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Déchets nucléaires : l’Allemagne avance sur la question du stockage

Un premier recensement des zones pouvant accueillir les déchets nucléaires allemands vient d’être effectué

Un premier recensement des zones pouvant accueillir les déchets nucléaires allemands vient d’être effectué, © blickwinkel

29.09.2020 - Article

Épineuse question que celle du stockage définitif des déchets nucléaires ! En Allemagne, le sujet a longtemps hérissé l’opinion. Mais depuis quelques années, les autorités ont mis en place une stratégie visant à réunir un consensus. Un nouveau jalon vient d’être posé.

Où l’Allemagne stockera-t-elle ses déchets nucléaires les plus radioactifs pour le million d’années à venir ? À deux ans de la fermeture de la dernière centrale atomique allemande, prévue fin 2022, une étape vient d’être franchie dans le choix d’un site de stockage définitif. Un rapport publié lundi 28 septembre établit une première liste, extensive, de l’ensemble des sites offrant les conditions de sécurité nécessaires.

La Société fédérale pour le stockage définitif des déchets (BGE) n’a pas encore ciblé de lieu précis, mais identifié 90 « zones partielles ». Elles couvrent 240.000 kilomètres carrés, soit 54 % du territoire allemand. Il s’agit de formations salines pour la plupart (74 zones), ou bien de roches argileuses (neuf zones) et de roches cristallines, autrement dit de granit (sept zones). Elles se répartissent sur le territoire de tous les länder, à l’exception de la Sarre, à la frontière française. Les régions qui en comptent le plus sont la Basse-Saxe (nord-ouest), la Bavière (sud) et le Bade-Wurtemberg (sud).

Le site de Gorleben exclu

Grossier, ce premier tamisage ne permet pas encore de déterminer quelles régions les prospections vont cibler. Mais il permet d’exclure toutes les zones inappropriées. Et parmi ces dernières figure une première surprise : le site de Gorleben, en Basse-Saxe, n’a pas été retenu.

L’ancienne mine de sel de Gorleben (Basse-Saxe) a longtemps été pressentie pour accueillir le stockage définitif des déchets nucléaires allemands
L’ancienne mine de sel de Gorleben (Basse-Saxe) a longtemps été pressentie pour accueillir le stockage définitif des déchets nucléaires allemands© dpa

Déjà utilisée pour l’enfouissement, son ancienne mine de sel était pourtant de longue date en première ligne pour servir au stockage définitif des déchets radioactifs. Mais le site cristallise l’opposition populaire depuis la fin des années 1970. Les images de citoyens s’enchaînant aux rails des trains transportant les conteneurs (« castor ») chargés de déchets provenant de centrales allemandes ou de l’usine de retraitement de La Hague ont fait le tour du monde.

Consultation citoyenne

Le rapport n’est qu’une étape. Ses conclusions vont être soumises à discussion au sein de la société. À partir du 17-18 octobre et jusqu’en juin 2021, des conférences vont se tenir partout en Allemagne pour donner la parole à la population. Des consultations seront simultanément  organisées sur Internet.

Cette procédure a été décidée ces dernières années et inscrite dans la loi en 2017 pour sortir de décennies de confrontations sociétales. « Nous avons obtenu un premier progrès tangible » à travers ce rapport, s’est ainsi félicitée la ministre allemande de l’Environnement, Svenja Schulze. « C’est une bonne nouvelle. Car c’est une problématique qui concerne l’ensemble de la société. Et l’Allemagne est en avance sur la plupart des pays ayant adopté le nucléaire pour la résoudre. »

La suite du processus prendra encore du temps. La consultation citoyenne inaugurera un deuxième examen des zones envisagées pour le stockage. Une opération plus sélective, qui tiendra compte des conditions géologiques, mais aussi de la distance avec les habitations, de l’existence de zones inondables ou protégées, etc.

Le BGE fera alors de nouvelles recommandations et les transmettra au Bundestag. Ce sont les députés qui décideront sur quels sites mener des investigations de surface. Les citoyens seront également consultés, et le dépôt de plainte sera possible.

Le processus entrera alors dans sa troisième et dernière phase : la sélection de deux sites pour effectuer des repérages souterrains. Avant la décision finale du Bundestag, espérée pour 2031.

Les autorités allemandes visent la mise en service du futur site de stockage à l’horizon 2050. Il accueillera, enfouis dans la roche pour un million d’années, quelque 27.000 mètres cubes de déchets hautement radioactifs répartis dans 1900 conteneurs. Des résidus qui devront rester accessibles pendant 500 ans pour d’éventuelles recherches scientifiques.

A.L.

Plus d’informations :

Société allemande pour le stockage définitif des déchets radioactifs (en allemand)
Ministère allemand de l'Environnement (en allemand)

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