Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Berlinale 2020 : la révolution ?

L’Italien Carlo Chatrian et la Néerlandais Mariette Rissenbeek, nouveaux directeurs de la Berlinale

L’Italien Carlo Chatrian et la Néerlandais Mariette Rissenbeek, nouveaux directeurs de la Berlinale, © picture alliance/Jens Kalaene/dpa

27.02.2020 - Article

Après 18 ans sous la houlette de Dieter Kosslick, la Berlinale s'offre pour ses 70 ans un duo de dirigeants : l'Italien Carlo Chatrian et la Néerlandaise Mariette Rissenbeek. L'aube d'une révolution ?

C'est une première. Depuis le mois de mai dernier, la Berlinale n'a plus un mais deux chefs d'orchestre. Après 18 années passées sous la baguette de l'Allemand Dieter Kosslick, son charismatique directeur et ambassadeur, le festival s'est choisi deux nouveaux visages en Carlo Chatrian et Mariette Rissenbeek. Qui sont-ils ? Quelle est leur vision du futur de la Berlinale ?

L'Italien Carlo Chatrian, un Turinois 48 ans, est un spécialiste des festivals de cinéma et de leur programmation. Il a assuré ces six dernières années (2013-2019) la direction artistique du festival de Locarno (Italie). Il a su y attirer les spectateurs par un choix de films alliant oeuvres populaires et cinéma d'auteur.

Nommé directeur artistique de la Berlinale, ses choix filmiques et artistiques sont très attendus. La manière dont il fera évoluer la programmation et l'organisation des différentes sections aussi. Il est, en effet, réputé pour son exigence artistique et pour sa capacité à découvrir de jeunes talents.

La productrice néerlandaise Mariette Rissenbeek, 64 ans, s'occupera de son côté du management dans une répartition des rôles très claire. Elle connaît parfaitement le cinéma allemand puisqu'elle dirigeait depuis plusieurs années German Films, le centre de diffusion de la création cinématographique allemande à l'international. Elle apporte à la Berlinale son expérience, un carnet d'adresse fourni ainsi qu'une certaine continuité.

Faut-il alors s'attendre à une révolution après les18 années de l'« ère Kosslick » ? C'est peu probable. Les premiers changements effectués (suppression des sections NATIVe et Cinéma culinaire) sont plutôt modestes.

Une nouvelle section dans la course aux Ours

La principale innovation réside pour l'heure dans la création d'une nouvelle section compétitive, baptisée « Encounters ». C'est une plateforme destinée à soutenir le travail de réalisateurs indépendants se distinguant par une esthétique et des formats inhabituels. Elle a vocation à accueillir, pour partie, des films innovants qui étaient présentés jusqu'à présent dans la sélection officielle.

Pour l'avenir, les deux directeurs ne prévoient pas davantage de bouleversements. Ils veulent surtout miser sur la solidité de la Berlinale pour la faire évoluer par étapes. « Je n'ai pas l'impression qu'il faille déclencher une révolution là où ce n'est pas nécessaire. Et à Berlin, nous l'avons répété, il n'y a pas besoin d'une révolution », déclarait il y a quelques mois Carlo Chatrian.

Le nouveau directeur artistique n'en veillera pas moins à renforcer la cohérence du programme de la Berlinale, caractérisée par ses très nombreuses sections, et à relever le défi d'offrir un festival aussi attrayant pour le grand public que pour les professionnels.
A.L

Retour en haut de page