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Attentat des Jeux olympiques de 1972 - L’Allemagne demande pardon

Nombreux sont ceux qui participent le 06. 09. 2017 à Munich (Bavière) à l’inauguration d’un monument aux victimes de la prise d’otages lors des Jeux Olympiques de 1972 à Munich

Nombreux sont ceux qui participent le 06. 09. 2017 à Munich (Bavière) à l’inauguration d’un monument aux victimes de la prise d’otages lors des Jeux Olympiques de 1972 à Munich, © picture alliance / Sven Hoppe/dpa | Sven Hoppe

07.09.2022 - Article

La cérémonie de commémoration du 50e anniversaire de l’attentat des Jeux olympiques s’est tenue lundi sur la base militaire de Fürstenfeldbruck. La ministre de l’Intérieur Nancy Faeser et le président Frank-Walter Steinmeier ont présenté les excuses de l’Allemagne pour la défaillance des autorités.

Lors de la cérémonie de commémoration du 50e anniversaire de l’attentat perpétré contre l’équipe olympique israélienne qui se tenait lundi sur la base militaire de Fürstenfeldbruck, la ministre fédérale de l’Intérieur Nancy Faeser a présenté ses excuses pour les nombreux manquements de l’Allemagne : « Cet attentat a laissé des traces indélébiles. Des questions lancinantes sont trop longtemps restées sans réponse. Explications, travail de mémoire, transparence, reconnaissance de la responsabilité, tout cela a trop longtemps fait défaut. En tant que gouvernement fédéral, nous en avons aujourd’hui pleinement conscience et avons donc agi. » Il est effectivement honteux que ce travail de mémoire soit aussi tardif. D’où l’importance de mettre en place une commission germano-israélienne indépendante constituée d’historiens, a expliqué Mme Faeser. Le regard de la ministre de l’Intérieur s’est néanmoins porté vers l’avenir : « Nous pouvons essayer de prendre un nouveau départ : vous nous tendez la main, et nous pouvons la saisir. »

Demande de pardon

Le président fédéral Frank-Walter Steinmeier (à droite) et le président israélien Reuven Rivlin (à gauche) à Munich (Bavière) le 06. 09. 2017
Le président fédéral Frank-Walter Steinmeier (à droite) et le président israélien Reuven Rivlin (à gauche) à Munich (Bavière) le 06. 09. 2017 à l’occasion de l’inauguration d’un monument aux victimes de la prise d’otages lors des Jeux Olympiques de 1972 à Munich© picture alliance / Sven Hoppe/dpa | Sven Hoppe

Le président fédéral Frank-Walter Steinmeier s’est lui aussi exprimé sans détour : « Nous ne pouvons pas réparer ce qui s’est passé, pas plus que nous ne pouvons effacer le déni, l’ignorance et l’injustice que vous avez vécus et subis. J’en éprouve de la honte. En tant que chef d’État de ce pays et au nom de la République fédérale d’Allemagne, je vous demande pardon pour la protection insuffisante accordée aux athlètes israéliens lors des Jeux olympiques de Munich et pour le manque d’explications qui s’en est suivi ; pour avoir laissé se produire ce qui est arrivé. »

Le soulagement après l’accord

Le chancelier fédéral Olaf Scholz s’est dit heureux et soulagé qu’un accord ait pu être trouvé avec les proches des victimes, assurant ainsi la participation des familles à cette commémoration. Pour le président israélien Isaac Herzog, cet accord constitue « une étape importante, légitime et morale ». S’adressant aux personnes présentes, il a déclaré : « Gardons à jamais dans nos cœurs le souvenir des victimes de ce terrible attentat. » Au cours de cette cérémonie de commémoration, Isaac Herzog a expressément remercié le président Frank-Walter Steinmeier pour les efforts considérables qu’il a déployés ainsi que pour la sincérité de son pardon « qui nous va droit au cœur ».

Un travail de mémoire de grande envergure

Cinquante ans après l’attentat, le gouvernement fédéral crée les conditions nécessaires à l’examen et à une reconnaissance appropriée d’un chapitre très douloureux de l’histoire germano-israélienne. À cette fin, il a élaboré avec les familles des proches survivants un concept à trois volets.

Pour ce faire, le gouvernement fédéral crée une commission germano-israélienne indépendante composée d’historiennes et d’historiens. Gage de transparence, cette commission veillera à faire la lumière sur des faits non élucidés jusqu’ici. Concrètement, après avoir consulté et examiné toutes les sources disponibles, cette commission procèdera à une nouvelle évaluation scientifique des événements et demandera éventuellement que des recherches plus approfondies soient menées.

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