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Quelle agriculture demain ?

« Se nourrir est un acte politique », proclame le slogan de la Semaine verte internationale. La plus grande ferme d’Allemagne ouvre ses portes ce vendredi à Berlin. Elle est plus que jamais la caisse de résonnance des débats de société.

« Se nourrir est un acte politique », proclame le slogan de la Semaine verte internationale. La plus grande ferme d’Allemagne ouvre ses portes ce vendredi à Berlin. Elle est plus que jamais la caisse de résonnance des débats de société., © dpa

17.01.2020 - Article

Aucun sujet ne divise la société comme le débat sur l’avenir de notre alimentation. La 85e Semaine verte internationale, qui ouvre ses portes ce vendredi à Berlin, s’en fait plus que jamais la caisse de résonnance.

Végétarien ou vegan contre viandard, bio contre conventionnel, élevage intensif contre élevage en plein air, sans compter les débats autour de l’usage des pesticides : en Allemagne comme en France, les débats autour de l’alimentation sont plus vifs que jamais. La Semaine verte internationale de Berlin, le grand salon allemand de l’agriculture, s’en fait l’écho. Sa 85e édition ouvre ses portes aujourd’hui pour une dizaine de jours.

« La Semaine verte est placée sous le signe des débats sur le climat comme jamais auparavant », constate Christian Göke, directeur de la Foire de Berlin. « Elle reflète le besoin de la société d’aller vers un développement plus durable, de préserver les ressources et de privilégier des méthodes de production respectueuses de l’environnement ». Dix jours de conférences et de débats doivent permettre de montrer « les solutions et les réponses que le secteur de l’agro-alimentaire apporte à ces grands défis ».

 

Pour ou contre un « tournant agricole » ? Beaucoup ont un avis tranché. Signe de cette effervescence, plusieurs manifestations sont prévues à Berlin et partout en Allemagne. Des défenseurs de l’environnement et des opposants à l’agriculture conventionnelle défileront demain dans les rues pour dire « Nous en avons marre ». Ils veulent dire stop à l’agriculture industrielle, à l’élevage intensif, aux pesticides et à la pollution des sols.

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Défilé de tracteurs, ce vendredi, aux abords de Dresde (Saxe). À l’occasion de la Semaine verte internationale, qui se tient à Berlin du 17 au 26 janvier, une partie des agriculteurs allemands manifeste contre les restrictions à l’usage des pesticides et pour des prix équitables.© Défilé de tracteurs, ce vendredi, aux abords de Dresde (Saxe).

Les agriculteurs leur répondent en manifestant par milliers dès cette semaine au volant de leurs tracteurs. Ils veulent réaffirmer que « l’agriculture crée du lien ». Leur ambition est de s’opposer à des décisions concrètes, comme le durcissement des règles sur l’usage des engrais et des pesticides. Ils manifestent également leur inquiétude quant à l’avenir incertain de la politique agricole commune (PAC) dont les subventions constituent une bonne part de leurs revenus. Et ils réclament des prix équitables pour pouvoir vivre de leurs exploitations.

Mais ils expriment aussi un sentiment de malaise plus diffus. De plus en plus souvent pointés du doigt, ils se sentent mal aimés à l’heure du changement climatique, de l’épuisement des ressources et de la pollution de l’environnement. Ils entendent défendre leur travail, leur rôle au sein de la société et la valeur de leurs produits.

« Nos familles de paysans nourrissent la société avec beaucoup d’engagement », souligne ainsi Joachim Rukwied. Mais selon le président de la Confédération des paysans allemands (DBV), « cultiver la terre devient de plus en plus difficile. Interdictions, contraintes administratives et incertitudes politiques constituent des freins aux investissements nécessaires à court terme, y compris pour protéger le climat ».

Se nourrir, « un acte politique »

Selon lui, la balle est peut-être dans le camp des consommateurs. « L’un des grands défis des années à venir sera de résoudre la contraction entre la demande sociale d’écologie et de bien-être animal, d’une part, et le manque de volonté des consommateurs de débourser davantage pour cela, de l’autre », souligne-t-il.

La Semaine verte accueille un nombre record de 1800 exposants de 72 pays. Elle attend 400.000 visiteurs privés et professionnels jusqu’au 26 janvier. Suffira-t-elle à arbitrer ces débats ? Le directeur de la Foire de Berlin, Christian Göke, l’assure : il veut offrir « une tribune équitable à chacun ». « Se nourrir est un acte politique », rappelle, par ailleurs, de son côté, le slogan de cette 85e édition.

A.L.

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