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L’allemand, une langue qui monte

L’époque des années 2000 où l‘allemand était boudé par polyglottes est révolue. L’allemand est en plein essor sur presque tous les continents

L’époque des années 2000 où l‘allemand était boudé par polyglottes est révolue. L’allemand est en plein essor sur presque tous les continents, © Godong

08.06.2020 - Article

De plus en plus de personnes l’apprennent à travers le monde, révèle une étude. C’est également le cas en France, notamment à l’école primaire.

Langue maternelle de 100 millions de personnes, l’allemand est depuis longtemps la langue la plus parlée en Europe. Au cours de la décennie 2000, elle a reculé dans le monde face à la progression de l’anglais, de l’espagnol ou du chinois. Mais la situation a changé. Depuis quelques années, la langue de Goethe connaît un essor. 15,45 millions de personnes l’étudient aujourd’hui dans le monde contre 15,30 millions en 2015 et 14,9 millions en 2010. Les chiffres sont en augmentation dans de nombreux pays du monde, dont la France, révèle une étude présentée en fin de semaine par la ministre adjointe aux Affaires étrangères, Michelle Müntefering.

En vogue sur la planète

La tendance est quasi générale. L’Afrique compte aujourd’hui 10 % des apprentis germanophones contre 7 % en 2015. L’Asie et l’Océanie en hébergent 11,48 % contre 10,76 % il y a cinq ans. D’importantes disparités régionales subsistent sur tous les continents. Mais la liste est longue des pays où la langue de Kant, d’Einstein et de Daimler est en pleine expansion : Égypte, Inde, Chine, Japon, Iran, Cameroun, Bénin, Togo, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Mexique. En Algérie, le nombre d’élèves a doublé en cinq ans. Seul le continent américain (5,26 % des apprentis germanophones) semble faire bande à part, en particulier les États-Unis.

Bien que souvent réputé « complexe » et « difficile », l’allemand jouit d‘une « très bonne réputation », soulignent les auteurs de l’étude
Bien que souvent réputé « complexe » et « difficile », l’allemand jouit d‘une « très bonne réputation », soulignent les auteurs de l’étude© blickwinkel

Bien que souvent réputé « complexe » et « difficile », l’allemand a « très bonne réputation », souligne l’étude. C’est la langue de nombreuses publications scientifiques. Elle permet d’étudier et de travailler en Allemagne. Elle ouvre aussi sur une meilleure compréhension du pays et de sa culture. La loi sur l’immigration de main-d’œuvre qualifiée pour les ressortissants de pays tiers (c’est-à-dire extérieurs à l’Union européenne) qui vient d’entrer en vigueur en Allemagne ne devrait pas faire pâlir cet intérêt.

La majorité des germanistes en herbe n’en reste pas moins européenne (73 % du total). Sur le Vieux Continent aussi, les chiffres sont en hausse. Tout particulièrement au Danemark (+62 % par rapport à 2015), aux Pays-Bas (+30 %), en France (+16 %) et en République tchèque (+4 %). Ils reculent en Pologne et en Hongrie. Mais les Polonais restent les non natifs les plus germanophones au monde (près de deux millions d’entre eux parlent l’allemand) devant les Français et les Russes (plus d’un million respectivement).

En France

En France, en 2020, quelque 1,186 million d’élèves apprennent l’allemand sur un peu moins de 12,9 millions d’élèves. Ils n’étaient encore qu’un million en 2015. C’est à l’école primaire que l’élan est le plus prononcé depuis trois ans. « Il se manifeste par une forte croissance de la demande de matériel pédagogique et de formations didactiques pour les enseignants du primaire », observe l’enquête, réalisée par le Goethe Institut, l’Office allemand d’échanges universitaires (DAAD) et le Centre allemand de l’enseignement à l’étranger.

Au collège et au lycée, les chiffres sont stables. 3 % des élèves choisissent la langue de Goethe en première langue, 16 % en deuxième langue. Plusieurs dizaines de milliers d’entre eux poursuivent ensuite dans le supérieur, des classes préparatoires aux écoles d’ingénieur en passant par les filières techniques des universités. Les 185 cursus de l’Université franco-allemande (UFA) comptent 3 000 étudiants français. Mais le nombre de germanistes spécialistes est en baisse (-13 % en cinq ans). Ils étaient un peu plus de 2 400 inscrits dans 34 filières LLCE en 2018/2019 et un peu plus de 5 200 en filière LEA dans 43 établissements. Quant à la formation continue, la demande de cours d’allemand pour professionnels est en légère hausse.

Ces chiffres sont des « indicateurs positifs », écrivent les auteurs de l’étude. Ils « motivent à poursuivre les efforts » pour développer en France l’apprentissage de la langue du partenaire, ambition inscrite dans le traité franco-allemand d’Aix-la-Chapelle signé en 2019.

A.L.

Télécharger l’étude (en allemand)

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