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Océans : les micro-plastiques au crible de la science

Le plastique, un ennemi pour la santé de la mer et des océans

Le plastique, un ennemi pour la santé de la mer et des océans, © picture alliance / Zoonar | Luboslav Ivanko

08.06.2021 - Article

Les micro-plastiques mesurent moins de 5 mm de diamètre. Mais ils constituent un cancer pour les océans. A l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, embarquement avec des chercheurs allemands qui les traquent au quotidien.

Grâce à de nouvelles méthodes d'analyse, les chercheurs ont trouvé de nombreuses particules de microplastiques à Cuxhaven, à l'embouchure de l'Elbe
Grâce à de nouvelles méthodes d'analyse, les chercheurs ont trouvé de nombreuses particules de microplastiques à Cuxhaven, à l'embouchure de l'Elbe© picture alliance / blickwinkel/Luftbild Bertram | Luftbild Bertram
Cuxhaven attire les touristes. La station balnéaire, ancien port de pêche qui borde la mer du Nord, rencontre un succès croissant l’été. Mais elle n’intéresse pas seulement les vacanciers. Située à l’embouchure de l’Elbe, non loin de Hambourg, Cuxhaven a aussi accueilli ces derniers mois des chercheurs spécialistes de l’environnement et des océans. Leur objectif : mesurer la quantité de micro-plastiques présente dans le fleuve et évaluer son niveau de Pollution.

Si les images des « continents de déchets » qui jonchent les océans ont fait le tour du monde, les micro-plastiques attirent moins l’attention. Ces minuscules particules de matière plastique, dont le diamètre n’excède pas 5 mm, sont pourtant devenues l’un des grands défis des scientifiques  et des défenseurs de l’environnement. Elles proviennent de différentes sources : l’usure des pneus et de l’asphalte, les cosmétiques, les emballages, etc. Très lentes à se décomposer, elles polluent les fleuves et les océans. Elles mettent ainsi en danger la faune marine en s’accumulant dans l’estomac des poissons et des oiseaux marins, qui finissent par mourir de faim. Ce faisant, elles entrent finalement dans la chaîne alimentaire humaine, et terminent leur course dans nos assiettes.

En Allemagne, quelque 330.000 tonnes de micro-plastiques seraient rejetées chaque année dans les eaux et l’environnement. L’enjeu occupe plusieurs équipes de chercheurs. Le ministère allemand de l’Education et de la Recherche soutient ainsi depuis 2017 deux projets de recherche baptisés « Plastique dans l’environnement » (40 millions d’euros) et « McBin » (2,3 millions d’euros). Le second s’intéresse aux micro-plastiques qui polluent le Danube.

Mais l’une des dernières études en date est celle menée à Cuxhaven par les scientifiques du Centre Helmholtz Hereon (HZG). Ils ont navigué plus de 700 km sur l’Elbe pendant un mois et passé au crible le fleuve. Leur constat : les eaux de l’Elbe contiennent entre 200 et 2.100 micro-particules de plastiques par mètre cube. 95 % d’entre elles ne sont pas plus épaisses qu’un cheveu, relate Lars Hildebrandt, chimiste spécialiste de l’environnement et premier auteur de l’étude. Or, « il s’agit de concentrations relativement élevées, comparées à celles relevées en mer du Nord ».

Selon les chercheurs, le fleuve charrie au total, chaque jour, entre 300 kg et 1,2 tonne de déchets plastiques vers la mer. La mer du Nord, très fréquentée, est dans la moyenne internationale, en termes de pollution plastique. L’Institut Alfred Wegener (AWI) de Bremerhaven a compté quelque 1.300 déchets plastiques solides au km2. Les déchets situés à proximités des côtes allemandes proviennent des fleuves allemands (Weser, Ems, Elbe). Les autres sont situés plus au large, de la Tamise et des fleuves français. Or, une partie de ces déchets poursuivra sa route jusqu’en Atlantique nord, voire jusqu’à l’océan Arctique.

Il y a donc urgence à agir. Le problème des micro-plastiques est qu’ils sont très difficiles à identifier et à mesurer. Par ailleurs, il est ardu d’effectuer des relevés sur de grands volumes d’eau car ils bouchent très rapidement les tamis. L’étude réalisée par le Centre Helmholtz Hereon comporte donc un important volet méthodologique.

L’objectif des chercheurs était de réduire la marge d’incertitude des relevés scientifiques, et de faire en sorte qu’ils puissent être intégrés dans les calculs pour de futures mesures. Les auteurs ont gagné leur pari. Néanmoins, estime Tristan Zimmermann, l’un des co-auteurs, « l’étude des micro-particules de plastique dans nos fleuves et océans n’en est qu’à ses débuts d’un point de vue scientifique. » Selon lui, les techniques de relevé et de mesure doivent encore être optimisées et davantage automatisées.

A.L.

Plus d’informations :

Nations unies : Journée mondiale de l'océan (en français)

Ministère allemand de l'Education et de la Recherche : lancement de la Décennie pour les sciences océaniques au service du développement durable (en allemand)

Ministère allemand de l'Environnement : que fait l'Allemagne pour lutter contre les microplastiques ? (en allemand)

Centre Helmholtz Hereon (en allemand/ anglais)

Institut Alfred Wegener, Centre Helmholtz pour la recherche polaire et océanographique (en allemand/ anglais)



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