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Une option dès aujourd’hui : le travail à distance de partout dans le monde

Une option dès aujourd’hui : le travail à distance de partout dans le monde, © Hagen Ulbrich

11.04.2022 - Article

La pandémie a fortement accéléré l’évolution des pratiques de travail.  Où cela mènera-t-il ? À quoi ressemblera le monde du travail de demain ?

La quatrième révolution industrielle est en cours. La mise en réseau et la numérisation transforment plus que jamais le monde du travail. Des métiers disparaissent, d’autres voient le jour. Les entreprises rationnalisent leurs structures pour faire face à la compétition mondiale. Les actifs eux-mêmes se demandent de plus en plus comment ils souhaitent travailler et quelle est l’importance du travail dans leur vie. La pandémie a été le moteur de cette évolution et ce qui était auparavant réservé à une élite est presque devenu la norme aujourd’hui. Le télétravail, le travail à distance, le partage du travail, le travail collaboratif sont les nouveaux termes clés du monde du travail. Sans oublier le sens profond du travail. L’Institut Fraunhofer de l’économie du travail et de l’entreprise (IAO) parle « d’une expérience à grande échelle de la numérisation et de la coopération au travail en Allemagne ».

Une influence sur la mobilité et l’urbanisation

La tendance qui monte : des postes de travail collaboratif à Francfort
La tendance qui monte : des postes de travail collaboratif à Francfort© Jonas Ratermann

Cette évolution a aussi une influence sur d’autres grandes tendances comme l’urbanisation et la mobilité. Stefan Rief, responsable du département Développement de l’entreprise et organisation du travail à l’Institut Fraunhofer IAO, prédit qu’un « nombre croissant de salariés resteront loin de leur entreprise pendant des phases assez longues. Se rendre au bureau deviendra une décision consciente. Vivre et travailler à la campagne pourrait devenir une solution attrayante pour nombre d’entre eux. » Mais pas pour tous, fait remarquer Katharina Rath, membre de la direction des ressources humaines au sein de l’entreprise de logistique DB Schenker. « Un tiers de nos collaborateurs travaillent dans des terminaux et des entrepôts. Le télétravail n’est pas une option pour eux. » Dans ce cas, il faut repenser la flexibilité – sous forme par exemple de travail en équipe avec peu de hiérarchie et une forte dose d’autodétermination. Il n’y a pas une seule réponse à la mutation du travail mais tout un éventail de solutions que nous devons harmoniser et mettre en place.

Outre le « où » et le « quand », le mode de coopération entre collègues évolue lui aussi. Pour un nombre croissant d’actifs, la participation, l’autonomie et le sens sont devenus des questions cruciales. « C’est de plus en plus marqué ces dernières années », constate la professeure Jutta Rump, de l’Institut pour l’emploi et l’employabilité (IBE). Et pas seulement dans les start-ups berlinoises : les P.M.E. éloignées des grandes métropoles ont, elles aussi, intégré ces nouvelles valeurs. « Tous nos leaders mondiaux de taille moyenne établis en province réussissent précisément parce qu’ils parviennent à créer un esprit d’équipe qui fait ciment entre leurs employés. Un esprit qui les incite à penser : c’est mon entreprise et nous sommes parmi les plus innovants au monde. »

Un défi pour les entreprises

Autre nouvelle tendance : associer vie privée et vie professionnelle
Autre nouvelle tendance : associer vie privée et vie professionnelle© CoWorkLand eG

Cela est particulièrement pertinent en l’Allemagne, dont les P.M.E performantes sont le plus important moteur de l’innovation et des avancées technologiques. Plus de 99 % des entreprises allemandes sont en effet des P.M.E. Elles contribuent à 61 % à la création nette de valeur, proposent 55 % des emplois et forment 80 % des apprentis. Mais nombre d’entre elles ne trouvent pas suffisamment de main d’œuvre qualifiée. D’une part, les exigences professionnelles augmentent et d’autre part, le nombre d’actifs ne cesse de diminuer en raison de l’évolution démographique. Les métiers de l’artisanat, de l’industrie métallurgique et électrique ainsi que les métiers techniques des sciences de la nature sont particulièrement concernés.

Le gouvernement fédéral l’a compris et lutte contre cette tendance par le biais d’une stratégie pour garantir la main d’œuvre. Ainsi, les femmes et les seniors sont plus fortement intégrés au marché de l’emploi. Avec une loi adoptée en 2020, l’immigration de main d’œuvre étrangère est encouragée et facilitée. Les entreprises sont en outre incitées à profiter des avantages d’un personnel diversifié : les salariés d’âge, de sexe et d’origine différents ainsi que les personnes en situation de handicap apportent une valeur ajoutée en matière de savoirs et de points de vue, ce qui bénéficie aux entreprises.

Mais exercer demain tel métier dans tel environnement dépendra évidemment de l’évolution technologique. « Au fond, il s’agit de savoir comment l’homme et la machine travailleront ensemble demain », explique Ana Dujić, cheffe de département chez Denkfabrik, un groupe de réflexion du ministère du Travail et des Affaires sociales (BMAS). « Dans chaque secteur, il faut réfléchir aux aspects d’un métier qui peuvent être remplacés par des machines et quelles capacités humaines sont irremplaçables. »

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