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L’Allemagne vers une sortie anticipée du charbon ? 

Vers une fin anticipée du charbon en Allemagne ? Une excavatrice dans une mine de lignite dans la région de Garzweiler

Vers une fin anticipée du charbon en Allemagne ? Une excavatrice dans une mine de lignite dans la région de Garzweiler, © Picture alliance / FotoMedienService | Ulrich Zillmann

09.11.2021 - Article

Alors que la future coalition négocie son programme de gouvernement à Berlin, la perspective d’une sortie du charbon avant 2038, voire dès 2030 semble gagner du terrain en Allemagne. 

C’est l’une des avancées de l’actuelle COP26, la conférence internationale sur le climat. À Glasgow, (Royaume-Uni), plus de 40 pays ont signé une déclaration d’intention dans laquelle ils s’engagent à sortir du charbon au plus tard dans les années 2040. L’Allemagne fait partie des signataires. Tout comme elle figure parmi les pays qui, aux côtés de l’Union européenne (UE), ont relevé leurs objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Va-t-elle pour cela abandonner le charbon plus tôt que prévu ? La perspective est envisagée par les trois partis qui négocient pour former une coalition de gouvernement. Et elle semble gagner du Terrain.

Selon l’actuelle législation, l’Allemagne soit sortir du charbon « au plus tard en 2038 ». Des compensations sont prévues pour les trois régions charbonnières (Lusace, Allemagne centrale, bassin rhénan) à hauteur de 40 milliards d’euros. Mais l’alerte croissante qui pèse sur le climat, ainsi que les revendications de la jeunesse poussent certains responsables à juger cette date trop tardive.

Dès 2030 ? 

C’est le cas des Verts qui dans leur programme électoral, ont promis de ramener la date à 2030. Désormais en négociation pour former une coalition avec le Parti social-démocrate (SPD) et les libéraux (FDP), le parti écologiste a mis le sujet sur la table. Début octobre, les trois partis ont ainsi arrêté la base d’une position commune : ils réexamineront la loi sur la sortie du charbon pour, éventuellement, avancer l’échéance, « idéalement à 2030 ».

Les trois partis espèrent boucler leur contrat de coalition d’ici à la fin novembre. La protection du climat devrait être un sujet clé, et les ambitions être fortement relevées, selon Robert Habeck. Le co-président des Verts ajoute : il n’y a pas d’alternative à une sortie du charbon anticipée. « Si nous n’y arrivons, nous, un riche pays industrialisé, comment voulons-nous convaincre la Chine, l’Inde et surtout l’Afrique de nous imiter ? ».

 Au même moment, un autre signal est venu de Düsseldorf, capitale de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, l’une des principaux bassins miniers du pays. À peine élu, le nouveau ministre-président, Hendrik Wüst, s’est dit prêt à sortir du charbon dès 2030. Le relèvement des objectifs climatiques allemands et européens rend les centrales électriques au charbon de moins en moins rentables, a-t-il relevé. Par ailleurs, M. Wüst souhaite préserver les villages du Bassin rhénan et envoyer aux habitants le message que « nous n’avons plus besoin de la lignite qui est sous [leurs] maisons. »

Défis

Tous en conviennent, cependant : sortir du charbon en 2030 est un objectif ambitieux qui ne peut s’atteindre qu’au prix d’efforts importants. Une condition sine qua non est, par exemple, le développement accéléré de l’électricité d’origine renouvelable (éolienne et solaire). Mais il conviendrait aussi de construire plus vite de nouvelles lignes électriques et de recourir davantage aux centrales au gaz, au moins provisoirement. Il faut créer des incitations pour développer « des alternatives garantissant un approvisionnement électrique sûr », exhorte M. Wüst

Un autre grand problème est la reconversion des régions charbonnières. 40 milliards d’euros leur ont été promis en 2019, et cet argent commence à arriver sur le terrain. Fin août, 175 projets avaient reçu un financement de plus de trois milliards d’euros. « Des jalons sont posés », se félicitait récemment le ministre de l’Économie en exercice, Peter Altmaier. Par ailleurs, l’État a commencé à implanter des administrations dans les régions en reconversion.

En cas de sortie anticipée du charbon, les Verts ont promis personne ne serait laissé sur le carreau. Mais la perspective effraie dans les régions de l’Est. Les aides arriveront-elles assez vite pour compenser les emplois perdus ? Les infrastructures (routes, lignes électriques, etc.) seront-elles construites assez rapidement pour permettre une reconversion sans aspérités ? Les ministres-présidents de la Saxe et de la Saxe-Anhalt, Michael Kretschmann et Reiner Haseloff,ont exprimé leurs doutes. Les craintes concernent particulièrement la Lusace, une région située à la frontière polonaise dans un bassin économique déjà sinistré.

A.L.

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