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La coopération internationale au service des eaux du Rhin

La santé des eaux du Rhin s‘est nettement améliorée ces dernières années grâce à une coopération inter-etatique vieille de 70 ans entre pays riverains

La santé des eaux du Rhin s‘est nettement améliorée ces dernières années grâce à une coopération inter-etatique vieille de 70 ans entre pays riverains, © picture alliance

18.02.2020 - Article

La Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR) a adopté la semaine dernière un nouveau programme pour améliorer la qualité des eaux du fleuve à l'heure du réchauffement climatique.

C'est une coopération qui dure depuis 70 ans et qui sert aujourd'hui de modèle : depuis 1950, les Etats riverains du Rhin gèrent le fleuve en commun. La Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR) réunit aujourd'hui neuf partenaires : l'Allemagne, la France, la Suisse, les Pays-Bas, le Luxembourg, l'Autriche, le Lichtenstein, l'Italie et la région belge de Wallonie. Son objectif, à l'heure du changement climatique, est plus que jamais de promouvoir une exploitation durable du fleuve.

Face au changement climatique

Les membres de la CIPR ont ainsi adopté jeudi dernier, à Amsterdam, un nouveau programme pour renforcer la protection des eaux du Rhin et de son écosystème. Baptisé « Rhin 2040 », il prévoit de lever au moins 300 nouveaux obstacles à la migration pour permettre aux poissons de migrer de la Mer du Nord aux Alpes et de recoloniser leurs habitats. Il prévoit également de réduire d'au moins 30 % en vingt ans les apports de micropolluants (médicaments, agents de contraste radiographiques, produits phytosanitaire) dans le Rhin et ses affluents. Il vise, enfin, à redynamiser le milieu alluvial (restauration de 200 km2 de zones alluviales, reconnection au fleuve de 100 anciens bras et renaturalisation de berges) et à réduire encore les risques d'inondations de 15 %.

L'ambiton principale de ces mesures est d'améliorer la résilience du fleuve aux conséquences du réchauffement climatique. Elles ne sont, en effet, plus à prouver : modifications accrues des niveaux du fleuve, étiages très bas réduisant la production des centrales hydrauliques et la navigation, moindre oxygénation des eaux avec des conséquences sur l'écosystème, etc. « La sécheresse de l'année 2018 a constitué un avertissement très clair de ce qui nous attend peut-être au cours des prochaines années », a souligné la ministre allemande de l'Environnement, Svenja Schulze. « Et nous ne pouvons relever ces défis qu'ensemble ».

Une coopération qui porte ses fruits

Signe du succès de ses mesures : alors qu'il avait disparu des eaux du Rhin, le saumon est de retour
Signe du succès de ses mesures : alors qu'il avait disparu des eaux du Rhin, le saumon est de retour© dpa

De fait, la coopération internationale pour la protection du Rhin a largement fait ses preuves. Le programme « Rhin 2040 » prendra la succession du programme « Rhin 2020 » dont le bilan est très positif. Lancé en 2001, il a permis de réduire de 25 % le risque d'inondations, d'améliorer la qualité des eaux (quelque 30 millions de personnes boivent de l'eau potable issue du Rhin) et de restaurer la biodiversité (140 km2 de zones alluviales ont été restaurées, 160 anciens bras reconnectés au Rhin et de nombreux habitats reconstitués).

Enfin, de nombreux efforts ont été faits pour favoriser le retour des poissons migrateurs. 600 obstacles à la migration (barrages, écluses) ont été levés, et des zones de frayage reconstituées. Signe du succès de ses mesures : alors qu'il avait disparu des eaux du Rhin, le saumon est de retour de même que l'alore. On compte déjà plusieurs centaines de saumons de 63 espèces remontant le Rhin chaque année.

A.L.

Plus d'informations :

Office de presse et d'information du gouvernement allemand (en allemand)

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