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« Je veux faire partie de la solution »

Tobias Pastoors : déplacement en mode durable

Tobias Pastoors : déplacement en mode durable, © privé/Franziska Schardt

25.11.2020 - Article

Avoir un mode de vie aussi durable que possible : Tobias Pastoors de Cologne raconte ce à quoi il renonce et comment il organise sa vie au quotidien dans le respect de l’environnement.

« J’atteins  à peine les 10 kilomètres à l’heure. Avec une machine à laver sur mon vélo cargo, je ne peux pas aller plus vite. Je pédale pendant trois heures pour transporter l’appareil du domicile de son ancien propriétaire à mon appartement. Par comparaison avec une camionnette, j’ai économisé six kilos de CO2 en utilisant mon vélo. Un vélo cargo complètement chargé représente toutefois bien davantage qu’une économie de carburant. On attire l’attention dans la rue, on est la preuve matérielle qu’un monde vert est possible.

Certains passants ont peut-être pensé que j’étais fou. C’est possible. Mais pour réaliser la transition écologique, nous devons tous être un peu fous, nous devons avoir le courage d’essayer de nouvelles choses, de sortir de notre zone de confort, de renoncer à de vieilles habitudes et manières de penser.

La technique à elle seule ne nous sauvera pas

La situation n’est pas très bonne pour nos bases vitales, et il ne s’agit pas seulement du climat. En Allemagne, en l’espace d’une seule décennie, nous avons récemment perdu jusqu’à deux tiers de nos insectes, quelque 200 millions de tonnes de déchets flottent dans les océans et mers du monde et la superficie forestière mondiale diminue d’année en année. Personne ne sait exactement quand notre écosystème va basculer, mais il ne nous reste plus beaucoup de temps pour la transition. 

Pour réaliser la transition écologique nous devons tous être un peu fous.
Tobias Pastoors, Cologne

Les contre-mesures politiques qui sont prises actuellement misent principalement sur de nouvelles technologies plus écologiques. On peut se demander si cela suffit. Un exemple : si nous voulons atteindre nos objectifs climatiques, chaque personne est autorisée à émettre deux tonnes de CO2 par an. Or, il est certain que nous n’atteindrons pas cet objectif uniquement avec l’électromobilité.

Ce que je fais et ce que je ne fais pas

Tobias Pastoors
Tobias Pastoors© privé/Franziska Schardt

Je ne suis que l’un des huit milliards d’habitants de cette planète. Ce que je fais ou ne fais pas n’a que peu d’impact. Mais cela ne me démotive pas du tout : je veux faire partie de la solution, et pas du problème. Je vis en étant végétalien, je porte mes vêtements jusqu’à ce qu’ils soient complètement usés, je répare au lieu d’acheter, j’utilise ce que les autres personnes jettent. Je n’ai pas de mal à le faire. Au contraire. Comme je consomme peu, je n’ai pas besoin de gagner beaucoup d’argent et je peux disposer très librement de mon temps, m’engager, travailler sur des projets qui ont du sens pour moi.

Tenter de réduire mes émissions de CO2 à deux tonnes exige pourtant aussi des décisions que je ressens comme un renoncement : je ne prends pas l’avion, j’évite la voiture, je n’achète pas de choses que j’aimerais bien avoir, j’écris ce texte sur un ordinateur portable qui n’est pas tout jeune et je me déplace à vélo.  Je veux apporter ma contribution à la préservation de nos moyens d’existence. Et même si une seule personne lit ce texte ou voit un vélo cargo chargé circuler dans Cologne et est ainsi incitée à réfléchir, alors j’ai déjà fait avancer les choses. »

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