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Un lieu d’accueil pour les femmes et les enfants ukrainiens

Le lieu d’accueil Milena à Francfort

Le lieu d’accueil Milena à Francfort, © Mädchenbüro Milena

12.04.2022 - Article

Au centre Milena à Francfort, les Ukrainiennes peuvent apprendre l’allemand pendant que leurs enfants sont pris en charge.

Le lieu d’accueil Milena a pour devise « prendre le temps d’arriver ». Chaque jour, de nouvelles Ukrainiennes poussent la porte de ses locaux ensoleillés à Francfort afin d’y suivre des cours d’allemand gratuits ou pour faire garder leurs enfants. Selon Maneersorn Koldehofe, qui a fondé Milena en 2014, elles sont actuellement plus de 40. Habituellement, ces locaux accueillent essentiellement des projets destinés à aider des femmes et filles issues de l’immigration. La guerre en Ukraine crée des défis supplémentaires pour l’équipe de Milena : en un temps record, elle a dû faire appel à des bénévoles pour donner des cours d’allemand et prendre en charge des enfants. Elle soutient également les réfugiées dans leurs démarches auprès des autorités.   

Aider à s’orienter

Beaucoup d’Ukrainiennes ont fui avec leurs enfants et doivent s’en occuper seules, ce qui leur laisse peu de temps pour des cours de langue. Milena entend y remédier. Natalia est l’une des quelque 15 participantes aux cours proposés. Elle vient de Kiev et habite avec sa jeune sœur chez des amis à Francfort.  « Ma mère est restée là-bas car elle ne voulait pas abandonner mon père », explique la jeune femme de 24 ans. À ses yeux, il est important d’apprendre la langue pour pouvoir se débrouiller. Mais pour Maneesorn Koldehofe, ce qu’apporte Milena va au-delà : « Personne ne sait combien de temps la guerre va durer. Nous ne pouvons pas faire de plans à long terme ». Ainsi, à Milena, les femmes peuvent au moins échanger et nouer des contacts dans leur nouvel environnement étranger.

Aider à retrouver une certaine normalité

Au cours de langue de Claudia, tous les objets portent une étiquette sur laquelle figure leur dénomination : « la plante », « fenêtre ouverte/fermée », « lumière allumée/éteinte ». On rit beaucoup pendant les séances. Les femmes qui maîtrisent l’anglais traduisent les phrases en ukrainien pour les autres. L’improvisation règne mais l’enjeu n’est pas d’avoir de bonnes notes en allemand. Après seulement deux semaines, Natalia est déjà capable de dire quelques phrases sans aucune faute de grammaire. Pendant que les femmes apprennent, les enfants sont pris en charge. Certains sont traumatisés, une grande sensibilité est donc requise. Leur sont surtout proposés des jeux calmes tels que des mandalas afin de les distraire un peu.   

Prendre le temps d’arriver

Les collaboratrices de Milena voient des familles à bout de force après six jours de fuite. Elles aident des mères à remplir des formulaires où sont demandés des renseignements sur les pères. Or, ces derniers sont parfois décédés. « Nous voyons bien les réactions des enfants. Tout cela nous touche forcément » explique Maneesorn Koldehofe en parlant de son quotidien. Mais l’équipe se garde de montrer une trop vive émotion comme de poser trop de questions. Milena souhaite avant tout offrir aux personnes en quête de protection un espace où elles se sentent accueillies. Parfois, une simple présence suffit.

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