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Interview avec le fondateur d’une plateforme de soutien scolaire : des tandems de soutien numériques pour affronter la pandémie

La plateforme « Corona-School » de Christopher Reiners aide les élèves dont les familles ne sont pas en mesure de financer des cours particuliers

La plateforme « Corona-School » de Christopher Reiners aide les élèves dont les familles ne sont pas en mesure de financer des cours particuliers, © Christopher Reiners

23.11.2021 - Article

Les étudiants souffrent eux aussi de ce deuxième automne en période de pandémie. Ils sont néanmoins nombreux à s’engager dans des activités de bénévolat, par exemple dans le cadre de la « Corona-School  ». Ils y aident des enfants ayant du retard à rattraper à l’école à cause de la pandémie.

À l’occasion de la Journée internationale des étudiants, le fondateur de la plateforme « Corona-School  » rend compte du besoin des bénévoles de donner à leur tour.


Monsieur Reiners, quelle est selon vous la situation pour les jeunes, qu’ils soient étudiants ou élèves, au cours de ce nouvel automne placé sous le signe de la pandémie ?

Christopher Reiners : Chez beaucoup d’étudiants, on ressent en ce début du semestre d’hiver du soulagement et même un certain enthousiasme. Soulagement et enthousiasme parce que nombre de cours magistraux et autres formats pédagogiques ont de nouveau principalement lieu en présentiel. Pour de nombreux étudiants, les échanges directs avec leurs pairs revêtent justement une grande importance. Outre les cours, les étudiants se réjouissent évidemment du fait que les possibilités de rencontres privées ont également augmenté ces derniers temps. Toutefois, la hausse du nombre d’infections pèse actuellement bien entendu sur le moral. Certains sont inquiets et se demandent s’il faut s’attendre à de nouvelles fermetures et au retour aux cours à distance uniquement.

En ce qui concerne les élèves, nous avons remarqué que le taux d’inscriptions à notre plateforme d’apprentissage augmente de nouveau. Manifestement, les lacunes engendrées l’année dernière chez nombre d’élèves apparaissent aujourd’hui et doivent à présent être comblées.

Qu’est-ce que votre plateforme d’apprentissage offre concrètement ?

M. Reiners : Notre concept est relativement simple en soi. Il consiste à soutenir les élèves qui n’ont pas à l’origine les moyens de se payer des cours particuliers. Notre groupe-cible comprend des familles ne disposant pas des ressources financières nécessaires. Il convient cependant de souligner qu’aucun justificatif de la situation financière n’est requis pour l’inscription à notre système de cours particuliers en ligne. Ce qui est demandé, c’est une auto-évaluation réaliste.

De l’autre côté se trouvent des étudiants qui souhaitent s’engager une ou deux heures par semaine de manière bénévole et améliorer l’accès à l’éducation des élèves. Après un premier contact, nous mettons étudiants et élèves en relation en fonction des matières et des niveaux indiqués par les étudiants. Ensuite, plus rien n’entrave la formation de ces tandems d’apprentissage.

Quels sont selon vous actuellement les besoins en cours particuliers en ligne ?

M. Reiners : Certaines études indiquent que les fermetures d’écoles au cours des derniers mois ainsi que le contexte de pandémie de Covid-19 engendrent actuellement des difficultés d’apprentissage pour environ un quart des élèves. Les lacunes n’ont évidemment pour la plupart pas pu être corrigées rapidement, par exemple pendant les vacances.

Il est de plus utile de savoir que, même sans pandémie, d’une manière générale environ 14 pour cent de tous les élèves prennent des cours particuliers. Cela montre clairement l’étendue des besoins. Nous recherchons actuellement de toute urgence des étudiants qui souhaiteraient s’engager à nos côtés.

Quelles sont les motivations des étudiants qui s’engagent à vos côtés ?

M. Reiners : Le plus grand facteur de motivation est très certainement le souhait de donner à leur tour. Parmi les étudiants qui s’engagent à nos côtés, ils sont nombreux à considérer l’éducation comme une tâche qui incombe à la société dans son ensemble. Il importe pour eux de permettre par leur contribution à des enfants et adolescents issus de familles défavorisées d’avoir un meilleur accès à l’éducation. Les étudiants sont conscients des privilèges dont ils jouissent dans la société face à d’autres jeunes. Cela ne fait donc qu’accroître leur besoin de donner cette chance à d’autres.

Un autre facteur provient de l’opportunité que cette expérience apporte de créer un réseau et d’échanger avec d’autres étudiants. Nous sommes actuellement en train de créer et de développer des offres allant dans ce sens. Pour certains, le fait que leur bénévolat dans notre organisation soit un plus pour leur CV et leur carrière joue également un rôle. Nous délivrons en effet un certificat attestant l’activité bénévole.

Sans oublier le fait qu’un engagement auprès de notre organisation est absolument flexible d’un point de vue temporel et géographique. Notre concept numérique permet d’exercer son travail depuis n’importe quel endroit, contrairement à un poste de bénévole dans une maison de retraite par exemple. Et même une heure par semaine est suffisante pour qu’un étudiant apporte son aide à un élève. Je ne peux qu’encourager les étudiants à nous contacter pour s’engager bénévolement à nos côtés.

Votre offre est-elle limitée à la pandémie ?

M. Reiners : Absolument pas. Nous estimons que nous avons également un bel avenir devant nous après la pandémie. C’est notamment la raison pour laquelle nous avons déjà rebaptisé notre plateforme « Corona-School » en «  Lern-Fair ». La thématique des moindres chances de réussite scolaire pour les enfants issus de familles défavorisées doit avoir sa place même hors contexte de pandémie. Nous sommes convaincus que le soutien scolaire numérique bénévole aura une forte plus-value pour les élèves en Allemagne.

© Gouvernement fédéral

 

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