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Des propositions chocs pour sortir de la « crise du plastique »

Plus de 400 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde, dont cinq à treize millions finissent dans les océans

Plus de 400 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde, dont cinq à treize millions finissent dans les océans, © picture alliance

05.02.2020 - Article

Un collectif d’associations allemandes a présenté ce mercredi à Berlin quinze propositions pour réduire drastiquement la place du plastique dans nos sociétés.

Plus de 400 millions de tonnes de plastique produites chaque année dans le monde. 35 millions de tonnes qui finissent dans la nature, dont cinq à treize millions dans les océans. Et une production qui devrait dépasser la barre des 600 millions de tonnes d’ici à 2025. Que faire pour endiguer cette montagne de plastique qui menace d’ensevelir la Terre et les océans ? À Berlin, onze grandes associations de défense de l’environnement se sont associées pour formuler des propositions ambitieuses afin de « sortir de la crise du plastique ». Elles les ont présentées ce mercredi au gouvernement.

Une campagne de Greenpeace à Berlin contre les gobelets à usage unique, en 2019
Une campagne de Greenpeace à Berlin contre les gobelets à usage unique, en 2019© dpa

La priorité, estiment Greenpeace, la Fédération allemande pour l’Environnement et la Nature (BUND), la Fondation allemande de la mer, la Deutsche Umwelthilfe, la Fondation Heinrich-Böll et leurs six associés, est d’éviter de produire encore plus de plastique. Il faut pour cela  commencer par réduire la consommation en bannissant les plastiques à usage unique et en généralisant leurs substituts réutilisables.

Une priorité : réduire la quantité

Les onze associations proposent d’imposer une taxe d’au moins 20 centimes d’euro sur les produits en plastique les plus polluants (sacs, bouteilles, gobelets jetables), voire d’interdire les bouteilles et briques de boissons en plastique. Elles suggèrent une date butoir pour mettre en œuvre la substitution des plastiques à usage unique par leurs alternatives réutilisables. Elles évoquent la création d’avantages fiscaux pour favoriser ces dernières. Elles sont aussi favorables à la mise en place de quotas de réutilisables en matière d’emballages lors de la vente, du transport et de la livraison.

Il faut mettre fin au gaspillage et à l’habitude de jeter sans faire attention, plaide Barbara Unmüßig de la Fondation Heinrich Böll. Les associations veulent inciter les Allemands, grands consommateurs d’emballages (ils en utilisent 20% de plus que la moyenne européenne), à changer de mentalité et de cap. Elles proposent un objectif : réduire les déchets plastiques de 227 kg par personne et par an à 90 kg maximum par personne à l’horizon 2030. « L’avenir, c’est l’absence d’emballage », souligne le directeur de Greenpeace Allemagne, Martin Kaiser.

Dommages connus, dommages méconnus

Et « éviter le plastique, c’est aussi protéger le climat », renchérit Jürgen Resch de la Deutsche Umwelthilfe.  « Le problème des plastiques et microplastiques qui finissent dans les fleuves et les océans est connu. Mais on sait moins que les microplastiques polluent aussi l’air et les sols », souligne le document commun.

De fait, ces plastiques de toute petite taille sont partout. Ils sont disséminés dans l’atmosphère par l’usure des pneus sur les chaussées, les terrains de sports en gazon artificiel ou les textiles. Les boues d’épuration en épandent chaque année 9.700 tonnes dans les sols. Ils constituent un fléau qui est nocif pour la santé. On les respire. On les retrouve dans le sang.

Les associations proposent, pour y remédier, d’interdire les applications à base de microplastiques et de limiter le poids et la vitesse des voitures. Voire d’interdire les SUV, ces véhicules lourds qui contribuent beaucoup à la dissémination des microplastiques. Elles  appellent, en outre, à imposer la règle du « pollueur payeur » pour ce qui est des dommages du plastique sur l’environnement et la santé.

Mais il y a une condition pour que ces mesures produisent leurs effets, soulignent les associations : chaque pays doit garder ses déchets plastiques au lieu de les exporter en Europe de l’Est et en Asie. Parmi les quinze propositions figure donc aussi la recherche d’un accord international pour endiguer le flot de plastique qui se déverse sur la planète.

A.L.


Plus d’informations :

« Sortir de la crise du plastique » : les 15 propositions des associations allemandes de défense de l’environnement (en allemand)

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