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Bon pied, bonne plume

L’écrivain allemand Hans-Magnus Enzensberger a fêté hier ses 90 ans

L’écrivain allemand Hans-Magnus Enzensberger a fêté hier ses 90 ans, © dpa

12.11.2019 - Article

L’écrivain allemand Hans-Magnus Enzensberger fêtait hier ses 90 ans. Il a publié le même jour un nouvel opus, intitulé « Fallobst  » (lit. : le fruit mûr tombé de l’arbre).

« Qu’en est-il de l’aplomb des astrologues de la finance ? Que nous révèle le charabia des quotidiens ? Quel degré de réalité contiennent les modèles mythologiques de la physique et de la cosmologie contemporaines ? », etc. La quatrième de couverture de son dernier livre annonce la couleur. Le poète, intellectuel et publiciste allemand Hans-Magnus Enzensberger n’a rien perdu de son mordant. À l’occasion de son 90e anniversaire, il publie un nouveau recueil d’observations, notes, souvenirs, poèmes, dialogues et citations.

Le titre, «  Fallobst » (litt. : le fruit mûr tombé de l’arbre), est un programme. Enzensberger se propose de cueillir les pensées qui lui viennent comme on récolte les fruits dans des corbeilles grandes et petites. Bien sûr, c’est également un pied de nez à l’âge. À 90 ans, Hans-Magnus Enzensberger reste l’une des grandes voix du débat intellectuel en Allemagne.

Écrivain cosmopolite et polyglotte ayant vécu dans plusieurs pays du monde, Hans-Magnus Enzensberger a marqué des générations de lecteurs et d'étudiants. Il est né en 1929 dans les montagnes de l’Allgäu, au sud-ouest de l’Allemagne. Élève de Theodor Adorno, il a rédigé une thèse sur l’œuvre du poète romantique allemand Clemens Brentano.

Son premier recueil de poèmes a été publié en 1957 (« Verteidigung der Wölfe  »). Le succès est venu immédiatement. Enzenberger a fait partie du célèbre « groupe 47 » qui rassemblait les grandes plumes littéraires de l’après-guerre en Allemagne. Avec ses métaphores puissantes et son franc-parler, avec sa prose claire, économe et virtuose, il a reçu dès 1963 le Prix Büchner, le plus prestigieux des prix littéraires allemands.

À partir des années 1960, il est aussi devenu le modèle de l’intellectuel engagé. Il a fondé la revue « Kursbuch ». Elle est rapidement devenue la référence des milieux estudiantins protestataires autour de mai 1968 et une référence dans les milieux intellectuels de la gauche allemands. Il y a cinq ans, pour ses 85 ans, Hans-Magnus Enzensberger portait d’ailleurs un regard rétrospectif, intitulé « Tumult  », sur ces années mouvementées. Un regard libre.

Car engagé n’a jamais signifié pour lui encarté. Il est toujours resté indépendant des mouvements politiques.

A.L.

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