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Agriculture : les priorités du nouveau gouvernement allemand

Le ministre allemand de l’Alimentation et de l’agriculture, Cem Özdemir, souhaite revaloriser les produits agricoles et ceux qui les produisent, ainsi que le bien-être animal.

Le ministre allemand de l’Alimentation et de l’agriculture, Cem Özdemir, souhaite revaloriser les produits agricoles et ceux qui les produisent, ainsi que le bien-être animal., © picture alliance / Countrypixel | FRP

18.01.2022 - Article

Le nouveau ministre de l’Agriculture, Cem Özdemir, veut promouvoir une alimentation saine, accorder plus de considération aux producteurs et améliorer le respect du bien-être animal et de l’environnement.

Dans une déclaration gouvernementale devant le Bundestag, le ministre allemand de l’Alimentation et de l’Agriculture, Cem Özdemir (Verts), a décliné vendredi 14 janvier ses priorités pour les quatre années à venir. Il souhaite promouvoir des produits abordables pour les consommateurs, des revenus décents pour les agriculteurs, ainsi qu’un meilleur respect du bien-être animal et de l’environnement.

Sortir d’un système qui ne « fait que des perdants »

Son premier objectif est de témoigner davantage de considération aux producteurs et de les protéger de l’usante guerre des prix qu’ils subissent. « Qu’un agriculteur touche 22 centimes pour le porc payé un euro par le consommateur, cela ne va pas, et surtout ce n’est pas sans alternative », a critiqué l’ancien co-président des Verts devant les députés. Les prix bas sont « une cochonnerie ». Le ministre veut mettre fin à un « système abusif » qui ne fait « que des perdants » : agriculteurs, consommateurs, animaux, environnement, climat.

Le ministre allemand de l’Alimentation et de l’agriculture, Cem Özdemir, vendredi dernier au Bundestag
Le ministre allemand de l© picture alliance / Geisler-Fotopress | Frederic Kern/Geisler-Fotopress

Il ne s’agit pas, à ses yeux, d’opposer les uns aux autres. Des produits de qualité payés à leur juste prix, cela a un coût. Mais M. Özdemir fait aussi d’une alimentation saine pour tous une priorité, y compris pour les plus modestes. « Nous ne voulons pas accepter que des personnes à faibles revenus soient statistiquement beaucoup plus exposées au risque de maladies chroniques que la moyenne », a-t-il dit.

Parmi les pistes qu’il a évoquées figure la promotion d’une alimentation saine et d’origine régionale dans les cantines et les restaurants universitaires. Il veut aussi élaborer rapidement une stratégie pour réduire les teneurs des produits agroalimentaires en sucre, en sel et en graisse. Il souhaite, par ailleurs, renforcer la lutte contre le « scandaleux gaspillage alimentaire ».

Bien-être animal

La troisième priorité sera le bien-être animal et l’environnement. La coalition tricolore du chancelier Olaf Scholz entend soutenir les éleveurs désireux de transformer leurs étables. Elle élaborera d’ici à la fin de l’année un label transparent et obligatoire pour garantir le respect du bien-être animal. Par ailleurs, elle entend réduire l’usage des pesticides. Elle vise un seuil de 30% de produits bio, à la ferme comme dans les rayons des magasins, a souligné M. Özdemir.

Personnalité de premier plan de la vie politique allemande depuis de nombreuses années, quoique novice dans le domaine de l’agriculture, le ministre écologiste est bien accueilli par les fédérations agricoles. Son habileté reconnue à concilier les points de vue suscite de l’espoir dans une profession secouée ces dernières années par la crise du lait ou la baisse du prix de la viande.

Il reste à savoir quels pas seront prêts à faire les distributeurs et les consommateurs. Selon le journal parlementaire « Das Parlament », « la coalition tricolore semble vouloir exploiter une tendance observée dans la population : depuis plusieurs années, les sondages montrent que les citoyens seraient prêts à payer plus chers les produits alimentaires si cela améliore le bien-être animal et accroît la création de richesses pour les agriculteurs. »

Selon un récent sondage de Greenpeace, 88% des Allemands seraient favorables à la réduction du nombre d’animaux dans les étables. 78% approuveraient un label obligatoire sur la viande et le lait. Et 85% se disent prêts à payer plus de taxes pour améliorer le bien-être animal.
A.L.

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