Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Le limes rhénan bientôt inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO ?

Monheim (Rhénanie-du-Nord-Westphalie). Vue aérienne de la maison Bürgel sur l’ancienne frontière de l’Empire romain (limes) qui doit être proposée pour entrer sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO

Monheim (Rhénanie-du-Nord-Westphalie). Vue aérienne de la maison Bürgel sur l’ancienne frontière de l’Empire romain (limes) qui doit être proposée pour entrer sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO, © dpa

06.01.2020 - Article

Ce pan de l’antique frontière entre l’Empire romain et le monde germanique doit faire l’objet d’une demande cette semaine auprès de l’UNESCO à Paris.

Les länder allemands de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et de Rhénanie-Palatinat se joindront jeudi 9 janvier à une demande déposée par les Pays-Bas pour faire inscrire au Patrimoine mondial de l’UNESCO le limes de Germanie inférieure. Il s’agit du dernier pan de l’antique frontière septentrionale de l’Empire romain à ne pas encore figurer sur la prestigieuse liste.

Le limes de Germanie inférieure s’étend sur une longueur de 385 kilomètres de Remagen, au sud de Bonn, à Katwijk sur les bords de la mer du Nord. Il a constitué l’une des principales frontières extérieures fortifiées de l’Empire romain pendant plus de 400 ans, d’environ 19 av. J.C. à 430 apr. J.C.

On l’a baptisé « Nasser Limes  » (« Limes humide ») car il suivait le cours du Rhin. Il s’inscrivait dans la continuité du limes de Germanie supérieure et de Rhétie à l’est (550 kilomètres inscrits au Patrimoine mondial depuis 2005) et des murs d’Hadrien et d’Antonin, situés en Grande-Bretagne (inscrits au Patrimoine mondial en 1987 et 2008).

Cette frontière du Rhin a pu compter jusqu’à 30 000 légionnaires romains aux aguets sur la rive. Les légions impériales étaient attentives après la défaite du général romain Varus contre les 20 000 hommes du Germain Hermann le Chérusque (Arminius) dans la Forêt de Teutobourg en 9 apr. J.C. ! Défendre la Rhénanie passée sous domination romaine était, en effet, une priorité pour tous les empereurs romains de l’époque.

De nombreux vestiges en témoignent encore aujourd’hui. Forts, tours de guet et camps de légionnaires s’alignent en traversant les villes et les paysages.

À Xanten (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), reconstruction d’un portique romain sur le site de fouilles de la cité antique Colonia Ulpia Traiana (vers 98-351/352 apr. J.C.)
À Xanten (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), reconstruction d’un portique romain sur le site de fouilles de la cité antique Colonia Ulpia Traiana (vers 98-351/352 apr. J.C.). La ville, située sur l’ancienne frontière entre l’Empire romain et le monde germanique, héberge aujourd’hui un important Parc archéologique romain© akg / Bildarchiv Steffens

À elle seule, la Rhénanie-du-Nord compte 19 communes réparties sur 220 kilomètres de Bonn à Kleve en passant par Cologne, Neuss, Xanten ou Kalkar. On y a retrouvé casques, boucles de ceinturon, sandales, armes, pièces de monnaie et amphores. Les musées qui les hébergent témoignent de l’importance de la présence romaine dans la région.

Le site de fouilles de Xanten, héritage de la cité romaine de Colonia Ulpia Traiana, propose même un Parc archéologique. On peut y voir de nombreuses reconstitutions.

Les Pays-Bas et les länder allemands de Rhenanie-du-Nord-Westphalie et de Rhénanie-Palatinat espèrent voir le limes de Germanie inférieure inscrit sur la liste du Patrimoine mondial dès 2021.

A.L.

Plus d’informations :

Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (en allemand)
L'Allemagne, frontière de l'Empire romain : site web consacré à la partie allemande du limes (en allemand/ anglais)

Retour en haut de page