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L’hydrogène, « énergie de l’avenir »

L'hydrogène vert (dont la production utilise exclusivement des sources d'énergie renouvelables) est actuellement l'une des pistes les plus prometteuses pour aller vers une économie neutre en carbone

L'hydrogène « vert » (dont la production utilise exclusivement des sources d'énergie renouvelables) est actuellement l'une des pistes les plus prometteuses pour aller vers une économie neutre en carbone, © picture alliance/dpa/dpa-Zentralbild | Soeren Stache

15.01.2021 - Article

Pour bâtir une économie neutre en carbone d’ici 2050, substituer l’hydrogène « vert » aux énergies fossiles apparaît comme l’une des pistes les plus prometteuses. Mais de nombreux obstacles demeurent. Berlin a ouvert cette semaine trois grands chantiers pour les surmonter.

Il soulève les plus grands espoirs pour réussir la transition vers une économie décarbonée. L’hydrogène « vert », produit par électrolyse de l’eau à partir de sources d’énergie renouvelables, pourrait devenir demain un substitut idéal au pétrole et au gaz. Il est capable de produire de l’électricité, de fournir du carburant et de servir de matière première dans l’industrie (notamment la chimie). Et ce, sans générer d’émissions de CO2. Mais à l’heure actuelle, il reste une technologie chère par rapport aux énergies fossiles. De plus, sa production ne repose pas toujours sur les seules énergies renouvelables. Pour surmonter ces obstacles, le gouvernement allemand a décidé d’ouvrir trois chantiers pilotes. Ils ont été présentés cette semaine au ministère de la Recherche, qui les finance à hauteur de 700 millions d’euros jusqu’en 2025.

La ministre allemande de la Recherche, Anja Karliczek, a présenté cette semaine trois projets phares pour le développement des technologies utilisant l'hydrogène que Berlin soutient à hauteur de 700 millions d'euros
La ministre allemande de la Recherche, Anja Karliczek, a présenté cette semaine trois projets phares pour le développement des technologies utilisant l'hydrogène que Berlin soutient à hauteur de 700 millions d'euros© picture alliance/dpa | David Hutzler

Ce sont des chantiers majeurs - « les pièces de puzzle élémentaires sur la voie de la décarbonisation de l’économie et de la société », indique même le gouvernement allemand. Ils sont portés par trois consortiums qui rassemblent au total plus de 230 partenaires, scientifiques et industriels. Et « ils viennent des 16 länder allemands », souligne la ministre de l’Education et de la Recherche, Anja Karliczek.

Electrolyse, transport, production

Ensemble, ces trois projets couvrent tous les enjeux qui restent à élucider afin de pouvoir exploiter demain l’hydrogène à très grande échelle. Le premier est baptisé « H2Giga ». Il a pour ambition de développer une technologie capable de produire des électrolyseurs en série. Le mode de production actuel reste, en effet, trop artisanal pour fournir les capacités nécessaires à un coût abordable et avec un niveau d’efficacité et de solidité adéquat. C’est un élément clé pour rendre l’exploitation de l’hydrogène compétitive. Il doit également permettre de disposer d’électrolyseurs de série modulables, qui pourront être adaptés partout où ils seront installés.

Le deuxième chantier est baptisé « TransHyDe ». Il vise à tester et à évaluer différentes solutions pour le transport de l’hydrogène. Gazoducs ? Conteneurs à haute pression ? Sous forme liquide ? Allié à de l’ammoniaque ? Différentes solutions existent. Mais leurs conditions d’efficacité sont mal connues. Une chose est sûre, en revanche : sans infrastructures de transport adaptées, l’économie de l’hydrogène ne pourra pas voir le jour. Et ce, d’autant que l’Allemagne devra importer jusqu’à 45 millions de tonnes d’hydrogène par an pour faire tourner son économie.

Le troisième et dernier chantier porte le nom de « H2Mare ». Il a pour enjeu la production d’hydrogène en haute mer à partir des turbines d’éoliennes offshore. C’est un concept unique en son genre qui pourrait devenir un projet phare et ouvrir des opportunités aux exportateurs allemands en cas de succès. La recherche portera sur les conditions particulières que pose la haute mer, que ce soit pour la construction des éoliennes, les matériaux ou l’exploitation des installations.

Chacun de ces chantiers porte de grands espoirs. Ensemble, ils représentent un pas en avant important, six mois après la présentation à Berlin d’une Stratégie nationale pour l’hydrogène. La ministre allemande de la Recherche, Anja Karliczek, s’en dit convaincue : « en matière d’innovation et de politique industrielle, l’hydrogène vert est une chance historique pour l’Allemagne ».

A.L.

Plus d’informations :

Ministère allemand de l'Education et de la Recherche (en allemand)

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