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Deux innovations pour avancer sur la voie de la bioéconomie

Le « mycotree » – un arbre autoportant à base de mycélium et de bambou

Le « mycotree  » – un arbre autoportant à base de mycélium et de bambou, © Carlina Teteris

26.11.2020 - Article

Construire avec du blanc de champignon, stocker de l’électricité avec des résidus de bois : deux idées dont nous allons beaucoup entendre parler. C’est en tous cas à espérer !

L’Allemagne prend le changement climatique et la pénurie de ressources au sérieux et mise sur l’orientation vers la bioéconomie. Deux innovations pourraient nous faire faire un grand bond en avant sur cette voie.

1. Le béton remplacé par du blanc de champignon

Le secteur du bâtiment est considéré comme l’un des plus grands consommateurs de matières premières et émetteurs de CO2. L’utilisation de ciment génère davantage d’émissions de CO2 que le trafic aérien. Le sable, un composant important du béton, s’est déjà raréfié dans certaines régions et, du fait de l’utilisation massive de béton armé, de nombreux pays pauvres en ressources deviennent de plus en plus dépendants des importations.

Le professeur Dirk E. Hebel enseigne la construction durable au KIT
Le professeur Dirk E. Hebel enseigne la construction durable au KIT© KIT

À l’Institut de technologie de Karlsruhe (KIT), le professeur Dirk E. Hebel cherche des solutions radicalement différentes. Il veut remplacer les matériaux de construction classiques comme le béton par des matières renouvelables. Sa recette : le mycélium comme ersatz biologique du ciment. Le mycélium (communément appelé « blanc de champignon ») est le nom du système racinaire des champignons, en l’occurrence du ganoderma lucidum (ganoderme luisant). Pour produire des briques à base de mycélium, le professeur Hebel mélange des spores avec des copeaux de bois ou des déchets végétaux. En l’espace de quelques jours, une substance semblable à une éponge se développe et peut remplir presque n’importe quel moule où elle se densifie encore en quelques jours. Cette substance est ensuite séchée afin de détruire le champignon. Le résultat : une brique de construction légère et dotée d’une bonne capacité d’isolation. Dirk E. Hebel et son équipe ont désormais atteint le stade où ils vont pouvoir lancer une production pilote. Dans un premier temps, le matériau pourrait être utilisé sous forme de panneaux ou pour l’isolation.

2. Un résidu de la chaîne de transformation du bois stocke de l’électricité

La transition énergétique stagne aussi parce que le développement de technologies de stockage ne suit pas. On manque de grandes capacités de stockage pour garder l’énergie produite de manière renouvelable pendant les périodes où le soleil ne brille pas ou quand le vent ne souffle pas. En outre, les systèmes de stockage conventionnels présentent des risques importants, car presque toutes les batteries contiennent des composés métalliques tels que le lithium, le plomb ou le vanadium. Ces matières premières sont chères et néfastes pour l’environnement, ou sont obtenues dans des conditions de travail problématiques.  

L’entreprise CMBlu Energy AG à Alzenau, dans le nord de la Bavière, considère que la lignine, l’un des trois principaux composants du bois et des résidus de la production de papier et de cellulose, est une alternative. Cette matière première naturelle n’est ni inflammable, ni explosive et constitue une substance de base idéale pour les électrolytes organiques pouvant être utilisés dans une batterie à flux organique. La batterie à flux organique de CMBlu Energy AG est prête à être mise sur le marché. Elle peut stocker jusqu’au gigawatt et être utilisée pour du stockage stationnaire d’énergie. Elle pourrait être utilisée dans le monde entier, dans des parcs solaires et éoliens, dans l’industrie, dans les centrales électriques et les zones résidentielles ou dans le réseau de recharge rapide pour l’électromobilité. La production devrait être lancée au plus tard en 2022.

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