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Crise sanitaire : l’Allemagne maintient le cap et la prudence

Ni durcissement, ni assouplissement des mesures contre la pandémie : c’est ce qui a été décidé lundi lors d’une rencontre entre les dirigeants de l’Etat fédéral et des Länder

Ni durcissement, ni assouplissement des mesures contre la pandémie : c’est ce qui a été décidé lundi lors d’une rencontre entre les dirigeants de l’Etat fédéral et des Länder. L’Allemagne connaît actuellement un nombre record d’infections au variant Omicron, © picture alliance/dpa/POOL AP | Hannibal Hanschke

25.01.2022 - Article

Le gouvernement et les ministres-présidents des 16 länder se sont réunis lundi par visioconférence pour faire le point sur la pandémie. Ni renforcement, ni allègement des mesures ne sont pour l’heure à l’ordre du jour. La prudence reste de mise.

Incitation à la vaccination, injection de la dose de rappel et réduction des contacts : le gouvernement allemand et les dirigeants des 16 länder ont décidé lundi lors d’une visioconférence de « maintenir le cap » de leur stratégie pour lutter contre la pandémie. Le chancelier fédéral, Olaf Scholz, a appelé ses concitoyens à la prudence, alors que le nombre de contaminations est en forte augmentation.

Hausse des contaminations liées au variant Omicron

Selon l’Institut de veille sanitaire, Robert Koch (RKI), en effet, l’Allemagne enregistrait au 25 janvier près de 127 000 nouvelles contaminations en 24 heures. Un chiffre en nette hausse : il était de 74 400 une semaine plus tôt. Le taux d’incidence sur sept jours a grimpé de 242,9 pour 100 000 habitants il y a un mois, à 553,2 il y a une semaine et à 894,3 au 25 janvier. Le nombre de décès est également en augmentation. Il est passé de 193 à 214 décès journaliers en une semaine. Les nouvelles infections ne se répartissent toutefois pas de manière égale sur le territoire. Berlin est la région la plus touchée, avec un taux d’incidence de 1593 cas en une semaine sur 100 000 habitants. Hambourg affiche également un taux supérieur à 1500.

Pour soulager les laboratoires, le gouvernement et les dirigeants des Länder ont décidé de réserver les tests PCR aux personnes vulnérables et aux soignants
Pour soulager les laboratoires, le gouvernement et les dirigeants des Länder ont décidé de réserver les tests PCR aux personnes vulnérables et aux soignants. Le reste de la population bénéficiera de tests antagéniques© picture alliance/KEYSTONE | MICHAEL BUHOLZER

La vague Omicron touche l’Allemagne « beaucoup plus tard que les pays voisins », a souligné M. Scholz. La « très stricte restriction des contacts » qui a été mise en place a contribué à la retarder. « Nous devons donc conserver la même prudence », a-t-il conclu.

Concrètement, cela signifie le maintien des mesures actuelles en matière de réduction des contacts et d’accès aux magasins, restaurants et manifestations culturelles et sportives. Mais le gouvernement et les länder entendent offrir des perspectives d’ouverture dès lors qu’il sera possible « d’exclure une surcharge du système de soins ».

Attendre que la menace sur le système de soins soit passée

« Nous ne pouvons rien promettre aujourd’hui parce que nous sommes dans une situation dans laquelle il nous est impossible d’évaluer si nous atteindrons le pic de contaminations dans une, deux ou trois semaines », a expliqué le ministre-président du Brandebourg, Dietmar Woidke, au sortir de la conférence.

Le Conseil d’experts mis en place par le gouvernement s’attend à ce que les taux d’incidence et d’hospitalisation continuent d’augmenter. Avec le variant Omicron, « on anticipe un taux d’hospitalisation moindre qu’avec le variant Delta, mais il faudrait une réduction de grande ampleur, par exemple d’un facteur dix, par rapport à l’hiver dernier pour compenser le nombre plus élevé de contaminations et éviter une saturation du système de soins », affirment les experts allemands.

Il faut espérer « que nous y arriverons sans renforcement des mesures », confirme le ministre allemand de la Santé, Karl Lauterbach. Lorsque la vague sera passée, « par exemple à la mi-février », ajoute-t-il, « alors, il sera temps de prévoir un assouplissement des mesures ».

Une nouvelle campagne pour la vaccination

Pour faire face à la vague Omicron, le gouvernement va, par ailleurs, intensifier la vaccination. Une nouvelle campagne va être lancée pour encourager les Allemands à se faire vacciner et à recevoir la dose de rappel. Le message « Impfen hilft. Impfungen schützen vor schweren Erkrankungen » (« Le vaccin aide. Il protège contre les formes graves ») sera relayé par voie d’affichage, ainsi que par des annonces dans la presse et sur les ondes radiophoniques.

Le gouvernement souhaite également aller vers la vaccination obligatoire. Des députés de la majorité ont élaboré un projet en ce sens. Un débat d’orientation aura lieu sur cette question ce mercredi au Bundestag.

Selon les autorités allemandes, 75,5 % de la population a reçu au moins une dose, 73,5 % deux doses et 50,8 % trois doses. L’Allemagne a beaucoup avancé en matière de vaccination, mais pas encore suffisamment, a souligné M. Scholz.

Enfin, le gouvernement et les ministres-présidents des länder ont annoncé des mesures pour faire face concrètement à la multiplication des contaminations. Ils entendent notamment réserver en priorité les tests PCR aux personnes vulnérables et aux personnels soignants. Le reste de la population pourra continuer à recourir aux tests antigéniques. L’objectif est de délester les laboratoires, qui peinent à suivre l’accélération du dépistage. Des mesures ont, par ailleurs, été annoncées concernant le traçage des contacts, les modalités des mesures d’isolement pour les personnels soignants et l’accélération de la numérisation dans le domaine de la santé.
A.L.

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