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Débat ouvert au Bundestag sur une obligation vaccinale contre le Covid-19

Le Bundestag a débattu mercredi de l'opportunité d’instaurer une obligation vaccinale contre le virus SARS-CoV2 en Allemagne

Le Bundestag a débattu mercredi de l'opportunité d’instaurer une obligation vaccinale contre le virus SARS-CoV2 en Allemagne, © picture alliance/dpa | Kay Nietfeld

28.01.2022 - Article

Convient-il instaurer une obligation vaccinale contre le SARS-Cov-2 pour toute la population, ou au moins pour une partie d’entre elle ? Les députés allemands ont échangé leurs arguments mercredi, lors d’un débat d’orientation au Bundestag.

Alors que l’Allemagne continue d’enregistrer des niveaux de contamination très élevés au Covid-19 (plus de 190 000 nouveaux cas ces dernières 24 heures), les députés du Bundestag ont, pour la première fois, débattu cette semaine de l’opportunité de rendre la vaccination obligatoire au-delà des professions du soin.

Il s’agissait d’un débat d’orientation. Aucune motion n’a encore été déposée à ce stade. Les parlementaires ont exposé leurs arguments librement, sans que s’impose une discipline de parti. Les ministres qui ont pris la parole l’ont fait en tant que députés. Les orateurs ont plaidé dans trois directions : pour une obligation vaccinale à partir de 18 ans, pour une obligation vaccinale à partir de 50 ans ou contre l’obligation vaccinale.

Vers une obligation pour tous ?

Le ministre allemand de la Santé, Karl Lauterbach, a défendu l’instauration d’une obligation vaccinale contre le virus SARS-CoV2, mercredi, lors d’un débat d’orientation au Bundestag
Le ministre allemand de la Santé, Karl Lauterbach, a défendu l’instauration d’une obligation vaccinale contre le virus SARS-CoV2, mercredi, lors d’un débat d’orientation au Bundestag© picture alliance/dpa | Kay Nietfeld

Le ministre allemand de la Santé, Karl Lauterbach, a développé ses arguments en faveur de la première solution. « La seule voie est une obligation vaccinale grâce à laquelle nous nous protégerons les uns, les autres », a-t-il plaidé. « Nous retrouverons la liberté grâce à la vaccination. » Et « nous n’avancerons pas si nous reculons le problème ». « Nous devons agir », au nom des plus vulnérables et de ceux qui portent le fardeau le plus lourd dans cette pandémie. Or, il faut entre cinq et six mois pour mettre en œuvre une obligation vaccinale, a ajouté M. Lauterbach. Il importe de prendre une décision dès le printemps pour être préparés d’ici à l’automne, dans la perspective de l’apparition de nouveaux variants.

La vice-présidente du groupe parlementaire social-démocrate (SPD), Dagmar Schmidt, a abondé dans son sens. Il existe dans la société des inquiétudes et des peurs qu’il faut prendre au sérieux, a-t-elle souligné. « L’obligation vaccinale est un moyen plus doux que la mise en danger de la santé des personnes par l’infection et que d’autres restrictions qui touchent notamment les enfants et les adolescents », a-t-elle expliqué. « Nous avons besoin d’un taux de vaccination très élevé pour sortir de la pandémie ».

« Nous avons la responsabilité de résorber les trous dans la couverture vaccinale », a renchéri la députée des Verts, Kirsten Kappert-Gonther. Pouvoir se faire vacciner, a-t-elle ajouté, est « un privilège ». Et c’est aussi « un devoir ». La députée écologiste a rejeté l’option d’une obligation réservée au plus de 50 ans. « Il existe aussi des formes graves chez les jeunes », ainsi que des Covid longs, a-t-elle dit. Par ailleurs, une règle claire fixée par l’Etat ne contribuera pas à diviser la société, a-t-elle plaidé. Au contraire, elle est susceptible « de contribuer à un apaisement ».

Ou pour les plus de 50 ans ?

Dans l’opposition, le député chrétien-démocrate (CDU) Tino Sorge a estimé que « le vaccin (était) la voie de sortie de la pandémie », et qu’une obligation vaccinale était par conséquent sensé. Toutefois, il a souhaité que le travail parlementaire permette d’aboutir à un compromis sur une solution « différenciée ».

Le libéral (FDP) Marco Buschmann, ministre de la Justice, est allé dans le même sens. Tout en reconnaissant n’avoir pas encore de position définitive sur le sujet en débat, il a proposé de restreindre l’obligation vaccinale aux personnes de plus de 50 ans. « Partout, on discute de ce sujet avec beaucoup de passion », a-t-il fait remarquer. Il convient donc de s’interroger pour savoir s’il n’existe pas un moyen plus modéré que l’obligation pour tous les adultes. Par ailleurs, la Loi fondamentale impose de motiver une obligation vaccinale, a rappelé le juriste. En appeler « à la protection de la santé de l’individu » ne serait pas suffisant, selon lui : il doit s’agir de protéger le système de santé et d’éviter la saturation des hôpitaux.

Le libéral Wolfgang Kubicki, vice-président du Bundestag, a, de son côté, vivement plaidé pour le vaccin, mais contre une obligation. Recevoir les trois doses de vaccin a constitué pour lui « personnellement un énorme sentiment de libération », a-t-il affirmé. Mais, il existe aussi des raisons psychologiques ou religieuses de refuser le vaccin pour soi-même dont il faut tenir compte, a-t-il fait valoir. M. Kubicki a appelé à ne pas assimiler toutes les personnes non-vaccinées à des militants anti-vaccins ou d’extrême droite.

Sur les bancs de l’extrême gauche, le député Die Linke Gregor Gysi s’est également prononcé contre l’obligation vaccinale. Il a mis en avant un risque de division de la société. A l’extrême droite, le parti populiste a réaffirmé son opposition à toute obligation vaccinale.
La prochaine étape sera l’élaboration de différentes motions par des regroupements de parlementaires. Elle aura lieu d’ici à la mi-février. La décision finale est attendue d’ici à la fin mars.
A.L.

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