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Université : le processus de Bologne a été un catalyseur de changement

La création d'un Espace européen de l'enseignement supérieur a considérablement accru la mobilité des étudiants et des enseignants-chercheurs, tout en favorisant l'internationalisation des formations

La création d'un Espace européen de l'enseignement supérieur a considérablement accru la mobilité des étudiants et des enseignants-chercheurs, tout en favorisant l'internationalisation des formations, © picture alliance / Zoonar | lev dolgacho

12.03.2021 - Article

Dans un rapport adopté cette semaine, le gouvernement allemand dresse un bilan positif du processus de Bologne, initié en 1999 pour créer un espace européen de l’enseignement supérieur (E.E.E.S).

« Parcours LMD » (licence/ bachelor-master-doctorat), « crédits ECTS » (semestres et crédits d’études capitalisables), normes de qualité identiques : depuis une vingtaine d’années, les universités d’Europe se sont mises à parler le même langage. C’est la conséquence du processus de Bologne, un vaste effort d’harmonisation entrepris en 1999. Il a abouti, en 2010, à la création d’un Espace européen de l’enseignement supérieur (E.E.E.S) associant 49 pays. Malgré des critiques, il a donné des arguments à l’Europe dans la compétition des savoirs. Dans un rapport adopté cette semaine, le gouvernement fédéral et les länder se félicitent de son impact sur l’université Allemande.

Mobilité et internationalisation

Des étudiants plus nombreux, des un pacte pour la qualité de l'enseignement, la promotion de la recherche de pointe : le processus de Bologne a favorisé la modernisation de l'université Allemande
Des étudiants plus nombreux, des un pacte pour la qualité de l'enseignement, la promotion de la recherche de pointe : le processus de Bologne a favorisé la modernisation de l'université Allemande© picture alliance / Geisler-Fotopress | Christoph Hardt/Geisler-Fotopress

De Berlin à Munich et à Heidelberg, le processus de Bologne a ouvert les portes et les fenêtres des amphithéâtres, montre le texte. Le nombre d’étudiants allemands à l’étranger a triplé, passant d’un peu moins de 50.000 en 2000 à 140.000 en 2017. Le nombre d’étrangers inscrits dans les universités allemandes a connu une évolution parallèle. Il est passé de 113.000 en 2000 à 320.000 en 2019. Au semestre d’hiver 2019/2020, l’Allemagne comptait ainsi 63 % d’étudiants de plus qu’en 1999/2000. La mobilité des enseignants-chercheurs et les échanges entre les universités ont aussi fortement progressé.

Ce mouvement a pu s’appuyer sur un outil clé : la reconnaissance réciproque des diplômes et des qualifications. L’Allemagne fait partie des dix pays qui ont mis en place une reconnaissance automatique sur la base du système ECTS (european credit transfer system). Tous les cours et diplômes validés à l’étranger sont reconnus comme s’ils l’avaient été en Allemagne, à condition de ne pas présenter de différences majeures. Toutefois, note le rapport, des efforts doivent encore être faits pour parfaire cette reconnaissance réciproque. La pratique n’est pas toujours à la hauteur des principes.

Une réforme en entraînant une autre, ces changements ont poussé les universités à adapter l’organisation des cursus. 91,5 % des 18.700 cursus proposés en Allemagne s’intègrent désormais dans l’architecture commune des diplômes « Bachelor/ Master » (ou « licence-master ») de l’E.E.E.S. Les universités se sont aussi emparées de la réforme pour améliorer la qualité des formations.

Un moteur de modernisation

« Le processus de Bologne agit sur le système allemand d’enseignement supérieur comme un catalyseur de réformes », se félicite ainsi le ministère allemand de l’Education et de la Recherche.

Aiguillonnés par l’élan harmonisateur, les pouvoirs publics allemands ont eux-mêmes multiplié les réformes pour moderniser l’université allemande dans le cadre de l’E.E.ES. Au milieu des années 2000, ils ont lancé l’Initiative pour l’excellence afin de soutenir la recherche de pointe. De nombreux autres chantiers ont suivi : Pacte de qualité de l’enseignement, promotion des jeunes chercheurs, Pacte pour l’université afin d’augmenter les nombre de places disponibles, promotion de la mobilité via l’Office allemand d’échanges universitaires (DAAD), etc.

Toutes ces réformes ont eu pour avantage de relancer la coopération entre les universités européennes. Elles ont aussi renforcé l’employabilité des étudiants à l’arrivée sur le marché du travail. Cependant, tous les objectifs n’ont pas été atteints au même rythme. Ainsi, regrette le rapport, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour améliorer réellement l’accès des publics défavorisés à l’université.

De nouvelles frontières se dessinent, par ailleurs. La numérisation, accélérée par la pandémie de Covid-19, devrait ainsi constituer l’un des grands enjeux des prochaines années. De fait, elle ne permet pas seulement diffuser les cours en ligne. Elle offre également aux professeurs de nouveaux outils innovants pour concevoir leurs enseignements.

A.L.

Plus d’informations :

Ministère allemand de l'Education et de la Recherche (en allemand et anglais)

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