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Où en est l’unité allemande ?

Zwickau, ville ouest-saxonne. L’est de l’Allemagne reste en décalage par rapport à l’ouest sur le plan économique. Il y règne aussi davantage de scepticisme vis-à-vis de la politique

Zwickau, ville ouest-saxonne. L’est de l’Allemagne reste en décalage par rapport à l’ouest sur le plan économique. Il y règne aussi davantage de scepticisme vis-à-vis de la politique, © picture alliance/ZB/Wolfgang Thieme

09.07.2021 - Article

31 ans après la Réunification, l’est et l’ouest de l’Allemagne se ressemblent de plus en plus. Cela n’empêche pas des écarts et des différences de persister, notamment dans les mentalités. C’est ce que montre le rapport annuel du gouvernement sur l’état de l’unité Allemande.

Marco Wanderwitz, délégué du gouvernement fédéral aux länder de l’est, a présenté mercredi son rapport annuel sur la situation dans les régions de l’ex-RDA
Marco Wanderwitz, délégué du gouvernement fédéral aux länder de l’est, a présenté mercredi son rapport annuel sur la situation dans les régions de l’ex-RDA© picture alliance/dpa | Kay Nietfeld

« Ossis » ? « Wessis  » ? 31 ans après la Réunification allemande, on ne les distingue presque plus. Que ce soit dans les modes de vie, la vie familiale ou les loisirs, les différences entre les habitants de l’est et de l’ouest sont devenues imperceptibles. Sur le plan économique, il reste des écarts à combler, mais ils s’amenuisent d’année en année. C’est dans le domaine des mentalités et des attitudes politiques que des différences s’observent encore. Telles sont les conclusions du rapport annuel du gouvernement allemand sur l’état de l’unité allemande. Il a été présenté cette semaine par le délégué aux « nouveaux länder  », Marco Wanderwitz, et adopté en conseil des ministres.

Le rattrapage économique : lentement mais sûrement

Sur le plan économique, le rattrapage a été rapide jusqu’au début des années 2010. Depuis, les écarts continuent à se refermer lentement, mais sûrement. En 2020, le produit intérieur brut (PIB) des länder de l’ex-RDA atteignait 77,9 % du PIB des länder de l’Ouest (82,8 % en incluant Berlin). Dix ans plus tôt, il n’en représentait que 69,6 % (74,2 % avec Berlin). Les taux de chômage sont aujourd’hui comparables à l’est (7,6 %) et à l’ouest (5,6 %).

« La tendance est nette : les écarts est-ouest diminuent progressivement », indique le rapport. « Toutefois, la comparaison des chiffres pointe aussi un fossé persistant en termes de puissance économique ». Par conséquent, la rémunération horaire atteint 20 € en moyenne à l’est, contre 26 € à l’ouest. Et le revenu disponible des ménages de l’est ne représente que 86 % de celui des habitants de régions de l’ouest.

Les différences sont encore plus marquées en matière de patrimoine : l’avoir moyen (88.000 €) d’un Allemand de l’est ne représente que 48 % du patrimoine moyen de son voisin de l’ouest (182.000 €). La progression en 30 ans n’en est pas moins spectaculaire : le chiffre était de 29 % en 1993.

L’est n’est pas un bloc

Depuis plusieurs années, on observe, par ailleurs, des écarts croissants entre les régions de l’est elles-mêmes. De grands pôles économiques et technologiques ont émergé, comme Dresde, Leipzig, Iéna ou Berlin et le Brandebourg. Ils acquièrent une visibilité et un rayonnement croissants, y compris à l’international. L’année dernière, Berlin est, par exemple, devenu le premier land de l’est à générer un PIB égal à la moyenne allemande. Mais telle n’est pas la situation de la majorité des territoires de l’est. Ceux-ci demeurent pour la plupart ruraux, perdent des habitants et sont aux prises avec des structurelles.

Les pouvoirs publics en ont tiré des leçons. Premièrement, depuis 2020, ils ont modifié le critère d’attribution des subventions de l’Etat. Elles ne s’adressent plus spécifiquement aux « nouveaux länder  » en tant que tels, mais aux régions en difficultés structurelles, de l’est comme de l’ouest. En second lieu, ils ont décidé l’implantation de plusieurs administrations et centres de recherche dans les nouveaux länder, en contrepartie de la sortie du charbon.

Ecarts moins visibles

A côté de rattrapage matériel, toutefois, il reste aussi des différences moins visibles. Elles concernent les mentalités, les ressentis et la façon de se définir au sein de la société. Elles restent parfois marquées : 33 % des Allemands de l’est se perçoivent comme des « citoyens de seconde classe » contre 25 % des habitants de l’ouest.

Un domaine préoccupe ainsi particulièrement les responsables politiques. Il s’agit du « scepticisme » et de la « distanciation » profonds que nombre d’habitants de l’est nourrissent à l’égard de la politique et de la démocratie. Cela concerne certes une « minorité » des Allemands de l’est. Mais cette minorité est plus forte qu’à l’ouest, met en garde M. Wanderwitz.

A.L.

Plus d’informations :

Ministère fédéral de l'Economie et de l'Energie (en allemand)

Télécharger le rapport (en allemand)

 

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