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Le métro berlinois a 120 ans

Le métro berlinois a 120 ans

Le métro berlinois a 120 ans, © picture alliance / Zoonar | HEIKO KUEVERLING

01.03.2022 - Article

Ses trains jaunes font partie du quotidien des Berlinois. Mais, à ses débuts, c’était une véritable attraction. Premier métro d’Allemagne, le métro berlinois, vient de fêter ses 120 ans.

Guillaume II était encore sur le trône au château de Berlin. Les bourgeois portaient le haut-de-forme. Et les sabots des chevaux résonnaient sur le pavé. Le 18 février 1902, une innovation allait faire irruption à toute vapeur et bouleverser le quotidien des Berlinois : le métro.

Métropole en pleine croissance, Berlin n’avait pas la primeur de la nouveauté. Londres, Paris et Budapest avaient pris les devants. Mais le métro berlinois était le premier d’Allemagne.

Il a ainsi exercé à ses débuts la fascination qu’on imagine. On a imprimé des cartes postales : on pouvait envoyer au monde un « Bonjour de Berlin » montrant les gares flambant neuves du quartier de Kreuzberg.

Electrifié dès l’origine

Le premier métro berlinois (modèle A1) à la station Schlesisches Tor en 1902
Le premier métro berlinois (modèle A1) à la station Schlesisches Tor en 1902. La première ligne du métro berlinois, qui reliait les stations Stralauer Tor à la Potsdamer Platz via le carrefour actuel Gleisdreieck est entrée en service le 18 février 1902© picture alliance / dpa | dpa

La première rame a été lancée sur les rails le 15 février 1902 après de cinq ans et demi de travaux. L’événement est resté dans les mémoires sous le nom de « trajet des ministres », car plusieurs ministres prussiens étaient du voyage. Trois jours plus tard, le métro entrait officiellement en service.

La première ligne était déjà entièrement électrifiée. Elle circulait à ciel ouvert, sur des passerelles, entre la Potsdamer Platz (au centre de Berlin) et la station de Stralauer Tor (au nord-est). Cette gare, qui sera rebaptisée « Osthafen » en 1924, n’existe plus aujourd’hui. Bombardée en 1945, elle n’a pas été reconstruite car elle aurait fait doublon.

Rapide extension du réseau

De fait, le métro berlinois s’est étendu très rapidement. Dès la fin de l’année 1902, il avait jeté ses rails vers l’ouest, et reliait d’est en ouest la station Warschauer Brücke (aujourd’hui : Warschauer Straße) à la gare de Knie (aujourd’hui : Ernst-Reuter-Platz).

Il s’est simultanément enterré. À partir de la station Nollendorfplatz, en allant vers l’ouest, les rames circulent sous terre. C’était la condition posée par la commune de Charlottenburg, alors indépendante, pour préserver le calme prisé des résidents plutôt aisés de l’ouest berlinois…

Le premier métro comptait huit stations. Les rames, étroites (2,30 m de largeur), se succédaient toutes les cinq minutes. Environ 40 trains par heure circulaient dans chaque sens. Le ticket coûtait 15 pfennig.

La population berlinoise l’a tout de suite adopté : dès 1903, il transportait 29 millions de passagers. Il a ainsi poursuivi son extension à grande vitesse. D’abord vers l’ouest vers Westend et sous le boulevard Kaiserdamm (1908). Puis dans toutes les directions vers Schöneberg, Wilmersdorf, Prenzlauer Berg et Dahlem. En 1937, on comptait 37 kilomètres de lignes (contre 155 km aujourd’hui).

Berlin divisé et ses « gares fantômes »

Les tragédies de l’histoire ne l’ont pas épargné. Les bombardements de la Seconde Guerre mondiale ont frappé nombre de gares, qu’il a fallu reconstruire (à l’exception de la station « Osthafen  »). Puis, ce fut la Guerre froide. De 1961 à 1989, le mur de Berlin a créé le phénomène des « gares fantômes » : les trains circulants du nord au sud de Berlin-Ouest ne s’arrêtaient pas dans les stations de Berlin-Est. Il ne fallut pas 48 heures pour effacer cette anomalie une fois le mur de Berlin tombé.

Le « métro du chancelier »

Aujourd’hui, le métro berlinois est le premier mode de transports en commun de la ville. Il a accueilli 370 millions de passagers en 2020, et 600 millions par an avant la pandémie. Et son réseau continue de s’agrandir.

La dernière réalisation en date, l’extension de la ligne U5, a été inaugurée en décembre 2020. Surnommée « le métro du chancelier », cette nouvelle portion située dans l’hypercentre de Berlin relie la gare centrale à l’Alexanderplatz via le Bundestag, la porte de Brandebourg et l’avenue Unter den Linden.

D’autres projets sont en discussion. Le métro a le vent en poupe à l’heure où le respect de l’environnement souligne les avantages des transports en commun. Même s’il représente un coût important pour le budget des municipalités.

A.L.

 

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