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Exposition : l’homme, ce survivant

L‘exposition „Überlebenskünstler Mensch“, présentée au Musée LWL d‘histoire naturelle de Münster, montre toutes les facettes de l’évolution et s‘interroge sur notre capacité de survie, y compris face au défis présents

L‘exposition « Überlebenskünstler Mensch », présentée au Musée LWL d‘histoire naturelle de Münster, montre toutes les facettes de l’évolution et s‘interroge sur notre capacité de survie, y compris face au défis présents, © LWL/ Streinweg

15.09.2020 - Article

Au XXIe siècle, l’homme est confronté à l’un des pires défis de son histoire : le changement climatique. Mais ce roi de la survie a des ressources. Le musée d’histoire naturelle de Münster nous le rappelle en retraçant les 300.000 ans de l’aventure humaine.

Quel point commun entre un tailleur de silex de la préhistoire et un ingénieur de la NASA ? Le premier était chasseur-cueilleur. Le second prépare peut-être une mission sur Mars. Mais ils sont les descendants d’une même espèce : homo sapiens, l’homme moderne. Leur histoire - la nôtre – a commencé en Afrique il y a 200.000 ou 300.000 ans. Elle n’a pas été un long fleuve tranquille. Elle s’est écrite à la force des neurones et du poignet. De tout temps, homo sapiens a usé d’ingéniosité pour survivre et se développer. À l’heure du changement climatique et de l’extinction des espèces, le musée LWL d’histoire naturelle nous conte l’histoire de cet « expert en survie ».

L’exposition s’intitule « Überlebenskünstler Mensch » (« L’homme, expert en survie »). Elle se visite à Münster (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) jusqu’au 26 septembre 2021. On y découvre un millier d’objets souvent originaux, dont quelques trésors : la boussole qui servit à Robert Falcon Scott dans la course au Pôle Sud, une carotte géologique rapportée par le savant allemand Alexander von Humboldt au tournant du XIXe siècle, une tablette de la cité mésopotamienne d’Uruk portant l’une des plus anciennes écritures du monde.

Bien accroché aux branches de l’évolution

Le parcours se déploie sur 1.200 mètres carrés. Il réserve de nombreuses surprises et s’articule autour de quatre questions. Les deux premières - « D’où venons-nous ? » et « Qu’est-ce qui nous constitue en tant qu’espèce ? » - nous conduisent dans un antre meublé de squelettes d’hommes et de gorilles. Bienvenue dans le cabinet de travail du professeur Hermann Landois, le fondateur du musée LWL ! Au XIXe siècle, ce spécialiste d’anatomie comparative entretenait une intense correspondance avec Charles Darwin, l’inventeur de la théorie de l’évolution. Il utilisait ses ossements pour illustrer ses cours…

La science a bien changé, nous montre cependant l’exposition. Les arbres généalogiques retraçant l’évolution du singe à l’homme se succèdent. Ils sont intégrés dans des mises en scène pédagogiques. « Plusieurs espèces d’hominidés ont peuplé la Terre au cours de l’évolution », rapporte ainsi Lisa Klepfer, la commissaire de l’exposition. « Plusieurs d’entre elles ont même coexisté. Mais toutes ont disparu à l’exception d’homo sapiens, l’homme moderne ». Tous les mystères ne sont pas résolus pour autant. Loin de là. Les liens de parenté entre les différentes espèces d’hominidés, par exemple, échappent encore à notre sagacité. Les découvertes archéologiques qui se succèdent ne cessent de remettre nos modèles en question.

Ambivalence

Une embarcation fabriquée aux Îles Marshall, symbole de la conquête de la Terre et de l’océan par homo sapiens
Une embarcation fabriquée aux Îles Marshall, symbole de la conquête de la Terre et de l’océan par homo sapiens© LWL/ Puschmann

Puis viennent deux autres interrogations : « Comment nous sommes-nous dispersés à la surface de la Terre ? » et « Où allons-nous ? ». Expert en survie, homo sapiens a aussi prospéré grâce à son esprit de conquête. La reconstitution d’un canoë des îles Marshall avec lequel l’homme a défié les océans en témoigne. Ailleurs, la réalité virtuelle s’invite dans l’exposition pour montrer ce à quoi pourrait ressembler la vie (difficile) d’une colonie humaine sur la planète Mars… Du désert aux pôles et des profondeurs de l’océan à la forêt tropicale, il n’est pas d’espace sur Terre que l’homme n’ait visité.

Mais aussi souvent… domestiqué. La pulsion d’innovation est ambivalente, souligne ainsi Matthias Löb. Pour le directeur du musée LWL, « il serait naïf de peindre l’évolution humaine telle une collection d’innovations brillantes enfilées à la manière d’un collier de perles. Il y a toujours eu d’autres choses en jeu : la dispersion de l’être humain sur la planète, le perfectionnement des méthodes pour tuer ou l’exploitation industrielle de la nature, par exemple, avec leurs conséquences majeures sur le climat et la biodiversité. »

Selon M. Löb, « il est clair que le changement climatique est le grand défi auquel l’expert en survie qu’est l’homme ait été confronté jusqu’à présent ». Le relèvera-t-il ? L’exposition donne des clés pour espérer. Car il ne faut pas oublier que l’homme, au-delà de la biologie, est aussi le fruit d’une culture. « Que nous soyons capables de respecter tous ensemble les restrictions et les règles d’hygiène face à la pandémie est aussi un résultat de l’évolution », souligne Dieter Gebhard, président de la communauté de districts.

A.L.

« Überlebenskünstler Mensch »
(« L’homme, expert de la survie »)
Au Musée LWL d’histoire naturelle, à Münster (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), jusqu’au 26 septembre 2021

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