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Coronavirus : en quête d’un vaccin

Des chercheurs allemands participent à l‘effort international pour trouver un médicament et un vaccin face au nouveau coronavirus

Des chercheurs allemands participent à l‘effort international pour trouver un médicament et un vaccin face au nouveau coronavirus, © dpa

11.03.2020 - Article

Il n’existe pas de traitement spécifique, ni de vaccin contre le nouveau coronavirus SARS-CoV-2. En Allemagne, où près de 1.300 cas et deux décès étaient déjà recensés mardi, les chercheurs s’activent pour y remédier. Avec le soutien financier des pouvoirs publics.

De la fièvre, de la toux, peut-être un mal de gorge ou de tête. Et dans les cas graves, une atteinte pulmonaire pouvant conduire à une détresse respiratoire. Selon Christian Drosten, chef du service de Virologie à l’Hôpital de la Charité, à Berlin, le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 devrait infecter 60 à 70 % de la population allemande, avec 15 % de formes sévères. Toute la question est de savoir si l’épidémie prendra quelques semaines ou plusieurs mois. Une course contre la montre s’engage donc pour la ralentir. Il s’agit d’éviter l’engorgement du système de soins. Mais aussi se donner le temps de trouver un remède.

Contre le coronavirus, une course contre la montre à commencé pour freiner l’épidémie, a annoncé la chancelière Angela Merkel. Le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, souligne néanmoins que le système de santé allemand est armé pour faire face
Contre le coronavirus, une course contre la montre à commencé pour freiner l’épidémie, a annoncé la chancelière Angela Merkel. Le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, souligne néanmoins que le système de santé allemand est armé pour faire face© www.picturedesk.com

Il n’existe, en effet, ni traitement spécifique, ni vaccin contre le SARS-CoV-2, apparu pour la première fois Chine le 31 décembre 2019. En cas d’infection, les médecins traitent les symptômes. Mais dans leurs laboratoires, les chercheurs s’activent. Il leur faut percer les propriétés du virus, comprendre ses modes de transmission et analyser la dynamique de l’épidémie. Ils doivent également, en parallèle, développer des médicaments efficaces. Ils s’appuient la plupart du temps sur des médicaments autorisés dans d’autres pathologies afin de gagner du temps. En Allemagne, la ministre de la Recherche a débloqué 10 millions d’euros supplémentaires pour soutenir leurs efforts.

145 millions d’euros débloqués

Et puis, à moyen terme, il y a l’espoir d’un vaccin. Il ne sera pas disponible avant 12 à 18 mois, s’accordent les chercheurs. Mais plusieurs équipes travaillent d’arrache-pied à travers le monde. Et la communauté internationale a tiré les enseignements de précédentes épidémies en lançant en 2017 l’alliance CEPI (Coalition for Epidemic Preparedness Innovations). Ce partenariat public-privé a un objectif : accélérer la decouverte d’un vaccin en cas de maladie infectieuse émergente.

L’Allemagne en est membre fondateur. Elle soutient la CEPI à hauteur de 90 millions d’euros. Face à l’épidémie de Covid-19, la ministre allemand de la Recherche, Anja Karliczek, a toutefois annoncé hier une rallonge de 145 millions d’euros pour le recherche d’un vaccin. Principalement destinée à la CEPI, elle passe ce mercredi devant la commission des Finances du Bundestag.

L’objectif est d’élaborer un candidat vaccin grâce à la connaissance de la séquence ADN du virus, et de le tester cliniquement aussi vite que possible. Plusieurs pistes se dessinent déjà à travers le monde. En Allemagne, selon  le Centre de recherche sur les infections (DZIF), deux « plateformes » de recherche sont engagées dans la course.

Des équipes allemandes dans la course

La première est dirigée par le professeur Gerd Sutter, virologue de l’Universite Ludwig-Maximilian à Munich. Elle associe des chercheurs de l’université de Marburg et de la clinique universitaire de Hambourg-Eppendorff. Des chercheurs de la Charité, à Berlin, sont également impliqués. Déjà en pointe dans la recherche du vaccin contre le MERS, parent du SARS-CoV-2, elle utilise comme vecteur viral le virus de la variole. Celui-ci est ensuite recombiné à des fragments ADN de la protéine du SARS-CoV-2 afin d’enclencher la production d’anticorps.

Selon le professeur Stéphan Becker, de l’université de Marburg, la construction génétique du vaccin et les premières étapes de sa production devraient s’achever d’ici six à huit semaines« . Mais cela ne signifie pas que le vaccin sera rapidement disponible. Les essais cliniques, à Hambourg, vont prendre plusieurs mois.

Une autre équipe travaille en parallèle à l’Institut Paul Ehrlich de Langen, près de Mayence, sous la direction du docteur Michael Mühlebach. Elle base ses travaux sur le virus de la rougeole, puis le recombine aussi à un fragment d’ADN du SARS-CoV-2.

Selon le DZIF (Centre allemand de la recherche sur les maladies infectieuses), les virus recombines sont déjà en phase de multiplication. Ils seront ensuite caractérisés in vitro et in vivo.  »Lorsque, d’ici à six mois, nous aurons étudié la pertinence d’un vaccin basé sur le virus de la rougeole face au SARS-CoV-2, d’autres équipes de chercheurs pourront élaborer un vaccin« , explique le docteur Mühlebach. La publication des résultats de ces recherches permettra ensuite son développement avec des partenaires industriels.

A.L.

Plus d’informations :

Institut Robert Koch (veille épidémiologique, en allemand)
Ministère allemand de l‘Education et de la Recherche (en allemand)
Centre allemand pour la recherche sur les infections (en allemand)

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