Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

La clé des cours : le « Bafög » a 50 ans

Le système de bourses d’études (Bafög) a permis à plus de 36 millions de personnes de financer leurs études supérieures depuis sa mise en place en 1975

Le système de bourses d’études (Bafög) a permis à plus de 36 millions de personnes de financer leurs études supérieures depuis sa mise en place en 1975, © picture alliance / Zoonar | lev dolgachov

03.09.2021 - Article

Le 1er septembre 1971 entrait en vigueur en République fédérale un nouveau système de bourses d’études, le « Bafög ». Créé pour renforcer l’égalité des chances, il a ouvert les portes de l’université à des millions d’Allemands jusqu’à aujourd’hui.

« Le Bafög a détendu [ma vie d’étudiant]. Il a enlevé la pression. […] Il payait le loyer d’une chambre meublée, et l’on pouvait même parfois aller manger une pizza », se souvient Janbernd Oebbecke. Interrogé par le magazine « Der Spiegel  », cet ancien professeur de l’Université de Münster et doyen de la Faculté de droit a été l’un des premiers bénéficiaires des bourses d’études « Bafög  », il y a 50 ans. Il décrit le « soulagement » qu’ont représenté pour lui et pour sa famille ces aides de l’État. Au lieu de se saigner aux quatre veines pour financer ses études, ses parents, commerçants, ont pu respirer. Et même payer des études à leur fille cadette.

Un jalon dans l’histoire de l’égalité des chances

Les bourses d’études Bafög ont représenté un jalon dans l’histoire de l’égalité des chances en Allemagne. Créées officiellement le 1er septembre 1971 par la  « Loi fédérale sur le soutien à la formation » (Bafög), elles sont nées de la volonté du chancelier Willy Brandt et de sa coalition sociale-libérale de promouvoir l’« éducation d’un citoyen critique, capable de jugement ». Elles avaient pour objectif de permettre à tous les Allemands d’accéder aux études supérieures indépendamment de leur origine sociale et des revenus de leurs parents. Le système antérieur de bourses (« modèle Honnerfer ») n’était pas parvenu à remédier à ces inégalités.

Les bourses Bafög ont immédiatement rencontré un grand succès. Dès 1972, près d’un étudiant sur deux touchait une allocation. Le montant était calculé en fonction des revenus des parents et des éventuels revenus de l’étudiant ou de son conjoint. Il s’agissait au départ d’une bourse non remboursable. Le système a évolué par la suite. Depuis 1990, le Bafög se compose pour moitié d’une bourse non remboursable et pour moitié d’un prêt sans intérêt (remboursable dans la limite de 10.000 €). En 50 ans, plus de 36 millions d’Allemands ont pu financer leurs études ou leur cursus secondaire grâce au Bafög.

Démocratisation

Réformé en 2019, le système de bourses d’études (Bafög) a vu s’élargir le cercle de ses bénéficiaires. Sa vocation est en effet de contribuer à renforcer l’égalité des chances
Réformé en 2019, le système de bourses d’études (Bafög) a vu s’élargir le cercle de ses bénéficiaires. Sa vocation est en effet de contribuer à renforcer l’égalité des chances© picture alliance / Geisler-Fotopress | Christoph Hardt/Geisler-Fotopress

Il faut remplir plusieurs conditions pour devenir bénéficiaire. Outre la nationalité allemande (ou la perspective d’un séjour durable en Allemagne), les autorités prennent en compte l’âge du demandeur (moins de 30 ans pour la première année d’études, moins de 35 ans pour un Master), son aptitude à suivre le cursus choisi ainsi que le niveau de revenu et de patrimoine. Les notes et bulletins scolaires, en revanche, ne sont pas pris en compte, même si l’objectif est bien l’obtention du diplôme.

« À travers le Bafög, nous avons créé un droit au soutien financier pour réaliser un parcours de formation individuel », loue l’actuelle ministre de l’Éducation et de la Recherche, Anja Karliczek. Le système « a ouvert les portes de la formation et de la vie professionnelle à beaucoup de gens. Or, il importe que chacun puisse développer ses talents pour son épanouissement personnel. Mais c’est aussi dans l’intérêt plus général du site économique et scientifique allemand. En tant que pays d’innovation, nous ne pouvons viser la réussite que si le plus grand nombre possible de personnes apportent leurs idées et leurs contributions ».

Moins de bénéficiaires

Aujourd’hui (chiffres 2020), près de 639.000 jeunes touchent les bourses Bafög à taux plein ou partiel, selon l’Office fédéral des statistiques (destatis). Parmi eux, on recense 466.000 étudiants, sur les 2,9 millions que compte l’Allemagne. L’aide à taux plein s’élève à 861 €.

La dernière réforme en date, en 2019, a étendu le champ des bénéficiaires. Pourtant, un constat s’impose : le nombre d’allocataires ne cesse de baisser. Il s’élevait à 873.000 en 1991, puis a connu un pic à 979.000 en 2012, avant de se réduire inexorablement. Or, dans le même temps, le nombre d’étudiants n’a cessé d’augmenter depuis 20 ans.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette désaffection, notamment un niveau de revenu trop élevé des parents, la complexité administrative, un montant trop faible de l’aide et la crainte des étudiants de s’endetter. Quoi qu’il en soit, les syndicats étudiants et nombre de partis politiques appellent, dans leurs programmes électoraux, à une nouvelle réforme des bourses d’études Bafög. Le sujet pourrait donc figurer à l’agenda du prochain gouvernement, après les élections législatives du 26 septembre.

A.L.

Plus d'informations

Retour en haut de page