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Climat : l’Allemagne revoit ses ambitions à la hausse

Le Parlement allemand a voté une nouvelle loi de protection du climat qui grave dans le marbre l’objectif de la neutralité carbone en 2045

Le Parlement allemand a voté une nouvelle loi de protection du climat qui grave dans le marbre l’objectif de la neutralité carbone en 2045, © picture alliance / Zoonar | Ralf Lehmann

25.06.2021 - Article

Le Parlement allemand a voté une nouvelle loi de protection du climat. Le texte grave dans le marbre l’objectif de la neutralité carbone en 2045 et les étapes pour y parvenir. Le gouvernement a aussi adopté un programme d’urgence de 8 milliards d’euros pour 2022.

De catastrophes naturelles en prédictions alarmantes, l’horizon climatique s’assombrit. Mais il est encore temps d’agir, martèlent les rapports qui s’accumulent. A condition d’agir vite et fort. Il y a trois mois, la Cour constitutionnelle allemande n’a pas dit autre chose lorsqu’elle a examiné la dernière loi climat du gouvernement fédéral (2019). Les juges de Karlsruhe avaient retoqué le texte en exigeant des mesures supplémentaires au nom des conditions de vie des générations futures. Depuis, les choses ont évolué rapidement. Avant que la session parlementaire ne s’achève à Berlin, le Parlement et le gouvernement ont entériné cette semaine des mesures ambitieuses.

Nouvelle loi climat

Près de 400 millions d'euros sont prévus immédiatement pour accélérer le déploiement de pistes cyclables, parkings et bornes de recharge pour les vélos électriques
Près de 400 millions d'euros sont prévus immédiatement pour accélérer le déploiement de pistes cyclables, parkings et bornes de recharge pour les vélos électriques© picture alliance / blickwinkel/M. Henning | M. Henning

Le Bundestag et le Bundesrat ont ainsi approuvé jeudi et vendredi une nouvelle loi climat. Elle relève les objectifs allemands et accélère le calendrier pour les atteindre. Principale nouveauté : Berlin visera la neutralité carbone à l’horizon 2045, cinq ans plus tôt que prévu. Et tous les objectifs intermédiaires sont révisés en conséquence.

A l’horizon 2030, l’Allemagne entend réduire par ce biais ses émissions de gaz à effet de serre de 65 % par rapport 1990. L’ambition initiale était une diminution de -55 %. A l’horizon 2040, l’objectif indicatif d’une réduction de 70 % est relevé à 88 %. Il se voit officiellement inscrit dans la loi. Par ailleurs, des pourcentages annuels sont fixés pour toute la période allant de 2030 à 2040 : -70 % en 2032, -77 % en 2035, -83 % en 2038. Et des objectifs négatifs d’émissions sont prévus pour l’après-2045.

« Nous sommes dans l’urgence », a reconnu Angela Merkel mercredi lors de son ultime séance de questions devant le Bundestag. Au vu des prévisions climatiques les plus récentes, la chancelière a dressé un bilan sans complaisance de son action. « Quand on fait le point sur la situation, personne ne peut affirmer que nous avons fait assez », a-t-elle déclaré. « Je comprends l’impatience de la jeunesse ».

Plafonds d’émissions sectoriels et nouveaux investissements

Au-delà des objectifs, la nouvelle loi climat pose donc des actes. Elle fixe des plafonds d’émissions pour l’ensemble des secteurs économiques sur toute la période 2020-2030, et jusqu’en 2045. D’ici à 2030, les émissions de CO2 devront chuter de 175 à 108 mégatonnes dans le secteur de l’énergie, de 140 à 118 mégatonnes dans l’industrie, de 70 à 67 mégatonnes dans les bâtiments, de 95 à 85 mégatonnes dans les transports et de 58 à 56 mégatonnes dans l’agriculture.

Le texte prévoit aussi d’accélérer dès l’année prochaine le déploiement des capacités installées dans l’éolien (4 GW au lieu de 1,1 GW) et le solaire (6 GW au lieu de 4,1 GW), ainsi que le développement de la filière prometteuse de l’hydrogène vert. Enfin, il consacre un paragraphe aux écosystèmes naturels. Berlin entend renforcer leur action protectrice du point de vue climatique.

Comme il n’y a pas de temps à perdre, selon les experts, le gouvernement ne s’en est pas tenu là. Il a aussi adopté cette semaine un plan d’investissements immédiats de huit milliards d’euros, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2022. Cet argent viendra abonder la manne du plan de relance. Berlin aura ainsi consacré 80 milliards d’euros en deux ans au climat.

Parmi ces investissements, le secteur du bâtiment se taille la part du lion : il absorbera 5,5 milliards d’euros sur huit. L’objectif consiste principalement à accélérer la rénovation énergétique des bâtiments. Berlin entend aussi soutenir la modernisation des systèmes de chauffage : les aides à l’acquisition d’une chaudière fonctionnant aux énergies fossiles cesseront à partir de 2023. Le potentiel d’économies de CO2 dans les bâtiments est majeur, rappelle le gouvernement. C’est le seul secteur à n’avoir pas rempli (de peu) ses objectifs l’année dernière.

Outre le bâtiment, plus d’un milliard d’euros sont prévus pour les transports et 860 millions d’euros pour l’industrie. Ils financeront le maillage du territoire par des pistes cyclables, des parkings à vélos et des bornes de recharge pour les vélos à assistance électrique (400 millions d’euros), le transfert des pondéreux vers le transport fluvial (400 millions d’euros) ou encore la construction de pôles de recharge rapide pour les véhicules électriques dans les villes (200 millions d’euros). Dans l’industrie, ils contribueront au passage des énergies fossiles à l’hydrogène vert (dans la métallurgie et la chimie), à la construction de nouveaux réseaux de chaleur et au développement d’ « acier vert » pour le secteur automobile.

A.L.

Plus d’informations :

Gouvernement fédéral (en allemand)

 

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