture, Monika Grütters, lui emboîte le pas. Elle espère des assouplissements pour les professionnels de la culture, dont beaucoup sont économiquement exsangues. Elle appelle en priorité à rouvrir les musées.

Quelle transition vers une nouvelle normalité ? 

« Est-ce que cela sera possible dès le 15 février ? » se demande M. Spahn. « Nous en déciderons la semaine prochaine ». Un nouveau sommet réunira, en effet, la chancelière et les ministres-présidents des länder mercredi 10 février.

Plusieurs paramètres seront surveillés : nombre de cas, diffusion des variants, progression  de la vaccination. « Toute mesure de déconfinement devra être très, très bien pesée », affirme Ralf Brinkhaus. Pour le chef du groupe parlementaire de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), rien ne serait pire qu’un relâchement trop rapide conduisant à une succession de confinements et de déconfinements.

« Il est clair que nous avons besoin d’une transition responsable du confinement à une nouvelle normalité », abonde M. Spahn. Le ministre applaudit aux plans de déconfinement élaborés par plusieurs länder. Néanmoins, ajoute-t-il, il serait irréaliste de viser l’objectif « zéro Covid-19 » dans un pays situé au cœur de l’Europe. « Notre objectif principal doit rester d’empêcher l’engorgement du système de soins, pas d’empêcher toute infection », affirme-t-il.

L’opinion publique est, elle aussi, partagée. Près d’un Allemand sur deux (48%), selon un sondage réalisé pour l’assureur R+V, craint d’attraper le virus ou que ses proches soient contaminés. Un chiffre en hausse de 16 points depuis d’été. Il s’ensuit qu’une large majorité (60%) tance le non-respect des mesures de confinement. « Le fait que de nombreuses personnes critiques envers les mesures anti-Covid expriment leur désaccord en ne les respectant pas provoque une peur intense chez beaucoup de gens », note le professeur Manfred Schmidt, qui a participé à l’enquête. Une proportion similaire (58%) redoute que les confinements se succèdent jusqu’à ce que toute la population soit vaccinée.

La clé de la vaccination

L'Allemagne vient de passer le seuil des trois millions de personnes vaccinées.
L'Allemagne vient de passer le seuil des trois millions de personnes vaccinées.© (c) picture alliance/dpa | Friso Gentsch

La vaccination sera-t-elle la panacée ? Le gouvernement y place en tout cas beaucoup d’espoirs. Mais à moyen terme seulement. Car il sait que la campagne ne prendra vraiment son essor qu’au deuxième trimestre, en raison des retards de livraison des vaccins.

Faudra-t-il alors octroyer des droits particuliers aux personnes déjà vaccinées pour sortir peu à peu de la paralysie ? La question n’est pas à l’ordre du jour tant que la preuve n’est pas faite que la vaccination empêche la transmission du virus, a tranché la chancelière Angela Merkel.

Le conseil allemand d’éthique est allé dans le même sens dans un avis rendu jeudi 4 février. « A l’heure actuelle, la levée des restrictions de libertés publiques à titre individuel est à proscrire, ne serait-ce que parce que la transmission du virus par les personnes vaccinées ne peut pas être exclue de manière suffisamment certaine », explique-t-il.

Les seules exceptions possibles, ajoute-t-il, sont celle des résidents d’EHPAD vaccinés, au motif qu’ils ont déjà subi beaucoup de privations, et celle des prestataires privés (compagnies aériennes, restaurants, salles de concert, etc.) en raison de la liberté de contrat, qui leur permet d’accueillir qui bon leur semble.

Toutefois, selon le Conseil d’éthique, lorsque la situation dans les hôpitaux le permettra, les restrictions devront être levées « pour tous ». Un débat qui ne fait sans doute que commencer.

A.L.

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