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L’Allemagne face au dilemme de la troisième vague

Quelles mesures face à la troisième vague de l'épidémie ?

Quelles mesures face à la troisième vague de l'épidémie ?   , © picture alliance/dpa/dpa-Zentralbild | Sebastian Kahnert

30.03.2021 - Article

Resserrer la vis ou poursuivre les assouplissements ? A l’heure où les contaminations restent à un niveau élevé, deux stratégies s’opposent en Allemagne.

Faut-il poursuivre les assouplissements engagés depuis début mars, ou revenir à des restrictions plus strictes pour endiguer la vague ? Le débat est vif, à l’heure où les contaminations repartent à la hausse.

L’Institut Robert Koch (RKI) de veille sanitaire comptabilise ce mardi 30 mars 9 549 nouvelles infections et 180 décès en 24 heures (sur 76 093 au total). L’Allemagne compte actuellement 207 000 cas de Covid-19. Le taux d’incidence atteint 135,2 sur sept jours pour 100 000 habitants. C’est un niveau très supérieur à la barre de 100. Or, au-delà de ce seuil, constaté trois jours de suite, les autorités doivent déclencher le dispositif de « frein d’urgence », élaboré par l’Etat fédéral et les länder. Elles doivent alors annuler les assouplissements et revenir à des restrictions strictes.

La situation est, cependant, très disparate d’une région à l’autre. D’autre part, les responsables perçoivent la fatigue et l’usure de la population vis-à-vis des restrictions. Le besoin d’ouvrir des perspectives s’exprime un peu partout. Est-il trop tôt pour prendre ce chemin ? Faut-il revenir aux restrictions alors que la campagne de vaccination s’accélère (plus de 13 millions de personnes ont reçu au moins la première dose) sans avoir trouvé le rythme de croisière souhaité ? Telle est la question.

La situation est grave, martèle Angela Merkel. Interviewée dimanche à la télévision, la chancelière a demandé aux länder de mettre scrupuleusement en œuvre le dispositif de « frein d’urgence » dès que le seuil fixé est dépassé. Plusieurs autorités locales et régionales s’y sont pliées, par exemple à Hambourg, en Bavière ou dans le Brandebourg. Certaines municipalités, à l’instar de Hanovre, ont aussi institué un couvre-feu de 22 heures à 5 heures du matin. Dans le cas contraire, a estimé la chancelière, l’Etat fédéral pourrait prendre des mesures législatives pour uniformiser la stratégie. L’objectif est de stopper net la troisième vague de l’épidémie.

« Frein d’urgence » et « projets pilotes »

La chancelière Angela Merkel appelle les länder à mettre en place rigoureusement 'le frein d'urgence' adopté il y a un mois en cas d'accélération de l'épidémie.
La chancelière Angela Merkel appelle les länder à mettre en place rigoureusement 'le frein d'urgence' adopté il y a un mois en cas d'accélération de l'épidémie.© picture alliance/dpa | Michael Kappeler

Mais d’autres länder parient plutôt sur la poursuite des assouplissements là où ils sont possibles. Ils mettent en œuvre un autre dispositif créé par les accords entre l’Etat fédéral et les länder : les « projets pilotes ». Ils visent, dans les zones où l’épidémie ralentit, à expérimenter prudemment un retour à la vie « normale » en prenant des mesures spécifiques, tels que tests systématiques à l’entrée des bâtiments.

La ville de Weimar mène ainsi en ce début de semaine un projet pilote de réouverture des commerces et des lieux de culture pour les habitants munis d’un test négatif. Selon les premières constats, la ville s’est animée mais sans provoquer de grands rassemblements, à l’exception des centres de dépistage. A l’échelle régionale, la Sarre avait été, la semaine dernière, le premier land à annoncer des mesures similaires. Cela incite les gens à se rassembler en plein air après avoir été testés, plutôt qu’à rester en lieu clos sans l’être, se défend son ministre-président, Tobias Hans.

Cette stratégie pourra-t-elle perdurer ? Ou les contaminations imposeront-elles de nouvelles restrictions ? A quelques jours du week-end de Pâques, le débat n’est pas tranché. La structure fédérale du pays ne simplifie toujours pas les choses, relèvent certains commentateurs. Deux ministres-présidents demandent, par ailleurs, à abandonner la visioconférence et à revenir au format en présentiel pour les réunions Etat-länder.

A.L.     

 

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