Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Un bassin minier de lignite porteur d’espoir

Un lac renaturalisé dans une ancienne mine à ciel ouvert

Un lac renaturalisé dans une ancienne mine à ciel ouvert, © picture alliance / blickwinkel/F. Sommariva

21.09.2020 - Article

Un centre de recherche veut transformer le bassin minier rhénan en un véritable laboratoire de gestion durable.

Jülich est une petite ville de Rhénanie du Nord/Westphalie, dans le nord-ouest de l’Allemagne. Elle se trouve au centre de ce que l’on appelle le bassin rhénan, une région qui a été marquée pendant des décennies par l’extraction du lignite à ciel ouvert. Cette forme d’énergie représente à peu près tout ce dont on ne veut plus dans une économie basée sur des circuits courts et axée sur le développement durable : de fortes émissions de CO2, la surexploitation de ressources non renouvelables, la destruction massive de paysages et de biosystèmes. Jülich, précisément, doit maintenant  jouer un rôle décisif dans la conception d’une « bioéconomie », c’est-à-dire une approche de l’économie soucieuse du respect de l’environnement.  La bioéconomie est d’ailleurs le thème de l’année scientifique 2020 en Allemagne. Début 2020, le gouvernement fédéral a en outre fixé les grandes orientations et les objectifs de sa politique dans ce domaine avec l’adoption d’une « stratégie nationale de bioéconomie ».

Des laboratoires d’innovation pour la bioéconomie

« De la lignite à la bioéconomie » – tel est le nom de l’initiative du centre de recherche de Jülich à laquelle participent également l’université RWTH Aachen, l’université de sciences appliquées d’Aix-la-Chapelle ainsi que la Fraunhofer-Gesellschaft. Elle a pour but de transformer l’ancien bassin de lignite en une région modèle pour une activité économique durable et efficace dans l’utilisation des ressources. Une quinzaine de laboratoires d’innovation à la croisée des sciences, de l’économie et de l’agriculture doivent permettre le transfert rapide de nouveaux procédés de la recherche à l’industrie.  

Pour le chef de projet, le professeur Ulrich Schurr, directeur de l’Institut des sciences végétales au centre de recherche de Jülich, il ne s’agit que d’une étape logique visant à aborder aussi efficacement que possible les défis que représente le changement structurel. « Avec les laboratoires d’innovation, nous appliquons aussi des mesures efficaces sur le terrain et créons ainsi de bonnes conditions pour le maintien et la création d’emplois durables ainsi qu’une véritable valeur ajoutée. »     

Des minirobots identifient des plantes

Jülich offre aussi, pour d’autres raisons, les conditions idéales à l’application de la stratégie de bioéconomie du gouvernement fédéral : « Nous avons ici une agriculture forte qui coopère étroitement avec l’industrie ; la transformation des betteraves sucrières en est un exemple. De nombreuses petites et moyennes entreprises sont déjà engagées dans une activité économique basée sur les biotechnologies et, dans la région, nous avons un marché pour leurs produits », explique Ulrich Schurr. L’industrie chimique, très présente dans la région et désireuse d’utiliser ou de traiter des substances biogènes, joue un rôle central également, sans oublier l’engagement d’une société soucieuse d’opérer une mutation en profondeur.

Dans l’hebdomadaire « Die Zeit », Ulrich Schurr décrit ainsi  la participation potentielle que la région pourrait apporter à la recherche en bioéconomie : sur les sols dégradés des mines à ciel ouvert, on testerait à l’avenir des variétés de plantes robustes afin de faire face à la pénurie de terres et au réchauffement climatique. De minirobots agricoles permettraient la pratique de cultures intercalaires écologiques car leurs capteurs peuvent identifier les plantes et récolter de manière ciblée. Enfin, des bioraffineries spéciales adapteraient les matières premières aux besoins des entreprises pharmaceutiques, alimentaires ou chimiques régionales.   

© www.deutschland.de

Retour en haut de page