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Pavés de mémoire en l’honneur des employés du ministère fédéral des Affaires étrangères persécutés par le régime nazi

Plus de 50 pavés de mémoire et un seuil d’achoppement ont été posés le 7 novembre par l’artiste Gunter Demnig à l’ancien siège du ministère fédéral des Affaires étrangères

Plus de 50 pavés de mémoire et un seuil d’achoppement ont été posés le 7 novembre par l’artiste Gunter Demnig à l’ancien siège du ministère fédéral des Affaires étrangères, © Felix Zahn/photothek.net

08.11.2021 - Article

Plus de 50 pavés de mémoire et un seuil d’achoppement ont été posés le 7 novembre par l’artiste Gunter Demnig à l’ancien siège du ministère fédéral des Affaires étrangères dans la Wilhelmstrasse à Berlin (1870-1945), à l’initiative d’un groupe d’employés de ce même ministère.

À quelles personnes ces pavés de mémoire (« Stolpersteine ») sont-ils dédiés ?

Plus de 50 pavés de mémoire et un seuil d’achoppement ont été posés le 7 novembre par l’artiste Gunter Demnig à l’ancien siège du ministère fédéral des Affaires étrangères
Plus de 50 pavés de mémoire et un seuil d’achoppement ont été posés le 7 novembre par l’artiste Gunter Demnig à l’ancien siège du ministère fédéral des Affaires étrangères© Felix Zahn/photothek.net

Ces petites plaques commémoratives sont posées en mémoire d’anciens employés du ministère fédéral des Affaires étrangères licenciés, persécutés ou assassinés par les nazis à partir de 1933. Le texte inscrit sur le seuil d’achoppement (« Stolperschwelle ») indique que des souffrances leur ont été infligées « en raison de leurs croyances, de leurs origines, de leurs ascendances, de leurs opinions politiques, de leurs orientations sexuelles ou de leurs idéologies ». Ce groupe, bien qu’il soit symbolique, n’est pas exhaustif et ne représente pas tous les employés du ministère fédéral des Affaires étrangères persécutés par le régime nazi. Voici leurs noms :

Albrecht Graf von Bernstorff, Georg von Broich-Oppert, Eduard Brücklmeier, Ernst Busch,
Dirk Forster, Adolf Freudenberg, Martin Freudenthal, Walter Fuchs, Erich Gerth,
Herbert Gollnow, Wilhelm Haas, Hans Bernd von Haeften, Bruno Hahn, Ulrich von Hassell, Carl Helfrich, Fritz Henkel, Richard Hertz, Siegfried Hey, Donald Freiherr von Hirsch, Carl von Holten, Rudolf Holzhausen,
Max Immelen, Henry P. Jordan, Heinrich Ritter von Kaufmann-Asser, Otto Kiep, Gerhard Köpke, Richard Kuenzer,
Friedrich Leyden, Ludwig Lindner, Hans Litter, Alfred Lütgens, Gerhart Lütkens,
Vollrath von Maltzan Freiherr zu Wartenberg und Penzlin, Ernst Wilhelm Meyer, Richard Meyer von Achenbach, Hermann Meyer-Rodehüser, Erich Michelsen, Bernd Mumm von Schwarzenstein, Herbert Mumm von Schwarzenstein,
Hans Riesser, Georg Rosen,
Ludwig Anton Graf von Saurma-Jeltsch, Rudolf von Scheliha, Moritz Schlesinger, Hans Schmerschneider, Ernst Schmidt, Friedrich-Werner Graf von der Schulenburg, Paul Schwarz, Werner Schwarz, Johannes Sievers, Ilse Stöbe,
Adam von Trott zu Solz, Robert Ulrich, Jona von Ustinow,
Fritz Weiss / Fritz Wyss
et Heinrich Wolff.

Ilse Stöbe est la seule femme de ce groupe. Il s’agit d’une résistante communiste ayant combattu le régime national-socialiste, exécutée en décembre 1942 à la prison de Plötzensee à Berlin.

Lors de l’installation des pavés de mémoire, le secrétaire d’État Miguel Berger a déclaré :

Lorsque nous nous penchons pour lire les inscriptions sur les plaques, c’est comme si nous nous inclinions devant ces personnes pour leur faire preuve du respect qui leur a été dérobé au cours de leur vie. Ces pierres d’achoppement sont à la fois symbole de mémoire, de commémoration et de mise en garde. Chaque personne est évoquée mais leur destin ne reste pas privé : il devient part de notre quotidien, de la mémoire collective, de la culture mémorielle, de la mise en garde à rester vigilent face aux évolutions, par exemple face à la hausse de l’antisémitisme et du racisme.

Comment ce projet est-il né ?

Le ministère fédéral des Affaires étrangères dans la Wilhelmstrasse à Berlin (image d’archive sans date)
Le ministère fédéral des Affaires étrangères dans la Wilhelmstrasse à Berlin (image d’archive sans date)© Ullstein Bild

En 2020, à l’occasion du 150e anniversaire du ministère fédéral des Affaires étrangères et 75 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, un groupe d’employés du ministère a commencé de manière bénévole à honorer la mémoire de celles et ceux qui faisaient à l’époque partie du ministère fédéral des Affaires étrangères et ont été persécutés par les nazis. Sur la base de la biographie du diplomate Friedrich Leyden, assassiné en janvier 1944 dans le camp de concentration nazi de Theresienstadt, ils ont recherché dans les archives du ministère fédéral des Affaires étrangères des cas similaires d’anciens collègues persécutés par les nazis et, dans la mesure du possible, ils ont pris contact avec leurs descendants. Les biographies de 56 employés persécutés par le régime nazi ont ainsi pu être reconstituées.

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Le ministère fédéral des Affaires étrangères s’engage aujourd’hui activement en faveur de la diversité. Deux groupes fondés par des initiatives privées d’employés du ministère jouent un rôle de premier plan pour faire du ministère fédéral des Affaires étrangères une administration moderne et ouverte en constante évolution : l’organisation « Diplomats of Color », qui a également participé à l’installation des pavés de mémoire, ainsi que l’association « Rainbow » au sein de laquelle se regroupent des membres de la communauté LGBTQI du ministère.

Le secrétaire d’État Miguel Berger a déclaré :

Les pierres d’achoppement doivent nous rappeler combien notre liberté est précieuse et combien il est précieux que nous nous réunissions, aussi différents que nous soyons. Et que, tout comme l’ont fait ces anciens employés auxquels nous rendons aujourd’hui hommage, nous nous engagions chaque jour pour protéger ce bien précieux.

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